Dossier manga - Negima !

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Sommaire

Publié le Vendredi, 13 May 2016


La 3ème A et ses élèves


L’intrigue de Negima ! comporte un nombre très grand de personnages, allant des élèves de l’établissement Mahora aux nombreux membres de l’Ala Rubra, la faction menée par le père de Negi, en passant par les habitants du monde magique et les ennemis qui se dévoilent assez tard dans le manga. Néanmoins, parler de nombre de ces figures reviendrait à évoquer des éléments importants de l’intrigue, c’est donc par choix qu’il convient d’aborder les personnages qui donnent son cachet à la série, à savoir les élèves de Negi.

La particularité de Negima ! résonne avec son orientation harem. La série se base très rapidement sur ces trente et une demoiselles qui gravitent autour du héros dont le rôle, dans les premiers chapitres, semblent être de craquer à tout de rôle pour le jeune magicien. Néanmoins, cette première approche de la série a de quoi surprendre puisqu’avec autant de tête à retenir dès les premiers instants du manga, difficile pour le lecteur de se familiariser totalement avec l’œuvre, il lui faudra même un certain temps pour retenir les identités de ces 31 jeunes filles. Néanmoins, le déroulement du titre, surtout dans sa première partie, aide à la tâche puisque dans un premier temps et à chaque fois que Ken Akamatsu veut insister sur l’ambiance scolaire de sa série, il met en avant à tour de rôle les différentes élèves du héros, en s’intéressant sur leurs caractères ou leurs psychologies, éventuellement sur leurs histoires aussi, afin de nous familiariser avec elle si bien que progressivement, cette 2-A devient un peu comme notre classe et on s’attache très facilement à toutes ces figures.





Toutefois, au fur et à mesure que l’intrigue de Negima ! gagne en sérieux, ce sont quelques têtes bien précises, celles sur lesquelles nous avons insisté dans la présentation de la série par exemple, qui dont davantage mises en exergue et obtiennent de véritables statuts d’héroïnes au sein même de l’intrigue. Et nous parlons bien ici des élèves de Negi non affiliées à la magie dans les débuts du manga, au contraire d’Asuna, Konoka et Setsuna donc puisque ces dernières découvrent vite le secret du protagoniste quand ils ne montrent pas rapidement des liens avec le monde magique. Ce sont donc bien des jeunes filles ordinaires qui se retrouvent propulsées dans des déboires magiques, tant d’aventures qui leur permet de gagner en profondeur puisque c’est au cours de ces aventures que ces quelques jeunes filles vont s’endurcir mais aussi grandement évoluer en tant que personnages. Les concernant, le mangaka n’est définitivement plus dans la simple démarche du harem et ces quelques figures sont vouées à se doter d’un background et d’une identité propres. Ken Akamatsu multiplie alors les sous-intrigues les concernant, leur attribue même des rôles lors des batailles à certains instants, le tout en forgeant leur identité. Au final, le lecteur est presque trompé quand il s’agit de choisir son élève préférée car ce n’est plus parmi 31 têtes qu’il doit choisir mais simplement une dizaine qui se sont vues largement mieux mises en avant par rapport aux autres. L’aspect harem n’est pas non plus entièrement écarte car bien souvent, concernant ces personnages phares, les interactions avec Negi sont un élément important de leur évolution mais à ce titre, le magicien en herbe devient un faire-valoir au nom de la progression de cette poignée de demoiselles dans l’univers de Negima !.

Le reste de la classe n’a donc pas une place conséquente sous le feu des projecteurs. Toutes apparaissent régulièrement au cours de l’histoire, mais leur place n’est clairement pas la même d’une élève à d’autres. Bien que plus absente dans l’intrigue conséquente de la seconde partie du manga, nombreuses sont celles qui affirment un rôle de soutien, n’agissant pas de manière directe mais épaulant le groupe de Negi à de très nombreuses reprises. Et au terme de l’œuvre, Ken Akamatsu parvient à attribuer à chacune une place très précise, mais il faut se faire à l’idée que certaines n’ont qu’un rôle mineur. Il convient néanmoins d’attendre la fin définitive de la série avant de statuer sur chaque jeune fille puisque les derniers chapitres surprennent pour les rebondissements apportés autour de quelques élèves… Néanmoins, la fin prône bien le message et les attentions de l’auteur, message qui est d’ailleurs similaire dans le film Negima ! Anime Final : La 2-A est un tout, autant pour l’œuvre que pour Negi, un tout dont l’intrigue n’aurait su se passer. Au-delà du harem, c’est donc une idée d’union globale qui marque la série phare de Ken Akamatsu.


L’autre dimension graphique d’un auteur


Ken Akamatsu est un auteur dont le style est reconnaissable entre mille. D’Ai Non Stop ! à Negima !, il est aisé de reconnaître son trait, notamment son travail sur le personnage qui a gardé une certaine identité. Celui-ci a su gagner en précision, en détails et en profondeur, c’est un fait, mais son cachet demeure intact et en feuilletant les différents mangas de l’artiste, il est aisé de les établir dans un ordre chronologique tant son évolution visuelle est percutante.

On reconnait aussi au mangaka une certaine rigueur dans la représentation des décors. Les fonds des cases sont rarement vides et particulièrement lorsque l’intrigue se déroule en milieu citadin, les environnements sont multiples et peaufinés avec le plus grand soin. A ce sujet, le travail par ordinateur a été une clef pour Ken Akamatsu qui utilise et réutilise à foison les modélisations qu’il a pu élaborer. Les bonus des tomes de Negima ! sont particulièrement riche pour leur présentation des différentes ébauches d’architectures qui garnissent le fond des pages de la série. Le travail de l’auteur et de ses assistants est si complet que le maître affirme sans honte dans UQ Holder qu’il réutilise certains de ses décors, quand ceux-ci se prêtent au cadre de la série.





Le travail graphique de Ken Akamatsu, dans Negima !, fut chamboulé par la dimension nekketsu prise par le titre et les nombreux combats que la série dépeint. Instaurer dans de mouvements, des expressions différentes, des chorégraphies d’affrontements et des destructions d’environnement fut une chose inédite pour l’auteur dans son travail professionnel. Et pourtant, comme s’il s’agissait d’un registre dans lequel il avait toujours voulu se plonger, l’auteur s’en sort haut la main. La nervosité de l’intrigue, dès lors qu’elle gagne en sérieux, est alors sublimée par le coup de crayon du manga qui a un style très grandiloquent lorsqu’il s’agit de dépeindre des entraînements ou des combats d’ampleur. Il met un point d’honneur à appuyer le spectaculaire de ses scènes et ne lésine pas dans les effets de destruction massive.

Les ambitions de l’auteur sont alors fortement soulignées par l’évolution de son style, et cela s’accompagne par l’évolution des environnements qui changent d’aura dès qu’il s’agit de traiter du Monde Magique. Une transition continue est effective tout le long de l’œuvre qui passe de cadres que l’on connaît bien à des lieux teintés de Fantasy, jusqu’à des décors futuristes vers la toute fin… En plus d’avoir prévu cette évolution narrative, le mangaka soutient tous ces changements par son trait, rendant alors l’immersion plus efficace pour le lecteur grâce aux planches fourmillant de détails.
  
  
  


© Ken Akamatsu / Kodansha Ltd.

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