Mobile Suit Zeta Gundam - Actualité manga
Dossier manga - Mobile Suit Zeta Gundam
Sommaire

Publié le Vendredi, 13 March 2020


Une suite tragique


Un peu de contexte

Mobile Suit Zeta Gundam a pour réputation d'être une série sombre et dramatique, ce qui lui vaut l'affection de nombreux fans, et ce qui a certainement contribué à son succès lors de sa diffusion sur les petits écrans du Japon. Mais avant d'aborder le pourquoi du comment, une petite contextualisation s'impose, ce qui pourrait permettre aux néophytes d'y voir plus clair.

Plus de sept années se sont écoulées depuis la fin du conflit dépeint dans la première série Gundam, opposant l’indépendantiste Duché de Zeon au gouvernement fédéral terrestre, autrement dit la Terre à certaines de ses colonies spatiales. Afin d'empêcher de potentielles révoltes et ne pas connaître les atrocités d'autrefois (point qui sera encore plus légitimé par la série d'OVA Mobile Suit Gundam 0083 : Stardust Memory), le gouvernement terrien met en place une faction militaire spéciale : les Titans. Mais celle-ci gagne de plus en plus en autonomie, et finit par asseoir une véritable dictature au sein des colonies spatiales. Une opposition armée germe, de manière légitime. L'AEUG prend les armes contre les Titans et cherche à empêcher ses dérives. Dans cette milice se trouve Quattro Bajeena, nouvelle identité de Char Aznable, trainant derrière lui le spectre de son père comme celui des pertes passées.

Loin de ces atrocités, Kamille Bidan commence à nourrir une haine contre les Titans lorsqu'il se trouve au centre d'une altercation avec un soldat de ces derniers : Jerid Messa. D'un caractère fort et impulsif, Kamille développe un esprit de rébellion qui le poussera à aider l'AEUG à dérober deux prototypes de mobile suits développés sur sa colonie, fief des Titans : les Gundam Mk-II. Un acte inconsidéré qui fera de Kamille un pilote de l'AEUG, ce dernier devenant le héros de la série mais aussi un témoin et cible de nombreux désastres à venir.


Une noirceur omniprésente

Et c'est en grande partie autour de ce Kamille que les drames humains de Zeta Gundam auront lieu. Si on veut être concis, on pourrait résumer la série à la volonté d'époque de Yoshiyuki Tomino de ne jamais épargner son protagoniste, et ce jusqu'aux dernières secondes de l'ultime épisode.

L'ensemble de l’œuvre est une sorte de parcours macabre pour le héros, cette figure désinvolte et que le spectateur n'appréciera pas forcément sur les premiers épisodes. Kamille est gueulard, a un caractère fort, et n'hésite pas à le montrer. Un tel héros se devait d'évoluer, et c'est par des épisodes bien sombres que cette progression se fera, puisque les actions de Kamille lui feront prendre conscience, justement, de son inconscience.

Nous ne décortiquerons pas chaque perte vécue par le héros, car nous souhaitons que ce dossier s'adresse au plus grand nombre, et qu'il donne justement l'envie de se plonger dans Gundam, en évoquant les ingrédients et qualités d'une de ses séries phares. Alors, il faut se contenter de souligner toute la noirceur vécue par ce Kamille au sein des 50 épisodes de la série. Des pertes, et des pertes de proches qui pousseront le héros vers des sanglots récurrents, mais aussi toute une atrocité du monde adulte endurée par le protagoniste de manière régulière. Kamille est un adolescent poussé, par ses actions inconsidérées, dans un conflit qui le dépasse, et c'est comme en pour assumer les conséquences qu'il devra endurer une guerre qu'il n'a pas réclamé, ne pouvant alors guère faire machine arrière.

Mais on peut aussi constater toute la note sombre de Zeta Gundam sous un autre œil que celui du héros. Kamille n'est pas le seul à subir les événements de la série, nombreux sont ceux qui connaitront leurs propres douleurs. Le scénario mise d'ailleurs énormément sur notre affect envers toute le casting de la série, alliés comme ennemis. Après tout, et c'est une volonté du réalisateur, le personnages ne sont que des humains plongés dans un conflit complexe, très peu manichéen. Chaque camp à son lot de pourris, tout comme chaque alliance a ses soldats qui n'agissent pas par desseins mais parce que le destin les a guidés là, ou parce qu'ils se fourvoyaient sur certains idéaux. Alors, on se prendra de compassion pour Jerid, ce pilote cherchant querelle au héros dans le premier épisode. On développera une certaine affection envers Katz, cet adolescent belliqueux qui a tendance à idéaliser la guerre. Et on compatira pour les différents cyber newtypes des Titans, victimes de leurs bourreaux dès leurs premières apparitions, chose que l'on comprend sans que les personnages en question aient besoin de décéder. Et c'est parce qu'on s'attachera à cet ensemble que les deux derniers épisodes seront un véritable coup de poignard en plein cœur. Aussi, l'épisode 49 de Zeta Gundam a pour titre « L'Hécatombe ». Nous ne développerons pas plus à ce sujet, mais l'intitulé est suffisamment explicite pour indiquer l'état d'esprit qui marquera tout spectateur après visionnage de la fin de la série, cruelle et injuste.


