Jojo's Bizarre Adventure : Phantom Blood - Actualité manga
Dossier manga - Jojo's Bizarre Adventure : Phantom Blood
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Publié le Vendredi, 28 December 2018


Jojo's Anime Adventure


Le film Phantom Blood, une tentative ratée d'adapter les bases de Jojo

Phantom Blood a connu deux adaptations animées, différentes et sans lien, si ce n'est la matériel d'origine. La première est aussi une véritable énigme puisqu'il s'agit d'un film d'animation sorti en 2007, et uniquement au cinéma au Japon. La légende veut que ce soient les critiques des fans qui aient découragé la production à sortir le long-métrage en support vidéo.

Il est donc assez difficile de parler de ce film, les seules éléments disponibles légalement étant les trailers. Toutefois, en analysant l'équipe autour du projet, on peut potentiellement deviner ses intentions.


Le film Jojo's Bizarre Adventure : Phantom Blood est produit par le studio A.P.P.P, le même qui était en charge des OAV tirés de Stardust Crusaders. On retrouve un homme à la réalisation, à la supervision de l'animation, et au character-design : Junichi Hayama. L'animateur avait d'ailleurs déjà occupé le poste de character-designer sur les OAV, il partait alors avec une certaine expérience. Et le parallèle avec ces OAV peut peut-être s'appliquer au film Phantom Blood, et donc expliquer une partie de son fiasco. Malgré une certaine originalité, la série d'OAV se démarquait du manga de Hirohiko Araki par une ambiance plus sombre et sérieuse, évinçant à bien des moments l'humour du récit. En somme, une grande partie de la bizarrerie de Jojo était occultée, et c'est peut-être ce qui s'est passé avec le film Phantom Blood. La bande-annonce du long-métrage nous aiguille sur cette piste puisque tout ce qui nous est présenté est dépeint sous un angle mature et sans excentricité. Le loufoque Baron Zeppeli apparaît ainsi comme un personnage d'un grand charisme, là où Araki cherche à le rendre décalé sur ses premières apparitions. Aussi, l'absence totale de Speedwagon aurait fortement déplu, chose compréhensible tant le personnage est haut en couleur en plus d'avoir une importance majeure dans la continuité avec Battle Tendency.

Le thème musical du film est plutôt raccord avec cette vision. Pas de musique héroïque façon 80's comme Jojo – Sono Chi no Sadame ou de thème de conclusion anglo-saxon à l'instar de Roundabout du groupe Yes pour marquer les influences du récit, mais un rap épique caractérisé par la chanson Voodoo Kingdom du groupe Soul'd Out.

Difficile alors d'en dire davantage sur ce long-métrage qui n'a que peut de genre de resurgir des abysses, même si sa disponibilité serait intéressante afin que chacun puisse juger le film et analyser les origines de son fiasco.

La série télévisée, les débuts de l'adaptation fleuve

En juillet 2012, le studio David Production annonce un projet pour le moins ambitieux : une série animée Jojo's Bizarre Adventure. Le teaser d'annonce laisse entendre que l'intégralité du manga sera adapté, en commençant par ses débuts. On connait désormais la suite de l'histoire, les différentes parties du manga sont adaptées sous forme de saisons distinctes, et l'anime Jojo's Bizarre Adventure : Golden Wind, adaptation de la cinquième partie, est en cours de diffusion à l'heure où ces lignes sont écrites. Il est encore difficile d'affirmer que l'adaptation ira jusqu'au bout, mais David Production est sur la bonne voie.

Dans le cas de Phantom Blood, c'est la première saison de l'anime qui nous intéresse. Celle-ci est diffusée du 5 octobre 2012 au 5 avril 2013 sur la chaîne japonaise Tokyo MX, et totalise 26 épisodes en adaptant les deux premières parties du manga. Partie la plus courte, Phantom Blood concerne les 9 premiers épisodes de cette première saison.

Peu après la diffusion de l'anime, cette saison une est adaptée en trois téléfilms. Le premier retranscrit les événements couverts par Phantom Blood et les deux derniers ceux de Battle Tendency, avec certaines coupes afin de correspondre à des formats de films. Le long-métrage consacré à Phantom Blood dure, lui, 1h45.


