Dossier manga - Kids on the Slope

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Sommaire

Publié le Vendredi, 08 September 2017


Un manga résolument historique


Le récit qui nous est livré dans Kids on the Slope se déroule dans le Japon des sixties et, à ce titre, il nous immerge dans un univers très différent de ce que nous avons l’habitude de voir dans les mangas. Cette période historique est, d’une part, marquée par son passé relativement récent, à savoir : l’occupation des américains sur le territoire japonais (de 1945 à 1952) et, d’autre part, par l’évolution des mœurs. En effet, dans les années 60, alors que la culture de l’Amérique se développe sur l’archipel, la jeunesse tokyoïte est en  pleine rébellion contre le mode de vie traditionnellement prude, très respectueux et parfois conformiste de celui-ci. Par ailleurs, nous y retrouvons une rupture très marquée entre les personnes de « bonne famille » d’un côté  et les personnes modestes de l’autre. Ce dernier point est récurrent dans l’œuvre et se retrouve, par exemple lorsque Ritsuko s’adresse à Yurika en disant : « Ce n’est pas la place d’une jolie fille comme toi de rester à côté d’une poubelle ». Ce « Mai 68 japonais » est évoqué au travers du personnage de Junichi qui se « lance dans l’activisme politique » au sein de son université à Tokyo tout comme la culture américaine. Nous retrouvons effectivement cette dernière au travers des nombreuses références dont l’auteur parsème Kids on the slope. Celles-ci sont bien évidemment majoritairement musicales allant du rock instrumental avec The Ventures à Chet Baker en passant par le jazz noir américain représenté par Art Blakey & the Jazz Messengers ; mais également cinématographiques avec The Sound of Music (La mélodie du Bonheur). L’auteur revient sur tout cela à la fin des volumes 7 et 8 dans une rubrique : « les amis de kid ». Ainsi, l’imprégnation du lecteur est totale dans la période historique évoquée.





Des relations complexes entre les individus : de l’amitié à la romance


Amitié et Romance s’entremêlent dans cette œuvre pour transposer la complexité des relations humaines. Nous avons affaire à une romance très mature caractéristique du genre josei. Toute une palette d’émotions et de sensations sont ressenties par les personnages aussi bien la jalousie, l’envie, la colère, la tristesse,  la joie, les remords etc… Il n’y a qu’à voir comme Kaoru passe du rire aux larmes, se met en colère tout au long de l’histoire. C’est une grande histoire d’amitié mais également un triangle amoureux qui nous sont présentés dès le commencement du manga. Le thème des amours adolescentes, des premiers émois y est développé largement en particulier avec le personnage de Sentarô.

« L’amitié, c’est pour la vie. Et, j’ai comme l’impression qu’avec lui, c’est pour de bon ».

C’est avant tout une grande histoire d’amitié qui est décrite dans ce récit.

Yuki Kodama nous présente deux personnages opposés en tout point au premier abord :
- Kaoru : personne modèle qui « rentre dans la  norme »
- Sentarô : cancre et bagarreur qui « transgresse les règles »





Mais, ce sont avant tout deux adolescents qui n’arrivent pas à trouver leur place dans la société. Comme le dit Sentarô  à Kaoru dès le départ : « Moi non plus je n’aime pas rester en classe ». Le lecteur peut alors ressentir que ces deux êtres sont en réalité semblables et se comprennent. A ce titre, le toit, lieu auquel les deux personnages souhaitent accéder dès le début du récit symbolise une échappatoire commune au monde qui les entoure et les oppresse. Ils sont en réalité épris de liberté. Très vite, Nishimi sent monter en lui de l’admiration pour Kawabuchi qu’il trouve rayonnant et non pas dénué d’une certaine candeur ce qui se matérialise par le monologue suivant :  « On dirait que le soleil après la pluie… ne brille que pour toi… Et cette pente que je déteste tant… Tu la descends sans le moindre effort… Qu’est-ce que tu vois… Au-delà de la pente ? Devant tes yeux, est-ce bien le même paysage que devant les miens ? ». La pente que Kaoru évoque représente les obstacles de l’existence. Quand il l’emprunte seul, elle lui paraît insurmontable mais quand ses amis sont auprès de lui, elle semble bien plus facilement surmontable. Cette amitié est d’autant plus touchante que Nishimi s’épanouît de plus en plus au fil du récit au contact de son ami ce qui n’est plus du tout le cas lorsque Kawabuchi disparaît de sa vie. Cette amitié sera mise à rude épreuve tout au long du manga que ce soit lorsque Kaoru est tiraillé entre son amour pour Ritsuko et son amitié pour Sentarô ou quand Matsuoka demande de l’aide à ce dernier pour son groupe de rock’n’roll. Ainsi, c’est une amitié réaliste, avec des hauts et des bas qui est dépeinte par l’auteure. Très vite les deux personnages cherchent à se protéger l’un, l’autre mais comme l’énonce lucidement Kaoru : « L’important, c’est que je sois un vrai pote pour lui… Et même s’il prend des coups… Je serai à ses côtés dans ces moments-là ». Et tandis qu’ils seront séparés durant plusieurs années, ils finiront bien par se retrouver pour de bon.

Mais ce qui lie d’autant plus Kaoru et Sentarô mais aussi tous les personnages principaux de Kids on the slope, c’est la musique et plus particulièrement le jazz.
  
  
  


SAKAMICHI NO APOLLON © 2008 Yuki KODAMA / Shogakukan Inc.

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