Critique du volume manga
Publiée le Jeudi, 15 Janvier 2026
Sous l'impact de Sakura, venue d'une autre dimension, les "voeux" des enfants encore vivants ont donné naissance à de nouvelles sorcières au sein de la sorcière de la fluctuation (gné ? C'est pas moi qui le dis, c'est ce qui est écrit dans le bouquin), et celles-ci attaquent immédiatement Momo. Notre héroïne sortira-t-elle gagnante de cette bataille ? Quelles aides précieuses ou adversaires supplémentaires rencontrera-t-elle dans sa lutte ? Pourquoi se bat-elle dans le fond ? Le sait-elle seulement ? L'auteur le sait-il lui-même ? Et comment arriverai-je au bout de cette chronique vu que plus grand chose n'a vraiment de sens dans cette série ?
C'est là tout le drame de ce manga qui, déjà, doit tirer sa révérence avec ce troisième et dernier tome: on lit ça en se demandant constamment dans quoi on est embarqué, et en essayant désespérément de voir où le mangaka veut en venir exactement, malheureusement sans trop de succès. Pourtant, on sent bien que Hirokazu Mukoura souhaite aborder à sa manière le délicat sujet du passage à l'âge adulte, mais il s'y prend comme un pied, au travers d'un déroulement chaotique et très mal écrit.
Les tiraillements de Momo (est-elle prête à sacrifier les enfants pour éliminer les sorcières ? Y a-t-il une autre solution ?) et ses affirmations (sur son désir de vivre-ensemble, sur sa volonté de ne plus laisser mourir qui que ce soit) ont beau nous accrocher un tant soit peu pour nous maintenir hors de l'eau, très vite cela ne suffit plus face au déferlement d'éléments que l'on n'a pas le temps de digérer pour tenter d'en saisir le sens, du moins quand ils n'ont tout bonnement pas vraiment de sens. Par exemple, qu'est-ce que c'est que ces retournements de situation qui sortent du chapeau, surtout sur les capacités et le rôle de Momo et d'Ichika ? Tout est précipité, sans logique apparente, le mangaka balançant par-ci par-là des nouveaux rebondissements sur des choses qu'il n'a jamais présentées ou développées auparavant, on finit par ne plus rien y comprendre ou par lâcher prise... C'est laborieux, ce n'est pas agréable à lire, même quand on veut faire l'effort de capter ce qu'on veut nous raconter. Un exemple parfait de cette désagréable sensation: l'idée bancale d'avoir amené dans le tome 2 tout le délire d'époques et de dimensions différentes, qui dans ce dernier volume ne sert finalement à rien de précis, à part amener un aspect foutraque supplémentaire.
Et puis, pour accentuer cette impression assez désastreuse, il y a l'écriture elle-même. Prenons l'exemple de cette réplique complètement crétine d'un agaçant personnage: "Je suis telle l'eau qui s'évapore sur l'asphalte en plein été ! Une illusion, un hologramme !". Eh beh non en fait, ce n'est ni une illusion ni un hologramme, c'est juste une évaporation, ça veut se la péter pour rien. On peut aussi souligner certaines fausses interrogations sans y répondre, histoire de faire genre, à l'image du "pourquoi les sorcières s'en prennent-elles aux humains alors qu'elles sont nées de leurs souhaits ?". Réponse: on ne le saure jamais précisément. Il y a aussi le côté inutilement gore/crade, à l'image du corps d'un enfant qui "s'inverse" en répandant ses entrailles, pour montrer artificiellement qu'oulala le machin est trop irrévérencieux. En plus de ça, l'autre gars qui finit toutes ses phrases par "dani" sans raison est toujours là, en donnant envie de le claquer contre un mur. Et puis tant qu'à rester dans cette veine, pourquoi ne pas ajouter une fillette qui passe son temps à parler de sexe, de pénis et d'anal ? Ralala, c'est tellement trop audacieux et choquant...
L'immense frustration de Childeath, c'est qu'on sent que l'auteur veut nous raconter des trucs, qu'il a des idées à transmettre, mais qu'il n'y parvient pas du tout. On se retrouve là, avec le tome entre les mains, à se demander quel sens avait tout ça sans vraiment réussir à le déterminer. Et vous savez ce qu'il y a de mieux pour achever ce genre de série ? Une bonne grosse non-fin, bien sûr !
Allez hop, encore un machin pseudo edgy à balancer dans la cuvette. On va tâcher d'oublier ça vite fait, même si ça reste une belle perte de papier, de temps et d'argent.
22/10/2025