Pourquoi ?

Alors, on est en droit de se questionner sur la raison de tels événements. Yoshiyuki Tomino était connu, à l'époque, pour ses scénarios durs et sa tendance à tuer un grand nombre de personnage dans ses séries, une marque de fabrique qu'il a laissé derrière lui depuis un moment maintenant comme en attestent ses œuvres plus légères telles qu'Overman King Gainer, Turn A Gundam et Gundam : Reconguista in G.

Concernant Zeta Gundam, la justification peut finalement paraître assez simple. L'un des propos de la série, comme dans bon nombre de Gundam d'époque, c'est la guerre. Celle-ci est insensée, ne sert qu'à organiser de gigantesques boucheries, et arrangent les puissants au détriments des soldats ordinaires, ceux qui ne sont que de la chair à canon vouée à subir les conséquences humaines de tels carnages. Il n'y a pas de présentation héroïque de la figure du soldat (caractérisée par les pilotes de mobile suits) dans Zeta Gundam. Ces derniers sont des humains doués de sentiments, qui sympathisent avec leurs camarades et qui détestent souvent leurs ennemis qu'ils ne comprennent pas, surtout ceux qui leur auront arraché leurs proches. Un véritable cercle vicieux de tristesse et de haine... soit tout ce que représente la série dans sa dimension dramatique.

Autour de ce sujet, il y a tout particulièrement un personnage passionnant à développer, celui de Katz Kobayashi. L'un des trois enfants du White Base, de la première série, est devenu un adolescent qui a nourri une idéalisation de ceux qu'il a vu combattre dans sa jeunesse. C'est avec cette passion qu'il se joindra au conflit, mais de manière totalement volontaire. Katz est clairement une personnalité dans l'erreur, chose que l’œuvre nous fait comprendre via les différents choix du personnage. Il n'est pas fait pour être un pilote vaillant auquel on s'attache, mais un adolescent bien trop influencé par une vision erronée des conflits. Il est fait pour être détestable par moments, ce qui rendra le développement du personnage d'autant plus dur. Et il est possible d'y voir une représentation du jeune soldat naïf qui croit accomplir monts et merveilles sur le champ de bataille, renvoyant peut-être à ces soldats japonais qui se sont engagés par pur patriotisme lors de la Seconde Guerre Mondiale. Sans partir dans la surinterprétation, les idées fourmillent derrière un unique personnage, comme derrière chaque figure de la série pourrait être décortiqué en long et en large pour en révéler toute la complexité. Mais le cas de Katz se prêtait bien aux idées évoquées dans cette partie du dossier.

Il demeure aussi une vision intéressante de la série, qui sera en partie étoffée dans Gundam ZZ. La guerre qui nous est présentée, tout comme celle de Mobile Suit Gundam premier du nom, est celle d'adultes. Les jeunes n'ont rien à y faire, car tout ce que le conflit leur apporte est la colère et la détresse. Ce sont ces mêmes adultes qui s'adonnent à des jeux de dupe et des magouilles en tout genre, pour servir leurs intérêts, voire simplement leur mégalomanie. Cette idée est représentée par bien des personnages, et c'est sans doute ce qui a poussé Yoshiyuki Tomino a présenter des figures moins ambiguës, telles que Bask Om du côté des Titans, tant d'individus qu'on peut caractériser comme « pourris », en opposition avec moult personnages de la série, bien plus humains et denses. C'est volontairement que nous ne développerons pas davantage à ce sujet, pour une bonne raison : cette idée est sublimée dans Gundam ZZ, suite de Zeta Gundam. L'idée de la jeunesse face aux adultes y est plus nette, plus évidente aussi, le héros qu'est Judau Ashta représentant à lui seul la rébellion légitime de la nouvelle génération face aux adultes pervertis. Alors, cette thématique sera à l'honneur dans un autre dossier, consacré à la séquelle de notre présent sujet.




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