La réception de l'anime Phantom Blood fut très bonne, et pour cause : David Production a fait les meilleurs choix possibles, en dépit du budget alors limité. La série animée est dirigée par Kenichi Suzuki et Naokatsu Tsuda (ce dernier ayant participé à l'ensemble des saisons), tandis que l'adaptation du scénario est confiée à Yasuko Kobayashi. La scénariste a alors fait un travail d'excellente facture, puisqu'elle est parvenue à condenser les événements de cette première partie en seulement 9 épisodes. Évidemment, certains choix scénaristiques ont été fait en groupe, et Yasuko Kobayashi seule n'a pas eu le pouvoir de décider quels segments seraient inclus et exclus de l'adaptation. Reste que les choix faits sont louables : l'introduction du premier tome est retranscrite plus rapidement que dans le manga, tout en ne perdant aucunement son essence. Globalement, chaque séquence de la première partie est conservée, parfois simplement accélérée, ou adaptée judicieusement de manière à mieux rythmer le récit, sans jamais rien perdre du scénario.

Mais, surtout, c'est l'aspect graphique de Phantom Blood qui reste la facette la plus intéressante des neuf premiers épisodes. D'une manière générale, l'équipe technique à chercher à respecter le mieux possible l'esthétique d'époque de Jojo, tout en tenant compte du style de Hirohiko Araki actuellement. On se retrouve avec un design qui fait office d'excellent compromis : les maladresses d'époque du mangaka ne sont évidemment pas conservées à l'écran, mais sa patte à base de colosses à tout va demeure bel et bien sur le résultat, tandis que Takako Shimizu s'est imprégné du trait actuel de Hirohiko Araki pour moderniser le character-design.


L'animation, objectivement, est en demi-teinte, ce qui ne veut pas dire que le résultat est mauvais. Au contraire, la réalisation feinte le manque de moyens par la mise en scène. Car c'est bien par ses onomatopées dominantes, à l'instar du manga, ses jeux de couleur et les prestations des seiyû que l'anime Phantom Blood est rendu dynamique. Finalement, la limite de budget ne se ressent que si on prête un œil attentif à l'animation, et le résultat propose tout de même un spectacle digne de l'immense fresque qu'est Jojo.

Enfin, il est à noter que sur la première saison de l'anime, le compositeur change en cours de route. Hayato Matsuo s'occupe des pistes des neuf premiers épisodes, soit de Phantom Blood, avait de laisser la fin à Taku Iwasaki pour les épisodes 10 à 26, autrement dit pour Battle Tendency. Ce changement a du sens puisqu'il traduit une volonté de David Production de renouveler l'aura de la série, tout comme Hirohiko Araki renouvelle l'ambiance de son œuvre à chaque partie.
Pour ses quelques compositions, Hayato Matsuo livre une bande-originale placée sous le signe de l'héroïsme et de la tragédie, instaurant une ambiance épique et théâtrale. Pour l'atmosphère de Phantom Blood, pouvions-nous imaginer un autre résultat ?


Comme dit en tout début de dossier, la série est disponible chez nous de plusieurs manière. En numérique, d'abord, puisque ADN et Crunchyroll la propose dans leurs catalogues.

Pour la première saison, et donc Phantom Blood, deux éditeurs se partagent les droits : Warner Bros pour l'édition de la série en DVD, et Kazé pour les films en DVD et la série en Blu-ray, soit un sacré méli-mélo. Sans surprise, c'est la version de Kazé qui s'avère la plus intéressante, notamment la version Blu-ray qui inclus un livret riche en croquis et en commentaires de la part du réalisateur Naokatsu Tsuda, attestant la vision du staff à l'époque de la production de cette première saison. La version Warner Bros est, par contre, à fuir à tout prix : Les 26 épisodes sont condensés sur seulement 3 galettes, les menus sont d'une horreur sans nom, et le packaging hautement minimaliste. Seulement, cette version est la seule option pour profiter du format série de la première saison en DVD...

Dans tous les cas, le format vidéo permet de proposer la série en version non-censurée. En effet, quelques séquences ont été noircies à l'écran pour la diffusion télévisée, les scènes d'action étant parfois violentes et riches en émoglobines. Opter pour la version physique permet alors d'apprécier l'oeuvre telle qu'elle a été réalisée par les équipes de David Production.
  
  


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