Dossier manga - One-Punch Man - partie 1
Sommaire

Publié le Samedi, 30 March 2019


Saitama, superhéros pas comme les autres


"- Qui es-tu ?
- Un type qui joue les superhéros pour passer le temps.
"

a principale originalité qui frappe aux yeux quand on commence One-Punch Man, c'est évidemment son personnage principal, Saitama. Et ce qui est génial avec lui, c'est... ben... tout.

Son physique, tout d'abord. Avec sa tête de crâne d'oeuf à la mine blasée, il ne paie généralement pas de mine, et Yûsuke Murata joue d'ailleurs énormément là-dessus pour nous faire rire tout au long des volumes: capable d'être ultra sérieux et presque réellement charismatique (comme sur la jaquette du volume 1), le petit père peut soudainement anéantir toute trace de ce charisme en tirant des têtes simplistes très variées et délirantes, à laquelle il n'est pas rare qu'il ajoute une réplique désabusée, décalée (rien que dans le tome 1 : dégommer un monstre en lui reprochant d'avoir abîmé son plafond, c'est cool), ou teintée d'une délicieuse petite pointe de cynisme.
  
  
  
  
Pourquoi est-il comme ça ? On l'apprendra bien assez tôt, en découvrant son entraînement passé, à la fois simpliste et rigoureux, et expliquant de façon rigolote pourquoi il a perdu tous ses cheveux. Ne ressent-il pas la peur face à ces hordes d'ennemis parfois colossaux, comme ce titan de la taille d'une ville dès le tome 1 ? Ben non, vu qu'il est le plus fort, que rien ne le blesse et qu'il lui suffit d'un coup de poing pour terrasser complètement l'ennemi.

C'est bien pour ça qu'il apparaît si blasé, le Saitama : quand il affronte les ennemis, il n'y a aucun challenge. Et à force, il commence rudement à s'ennuyer, les victoires n'ont pas vraiment de saveur, et il n'est d'ailleurs pas rare de le voir se lamenter à ce sujet... En devenant le plus puissant, difficile pour lui de ressentir joie, peine, colère face aux ennemis... N'aurait-il alors pas perdu quelque chose de plus important que la force ? Il s'agit ici d'une piste qui reviendra régulièrement, même si les auteurs l'exploitent surtout de manière humoristique.

Saitama est un héros qui, au fil des pages, ne cessera alors d'apparaître souvent délicieusement cynique, u alors toujours plus à l'ouest. On peut citer l'exemple du volume 3, où l'on constate qu'il ne connaissait même pas l'Association des héros, qu'il ne connaissait pas le sort des rangs C après trop d'inactivité, qu'il n'a concrètement rien à apprendre à Genos... sans oublier ce que notre cher « One-Punch Man » réserve parfois aux ennemis qui traînent sur sa route, comme ce gros tas d'algues qui finira... dans son assiette.


Genos, le disciple fort et naïf


En face de Saitama, il y aura évidemment une foultitude de personnages qui, les uns après les autres, finiront par débouler eux aussi, avec des rôles plus ou moins importants. Le plus important d'entre eux est assurément Genos.

Dès le premier tome, ce cyborg est la seule autre figure importante que l'on peut d'emblée classer dans le rang des alliés, des gentils auprès de Saitama. Apparaissant au milieu du premier volume, ce personnage au passé douloureux et suivant son propre objectif se prend d'admiration pour Saitama au point de vouloir devenir son disciple. Moins comique que Saitama, voire peut-être même le personnage le plus sérieux de l'oeuvre, on reste rapidement très curieux de voir ce qu'il a à nous offrir par la suite, et on n'est pas déçu, surtout à partir du volume 3, qui confirme une chose : le contraste plus fort que jamais entre la perfection de ce cyborg en tant que superhéros, et sa crédulité complète envers un maître qui n'a en réalité rien à lui apprendre.
  
  


Des ennemis humains ou monstrueux


Dans le casting de One-Punch Man, il y a aussi voire surtout la ribambelle de méchants, de super vilains, qui sont sans aucun doute un bonheur pour un Yûsuke Murata qui peut se lâcher dans leurs dégaines ! Car la force des nombreux super-vilains de l'oeuvre, c'est sûrement leur diversité, qui est telle qu'elle peut amener absolument toutes les possibilités allant de choses assez classes visuellement comme la femme-moustique ou le titan dès le tome 1, à totalement ridicules et donc hilarantes. Dites par exemple bonjour à Vaccineman, né de la pollution causée par les humains, à Crabotaure, qui a bouffé tellement de crabes qu'il en est devenu un, ou à Dragotaupe, une... grosse taupe.

