Immortal Hounds Vol.7 - Manga

Immortal Hounds Vol.7 : Critiques

Shinazu no Ryouken

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 14 Janvier 2026

C'est un petit miracle que l'on n'osait presque plus voir se produire: le manga Immortal Hounds est enfin disponible en langue française au grand complet, avec la sortie de son septième et dernier volume aux éditions Ki-oon le mois dernier.

Lancée en France en octobre 2016, la série d'action-SF de Ryo Yasohachi était effectivement absente des étals de nouveautés dans notre pays depuis la publication du sixième opus depuis mai 2018. Cela faisait donc plus de sept ans et demi que l'on attendait la suite et fin, ce très long délai de parution n'étant pas totalement la faute de l'éditeur français: en effet, au Japon, trois années s'étaient écoulées entre la sortie des tomes 6 et 7, et entretemps le mangaka en profita pour plutôt concevoir "Shinazu no Ryôsen", un spin-off en trois volumes de son manga. Reste que le volume 7 étant finalement paru au Japon en décembre 2020, il a quand même fallu patienter pendant cinq longue années pour que Ki-oon nous le propose. Au vu de cette très longue attente, relire les précédents volumes, pour se remettre dans le bain, pourra être plus que nécessaire !

Etrangement, les 40 premières pages de cet épais dernier tome (qui en compte environ 250) nous proposent d'abord de découvrir quatre très courts chapitres bonus d'intérêt variable, tantôt légers tantôt un peu plus lourds, mais faisant éventuellement office de petite pause convenable avant la reprise des choses sérieuses. Au bout du sixième volume, Karigane, libérée par le lieutenant Kenzaki, avait réussi à neutraliser la redoutable Camelia, en facilitant dès lors la mission de sauvetage des exfiltreuses au sein de l'UNDO. Dans l'ensemble, l'alliance contre-nature entre la police et Maman pour libérer Rin, Kiriko et Karigane a donc été une réussite, et a permis à Rin d'enfin révéler au lieutenant la vérité au sujet du SDR: il s'agit d'un bug du système qui gère l'avenir de tous les êtres humains sur Terre. Restent certains questions: qui a conçu une telle chose ? Pourquoi ? Et maintenant que la vérité est révélée, faut-il se rebeller contre celle-ci ?

Qu'on se le dise, l'auteur a à coeur ici d'apporter toutes les dernières réponses nécessaires dans son scénario, dans un déroulement qui alterne entre des petites phases d'action et quelques copieuses séquences de révélations, en particulier dès lors que Kenzaki, en compagnie de Rin et de Karigane, a l'occasion d'avoir avec la fameuse Maman une entrevue très riche en informations. Concrètement, au fil des pages, toutes les révélations nécessaires sont là, que ce soit sur qui est maman, sur les origines de Rin, sur la naissance de ce monde si particulier, sur les liens entre l'UNDO et la Société de la Mère Céleste... et, tout compte fait, sur le fonctionnement d'un système qu'il est sans aucun doute vital de remettre en cause et de briser.

La grosse lacune dans tout ça provient sûrement du rythme un peu bâtard de l'ensemble: certes toujours intenses, pêchues et brutales, les quelques petites séquences d'action peinent quand même un peu à entretenir le rythme et l'intensité, car les phases informatives sont bien plus longues en plus d'être très bavardes, si bien que l'on se dit que quelques dizaines de pages supplémentaires n'auraient pas été de trop pour permettre au mangaka de "diluer" un peu plus ses révélations, laisser le temps de les digérer et profiter de leur portée. Egalement, une part de frustration pourrait naître une fois la dernière page tournée, du fait que l'histoire semble presque s'achever au moment où elle pourrait réellement commencer: comprendre par-là qu'il ne faut pas vous attendre à assister réellement à la rébellion contre le système.

En revanche, pour tout le reste, Yasuhachi assure largement l'essentiel. Non seulement ses qualités graphiques restent bien là pour pour les précédents opus. Mais en plus, les révélations sont accompagnées d'assez nombreux à-côté très intéressants: des oppositions de valeurs entre certains personnages même s'ils poursuivent le même objectif (car même dans un but commun, les méthodes employées peuvent être très discutables), quelques réflexions sur la plaie que peut être l'immortalité, un regard très actuel sur les avancées de l'IA et ce sur quoi elle pourrait aboutir à terme... sans oublier la place accordée à l'amour dans un tel monde, sujet que le lien entre Rin et Kenzaki appuie de plus belle.

C'est aussi à travers la très longue postface de l'auteur sur la genèse de son oeuvre que l'on sent, jusqu'au bout, une réelle implication de celui-ci. Certes, ce grand final d'Immortal Hounds n'est pas totalement satisfaisant pour les raisons évoquées plus haut, mais dans l'ensemble le mangaka s'en sort franchement bien au bout de ce que l'on pourrait presque voir comme un premier cycle. Entre la pointe de frustration et la satisfaction, c'est plutôt le deuxième sentiment qui l'emporte. Mais il est clair qu'il y aurait encore beaucoup de choses à explorer dans univers, si bien que l'on n'aurait rien contre une éventuelle publication française du spin-off "Shinazu no Ryôsen". Avouons que l'on doute fortement que cela arrive, mais ça serait une agréable surprise de la part de l'éditeur français.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs