Dossier manga - New York New York

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Sommaire

Publié le Vendredi, 22 May 2009


Suivez le guide !

      
                  
L'auteure :
Marimo Ragawa (羅川 真里茂) est née un 21 septembre d’année inconnue, à Hachinohe, Aomori.
C’est à l’âge de 12 ans que Marimo Ragawa commence à participer aux concours régulièrement organisés par les maisons d’édition cherchant de nouveaux talents. Cependant, après de longues tentatives qui durèrent quatre ans, elle ne reçu aucune réponse. Lasse, Ragawa décide alors d’envoyer directement ses productions au célèbre magazine nippon de shojos en tous genres, « Hana to Yume ». Très rapidement, ses efforts sont récompensés et elle se fait connaître dans le domaine du manga. Ragawa participera deux années consécutives au « Big Challenge », important concours biannuel. Ce n’est qu’à sa troisième candidature qu’une maison d’édition, Hakusensha, remarque son talent. Elle commencera sa carrière de mangaka par Time Limit, rapidement oublié puis suivi de Akachan to Boku (Bébé et moi), sa première grande série (18 volumes, adaptée en un anime de 35 épisodes) qui s'est suivie de mars 1992 à septembre 1997, et pour laquelle elle gagnera un prix, le Shogakukan Manga Award en 1995. S’en suivirent Itsudemo otenki kibun (Toujours de l'humour du temps - en cours depuis 1994), Shani muni GO (Ne te pose pas de questions et fonce ! – 1999-2009) les one-shots Tokyo Shônen Monogatari (2002), Asa ga Mata Kuru Kara Fuyu Gasumi (2010), et le recueil Chimua Port (2010). Outre Itsudemo otenki kibun, Marimo Ragawa travaille également depuis octobre 2010 sur une nouvelle série : Mashiro no Oto, racontant le parcours d'un joueur de shamisen.
                   
                        
                   
Fiche technique :               
New York New York (ニューヨーク・ニューヨーク, Nyūyōku Nyūyōku) est quant à lui sorti chez l'éditeur Hakusensha, après sa prépublication dans le célèbre magazine Hana to Yume.  La publication des volumes reliés débute en mars 1998 pour s'achever en novembre avec son quatrième tome, contenant d'ailleurs une histoire complémentaire, « De toi à moi ». Ragawa avoue que cette histoire sort de son quotidien, que c’est la première fois qu’elle dessine un manga en cherchant à ce point l’authenticité. Au final, c’est sans doute une des séries qu’elle a préféré dessiner et mettre en œuvre. De plus, il faut savoir qu’elle a entrepris un voyage à New York pour s’imprégner de l’environnement de violence urbaine, ainsi que de l’attitude des policiers de la ville. 
  
En France, c’est Panini Comics, encore nommé Génération Comics à l'époque, qui sortit la série rapidement, entre juillet et août 2003. A l'époque, les séries à thématique homsexuelle étaient encore confidentielles et le manga ne connut d'avantage un succès critique que populaire. Le titre tomba alors dans l'oubli pendant quelques années, jusqu'à ce que l'essor du yaoi en France ne pousse Panini à s'intéresser de nouveau au titre ! Ainsi, en décembre 2009, l'éditeur annonça une réédition de New York New York, dans un format similaire mais avec une maquette de couverture légèrement remaniée. Cette nouvelle version sortit en librairie de juin à décembre 2010.
                   
              
             
              
                                

Bienvenue à New York !


Résumé:
Un jeune flic de 25 ans, Kain Walker, résidant à New York, cache son homosexualité à tous ses proches. Le soir, il comble un cruel manque de stabilité par des relations d’une nuit, rencontrées dans un des bars gays de la grande ville. Seulement un jour, apparemment normal, le regard de Kain se pose sur un jeune inconnu blond qui entre et s’installe au comptoir. Pour lui, c’est sûr, c’est un coup du destin, et il ne se fait pas prier pour aller à la rencontre de ce beau garçon de 22 ans, qui se nomme Mel Frederics. S’ébauche alors une relation d’abord amicale, qui va vitre prendre des tournures d’amour véritable. Seulement rien n’est simple lorsque l’on aime un autre homme, et ça, nos tourtereaux vont rapidement le comprendre.


En guise de préavis:
Vous l’aurez compris, ce manga traite de l’homosexualité. Au Japon, ce genre de lecture est de plus en plus répandu, faisant part intégrante de la littérature manga. Si la majorité du lectorat est féminin, il n’en reste pas moins que certains garçons apprécient tout autant certaines lectures qui, loin de ne montrer que les relations physiques, explorent les sentiments authentiques de deux personnes du même sexe. Cependant cette proportion n’a rien d’étrange, puisque l’attrait féminin pour cet interdit, cette passion dont les femmes ne sont que spectatrices, ne date pas de l’invention du yaoi dans le manga. Les relations amoureuses ont changées d’air plus tôt que cela, dans la littérature romantique du XIXe siècle. Et le sexe du lectorat justifie bien le récurrent manque de réalisme des mangas du genre: cela n’est que pure fiction pour libérer de l’interdit, correspondre à l’imagination des lectrices. Rien de nouveau sous le soleil, et pourtant la France n’as pas adopté le manga yaoi très rapidement. New York New York en est l’un des précurseurs, et certainement un des meilleurs, même (et peut être est ce une des raisons pour laquelle son lectorat est si étendu) si aucune scène érotique n’est véritablement détaillée. Une telle lecture permet de découvrir en douceur les méandres de ce genre émergent qui peut fasciner ou déranger.


Les essentiels:

Kain Walker

Kain a 25 ans au début de New York New York. C’est un policier en apparence normal, mis à part qu’il est homosexuel et ne l’assume absolument pas. Pour pallier à cette honte, il vit des histoires sans lendemain, sans se préoccuper de l’amour. Mais un soir, il rencontre Mel dans un bar, et tout change. Kain est le personnage qui va porter l’histoire. Dans les débuts du titre, il mettra du temps à se détacher des obstacles qu’il pose lui-même sur son chemin, et se battra pour l’amour de Mel. Il commence avec un caractère égoïste, peu attentif et hautain, mais il prendra rapidement conscience de lui-même et des souffrances qu’il peut causer à son compagnon. Kain est sans aucun doute un homme classique, qui va croiser le destin tragique de Mel, c’est ce qui définit si bien toute l’œuvre de Ragawa.
        
     
Mel Frederics

Mel est LE personnage qui attire les ennuis. C’est par lui que tous les problèmes arrivent. Pleurnichard, sensible à outrance et introverti, le jeune homme n’a pas eu une vie facile. Adopté très jeune après le suicide de sa mère, il n’a jamais suivi d’études à proprement parler, et il a fuit sa maison d’accueil très jeune à cause des abus sexuels perpétrés par son père adoptif. Pour s’en sortir, il s’est adonné à la prostitution, avant d’être recueilli par son premier amant, un professeur de fac marié, qui le cachait, n’assumant pas son homosexualité. Avec lui, il s’est détaché de la misère et des bas fonds de la ville pour en ressortir plus sain. Néanmoins la femme de son amant le découvrit, et celui-ci quitta Mel, l’obligeant à retourner à la rue. S’engageant comme serveur, il a ensuite fait la connaissance de deux autres hommes (un qui le laissa tomber suite à des parents peu tolérants, et un que Mel a quitté, celui-ci ayant des pratiques sadiques qui lui rappelaient trop de mauvais souvenirs), avant de tomber sur Joshua Bronson. Ce dernier est un mannequin qui intervient dans le premier tome de New York New York, afin de consolider la relation entre Kain et Mel. Le jeune homme est le symbole de l’espoir, de la persévérance et du soleil après la pluie. Il est la base de toute l’intrigue du manga, et c’est Mel qui permet à son amoureux d’évoluer.
      
     
Erika Walker

Erika n’apparaît qu’à la fin du tome 4, pourtant elle est importante puisqu’elle amène la beauté de cette fin, justement. Narratrice pendant quelques pages, Erika est la fille adoptive de Kain et Mel. Fort caractère, elle assume totalement sa famille bancale et source de moqueries. Sa condition, elle la voit comme simple et normale, elle en est même fière. Très attentionnée envers ses deux pères, Erika est la fille parfaite de deux hommes, et très jeune déjà, elle a une belle idée de l’homoparentalité vue de l’intérieur, lorsqu’elle dit « Je n’ai jamais eu de parents. Et Kain et Mel n’avaient pas d’enfants. C’était trop injuste. Par bonheur, nous nous sommes trouvés et le tord a été réparé. ». C’est elle que l’on voit grandir, et qui apporte la synthèse de l’histoire, reprenant les grandes étapes en termes justes et touchants.
        
            
Aida Walker

La mère de Kain est la figure même de la tolérance. Très réfractaire au couple que Mel forme avec son fils, elle met beaucoup de temps pour s’habituer à l’idée, et reconnaître que cela n’est pas un vice. Puritaine, elle sera aidée dans sa démarche par son fils, son mari et la douceur de Mel. Touchée par ce qu’il a vécu, Aida accepte peu à peu Mel comme son fils, même s’il lui a fallu du temps pour accepter de voir partir le trésor qu’elle couvait, et ce pour les bras d’un autre homme. Elle réapparaît dans le quatrième volume de la série pour canaliser Kain, devenu fou de chagrin, et l’obliger à s’exprimer, lui qui avait retenu ses larmes.
         
      
Joey Kline

Voilà le « méchant » de l’histoire. Tueur en série obsédé par les blonds aux yeux bleus, dans lesquels il revoit son frère Eric pour qui il avait une énorme affection qui fut brutalement interrompue par la mort de celui-ci, Joey remplit le tome 3 et une grande partie du tome 4. Fils illégitime, Joey a toujours été méprisé par sa mère (blonde), ignorée par sa sœur (blonde), seul Eric lui témoignait de l’affection lorsqu’il n’était qu’un petit garçon. Se sentant complètement exclu de cette famille, tant physiquement que psychologiquement, Joey a longtemps vécu avec son seul père, lorsque sa belle mère et ses enfants quittèrent le domicile familial. A l’âge de 15 ans Joey, brutalisé par son père depuis toujours, tua celui-ci de sang froid. On le libéra rapidement, lui attribuant des circonstances atténuantes, mais personne ne savait que ce meurtre n’était pas que passionnel, mais délibéré. Le jeune adolescent avait pris goût à la mort, et lorsque son frère Eric, qui était venu vivre chez lui un moment, perdit la vie, Joey recommença à tuer. Il a séquestré Mel un mois durant, le chérissant, croyant revoir Eric. Joey permet notamment de faire découvrir au lecteur un autre Kain, fragile et torturé, et un traumatisme durable chez Mel, qui illustre le temps et le parcours nécessaire à un rétablissement. Bien que l’on ne le voie qu’à la moitié de la série, Joey est donc un personnage absolument indispensable pour l’histoire, personnage qu’il est difficile de détester lorsque l’on connaît son parcours...
             
             
            
                                

NYNY © by Marimo Ragawa / HAKUSENSHA Inc.

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