Dossier manga - Levius

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Sommaire

Publié le Samedi, 04 Febuary 2017


Le monde de Levius


Après de superbes premières pages en couleurs aux teintes sépia qui nous plongent tout de suite dans une ambiance poisseuse et terne, Levius nous perd volontairement dans un tout début de série posant peu à peu les bases. Ces bases, ce sont celles d'un monde aux influences steampunk où après une guerre, le monde a été entièrement refaçonné.  Si on devait le résumer en quelques mots, on pourrait dire qu'il s'agit d'un monde rétro-futuriste, où Nakata pose un cadre s'inspirant de l'ère de l'industrialisation en y ajoutant des éléments d'anticipation.


Géographie


Le monde de Levius est tout d'abord particulier d'un point de vue géographique : sans doute porté par son désir de faire un manga pouvant toucher plus facilement des lecteurs non-japonais, Haruhisa Nakata nous immisce dans une Europe où les noms des lieux et nations ainsi que les territoires se sont remodelés.

A ce titre, la carte (cliquez dessus pour l'agrandir) présente en début de premier volume s'avère utile pour jeter les premières bases de ce monde, et l'on peut volontiers y passer quelques minutes à décortiquer les influences géographiques de l'auteur.





Via cette carte, on voit bien l'auteur se réapproprier les océans et mers bordant notre continent : l'océan arctique, la mer méditerranée, l'océan atlantique qui pour l'occasion devient "neoatlantique"... à cela, il ajoute quelques créations : la mer borgtique, la mer du sud...

On retrouve également nombre de cités et de contrées évoquant notre monde. Quelques exemples. Au Nord, dans le White Land se trouve Zetherlands, qui peut faire penser aux Netherlands (les Pays-Bas). En dessous, la péninsule de Green Bridge accueille Lisboar (Lisboa/Lisbonne). En descendant encore un petit peu, au sud-est de Steamland on trouve Brague (Prague ?). A l'ouest, au large de Wanberg on déniche Palladolid (Valladolid). Au sud-est se niche au bord de la mer borgtique la cité de Malague (Malaga), puis plus bas encore la contrée de Torol (le Tyrol ?). Au sud se trouve la contrée du Bulster qui nous évoque l'Ulster...

Les noms ont donc des consonances très européennes, occidentales, mais peu de choses (hormis la méditerranée, l'arctique et l'atlantique (neo), ont des noms entièrement repris de notre réalité. Les différentes contrées ou cités puisant leur source dans notre réalité, Nakata n'en respecte aucunement l'emplacement d'origine, comme vous pouvez le voir. Les continents eux-mêmes, malgré certaines formes pouvant nous rappeler des choses, sont complètement différents, et séparés par des voies maritimes qui ne sont pas à l'heure place habituelle (la méditerranée près de l'arctique...). Et qui plus est, Nakata glisse également quelques noms assez évocateurs quant à ses désirs : "Steamland",  "Punksace". Steam et Punk. Steampunk.

Ses désirs, en remodelant ainsi complètement les choses, quels sont-ils ? Hé bien, sûrement de bien ancrer son récit dans une Europe complètement uchronique. Un territoire qui semble avoir été totalement refaçonné par certains événements, au coeur desquels ont a forcément envie de situer le fameux Steamland, qui est en plein coeur de la carte et est entouré de sortes de lignes/crevasses blanches, comme si c'était lui qui était venu chambouler tout le continent en tant que point névralgique... On y voit l'envie de Nakata d'encrer une atmosphère steampunk au coeur de son univers.


Contexte historique et géopolitique


Mais comment donc ce monde s'est-il retrouvé aussi chamboulé ? C'est au fil de la lecture que le contexte se dévoile.

Toute la première partie du volume 1 nous immisce en plein coeur de cet univers et aux côtés de ces personnages en jouant volontairement la carte du flou. Pendant les premiers chapitres, on se contente de suivre des personnages un peu moribonds et peu explicites. Ce n'est que petit à petit que les choses se dévoilent, que l'on en apprend plus sur le passé de ce monde qui a été dévasté par la guerre .

Tout commence toutefois par l'évocation d'un génie, Douglas Drake, un homme qui a révolutionné le monde au 18ème siècle en y apportant des découvertes qui ont pu aboutir sur l'arrivée de nouvelles technologies, notamment à vapeur.