En somme, tous les délires semblent possibles, du plus ridicule au plus impressionnant. Mais que ce soit dans un cas ou dans l'autre, Murata n'a pas son pareil pour impressionner, que ce soit visuellement, ou dans son humour décalé ou surprenant. En effet, il n'est pas rare que les méchants soient un peu... lâches ou idiots, pour rester polis, à l'image, dans le tome 1, de ce que le titan fait à son frère (tellement ballot et hilarant !) ou de l'homme-gorille qui flippe sévère. Et quand les méchants restent méchants comme des méchants jusqu'au bout, à l'image de la femme-moustique, toute la tension se voit généralement brisée soudainement avec un bon coup de poing de Saitama.

Chose intéressante, les méchants ne se limitent pas forcément à des monstres, et certaines menaces peuvent venir des humains eux-mêmes.Rapidement dans la série, il y a l'exemple de l'inquiétant professeur à la tête de la Maison de l'Evolution, un génie sans pareil au passé incroyable, ayant accompli des choses folles comme un rajeunissement de sa personne et des clones, et souhaitant amener l'être humain à un nouveau degré d'évolution... mais tout ça, en fait, on s'en fout, car dès lors que Saitama connaît l'identité de l'ennemi, il va juste aller lui ravaler la façade, quitte à devoir d'abord en découdre avec Scaravageur, l'ultime forme de vie humaine artificielle mise au point par le professeur, aussi imposante qu'elle est moche.
Et une fois cette affaire réglée, c'est à un autre adversaire humain que se confronte notre One-Punch Man : le gang des chauves sourires, dont la force démultipliée par leurs armures volées n'a d'égale que l'idiotie de leurs motivations. Saitama pense d'abord ne pas se mêler de cette affaire, jusqu'à l'instant où il y est contraint, nourri par une rancune toute personnelle... et débile, cela va de soi.
  
  
  
  
A partir du  volume 4, les auteurs ont heureusement l'idée d'enrichir un petit peu leur concept autour des ennemis monstrueux, avec la découverte de la division des monstres (ou fléaux) en différents niveaux selon leur puissance. Nommées niveaux de fléau (Saigai reberu en vo), ces catégories permettent de déterminer le niveau de dangerosité des différents types de menaces auxquels les héros doivent faire face. Mis en place par l'Association des Héros, ce système concerne les monstres et les catastrophes naturelles.

Voici le 5 niveaux, du plus faible au plus fort.

Niveau Loup: un danger éventuel. Pour l'éliminer, il faudrait idéalement au moins 3 héros de classe C ou un héros de classe B.

Niveau Tigre: un danger pouvant menacer plusieurs vies humaines. Pour l'éliminer, il faudrait idéalement au moins 5 héros de classe B, ou un héros de classe A.

Niveau Démon: un danger pouvant mettre en péril une ville entière ou mettre à mal son bon fonctionnement. Pour l'éliminer, il faudrait idéalement au moins 10 héros de classe A, ou un héros de classe S.

Niveau Dragon: un danger apte à éradiquer plusieurs villes. Pour l'éliminer, il faudrait idéalement au moins un héros de classe S, et encore...

Niveau Dieu: les plus dangereux, un danger pour l'humanité entière. Ils sont les plus rares, et nul ne sait si des héros seraient suffisamment forts pour en venir à bout à coup sûr...

Evidemment, plus la série avance, plus il y a d'ennemis au niveau élevé. Un premier cap est réellement franchi avec le Roi des Profondeurs, fléau de niveau Démon. Mais le pire dans cette première partie restera bien sûr le dernier ennemi, Boros.
  
  
  
  
Toujours dans le tome 4, soulignons que l'on a de nouveaux ennemis qui s'avèrent très réussis en allant toujours plus loin dans le potentiel de dangerosité, et tout commence pour Saitama par trois fois rien : juste une météorite géante menaçant de s'écraser à toute allure sur la ville Z... Une simple grosse caillasse pourrait-elle mettre à mal la puissance du One-Punch Man ? Vous connaissez déjà la réponse.

Et un cap dans la puissance est donc franchie à partir du volume 6, qui voit débarquer depuis l'espace un redoutable antagoniste faisant son apparition avec énormément de fracas, et lui aussi son design en impose. Après les continents et les profondeurs, le nouveau grand danger ne vient pas des cieux... mais d'encore plus loin ! Dès la fin de sa première grande partie, le récit repousse alors déjà les limites en nous amenant un adversaire débarqué de l'espace, et qui crée déjà une situation et un conflit particulièrement tendus pour la planète entière. Entre lui et ses sbires (tout aussi bien trouvés côté design et capacités) d'un côté, et les héros de classe S (+ Saitama, hein) de l'autre, ce sera le point culminant de la première partie de One-Punch Man.
  
  

ONE-PUNCH MAN ©2012 by ONE, Yusuke Murata/SHUEISHA Inc.

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