Un siècle plus tard, dans le siècle où vit Levius, cela a permis aux voitures et locomotives classiques ainsi qu'aux avions (déjà inventés) de côtoyer ces technologies à vapeur ayant amené la boxe mécanique (nous reviendrons dessus). Mais ce siècle a surtout été celui d'une terrible guerre. La grande guerre, comme elle est appelée, a connu la rébellion de révolutionnaires anti-gouvernementaux, et a provoqué la mort de nombreuses personnes.

La solution pour mettre fin à cette guerre a pris le nom d'Amethyst S.T.E.C., ou  Amethyst Steam-Technology Entreprise Corporate. Une société militaire privée qui n'engageait que l'élite internationale des ingénieurs, les plus brillants cerveaux, pour mettre au point la S.H.R. (Steam Humanoid Robotics), une arme de destruction ultime qui a conduit à la fin de la guerre en une seule nuit, non sans provoquer la mort de plusieurs millions de personnes. La clé de tout cela : le débarquement de Green Bridge, bombardé. Suite à cela, la dangerosité d'Amethyst amena une conférence (la conférence de Northbank) au cours de la quelle fut immédiatement votée la dissolution de cette société. Un groupe industriel de guerre qui peut donc être autant vu comme un sauveur pendant la guerre que comme une terrible menace ayant profité de cette guerre pour se faire une place... avant d'être dissolue. Soi-disant.

Une dizaine d'années après cette guerre dramatique, voila où nous en sommes dans le présent de la série.


Un monde porté par la boxe mécanique


C'est donc dans tout ce contexte passé qu'un nouvel art martial est né en puisant sa source dans les nouvelles technologies mécaniques mises au point. Cet art martial, la boxe mécanique, voit s'affronter en arène, souvent jusqu'à la mort de l'un des deux, des combattants qui ont été dotés de membres mécaniques. Ces "améliorations" par les machines peuvent aller très loin.

Cette époque de la boxe mécanique peut en partie être résumée en quelques mots : une ère où la force peut s'acheter. Quiconque a, en plus du talent au combat, suffisamment de moyens pour se procurer des mécanismes de pointe, peut y faire bonne figure. Ses moyens peuvent passer par l'argent tout simplement, ou par les sponsors, sans oublier l'importance de mécaniciens compétents. Mais attention, dans la soif de force, à ne pas accumuler les améliorations mécaniques au point de mettre sa vie en danger ou de ne simplement plus paraître humain...

Ces mécanismes fonctionnent au carburant qui permet aux combattants de faire bouger leurs membres mécanique, mais pas uniquement, loin de là. En se mélangeant au sang du boxeur, la vapeur de ce carburant peut leur permettre d'effectuer des techniques folles et furieuses. Mais il y a aussi l'âme du boxeur : sans un mental d'acier, difficile de commander entièrement ses membres mécaniques. Ce nouveau sport est ainsi particulier dure, car elle nécessite beaucoup plus d'énergie que n'importe quel sport classique.





Du coup, forcément, un tel sport violent, où des boxeurs se battent souvent à mort en arènes en utilisant des technologies incroyables mais pouvant aussi les mener à leur perte, a rapidement fini par conquérir un large public, avec pas moins de 30 millions d'adeptes dans le monde. Et toute une hiérarchie s'est développée. Il existe cinq catégories, cinq niveaux, allant de I à V. Le niveau V est le plus faible, et le niveau I le plus élevé. Particularité de ce dernier : il ne peut comporter que 13 combattants, les "Grand Thirteen", et un boxeur du niveau II ne peut espérer intégrer le niveau I que suite à la mort de l'un de ces "Grand Thirteen".

Dans ce contexte, avec un tel public et de tels enjeux, inutile de dire que la boxe mécanique exerce une influence toujours plus considérable sur le monde, quitte à parfois exploiter ses combattants. Réputation, paris, sponsors, cris d'encouragement ou huées, niveaux, élite... Bienvenue dans le monde de la boxe mécanique, de la boxe à vapeur.
  
  
  


©2014 Haruhisa NAKATA/SHOGAKUKAN

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