Ichigo 100% - Actualité manga
Dossier manga - Ichigo 100%
Sommaire

Publié le Vendredi, 05 June 2015


Vers le chemin de l’amour…


L’amour est un sujet souvent exploité dans le manga, que ce soit dans les grandes romances du shôjo ou tout simplement dans moult comédies sentimentales appartenant au registre du shônen. L’une des plus grandes figures de ce genre ciblant les jeunes garçons est sans conteste Masakazu Katsura qui publia Video Girl Ai et I’’s, deux titres dont les qualités ne sont plus à prouver et qui traitaient à leur manière les relations amoureuses entre jeunes gens. Digne successeur du style de Katsura, Mizuki Kawashita propose sa propre vision de la comédie romantique avec Ichigo 100% et même si la mangaka réessaiera le genre avec des œuvres comme Hatsukoi Limited ou Anedoki, les aventures de Junpei représentent bien sa plus grande œuvre, celle qui a cristallisé la réputation de la mangaka et qui a enthousiasmé de nombreux lecteurs mais aussi bien des lectrices.

L’amour « made in Kawashita » passe par le quotidien de Junpei Manaka que nous avons présenté plus haut. Nous voici en présence de l’archétype du héros d’œuvre à une exception prête : Si le protagoniste moyen de ce genre de titre est un adolescent banal, Junpei a le mérite d’avoir une passion, celle du cinéma. C’est ce goût pour le septième art qui va le pousser vers la voie de la création amateur et qui, indirectement et par son club de lycée, va l’amener à côtoyer plusieurs demoiselles aux caractères différents. Vous vous doutez de leur point commun : Plusieurs d’entre-elles vont tomber sous le charme du héros.

Le récit d’Ichigo 100% couvre deux périodes, celles du collège et du lycéen bien que concernant la première, elle ne fait l’objet que des deux premiers volumes d’un récit qui se consacre avant tout à la vie lycéenne d’une poignée d’individus, comme si l’auteure avait voulu donner une certaine maturité à son titre pour ne pas s’ancrer dans un registre puéril, tant dans l’humour que la construction des personnages. On l’a déjà vu dans bien des mangas, la vie lycéenne a plusieurs significations. C’est l’amusement entre amis, le travail scolaire en vue d’une construction de l’avenir, un épanouissement par le biais des clubs scolaires, mais aussi les premiers grands chocs amoureux, ceux qui nous font murir vers l’âge adulte mais qui, parfois, font souffrir. C’est en respectant ce schéma d’idée qu’Ichigo 100% trouve un rythme et développe une succession d’aventures se déroulant durant les trois années de lycée durant lesquelles les principaux personnages travaillent leurs rêves et que des amourettes se nouent entre les uns et les autres. Evidemment, nous restons dans une comédie sentimentale, ce qui implique qu’une « non-résolution » des idylles doit être entretenue jusqu’à la toute fin afin de permettre à différents personnages d’entrer en scène de manière successive mais aussi d’enchaîner les quiproquos, renouveler le bagage de gags de la mangaka et aussi permettre à chaque demoiselle de s’épanouir aux côtés de ce héros presque quelconque qu’est Junpei.

Les échanges entre les héroïnes et cet individu bien ordinaire n’ont de raison d’être que parce que ce dernier est un être empli de doutes de la première à la dernière page, de sa rencontre avec la « fille à la culotte aux fraises » jusqu’à ce qu’il ait choisi l’élue de son cœur. Un tel personnage est énervant, d’abord parce que ce schéma de héros a été maintes fois utilisé, mais aussi parce que tout individu sensé n’aurait pas idée de passer trois années à batifoler entre les gentes dames et préfèrerait trouver la stabilité sentimentale auprès de l’être aimé. Et pourtant, si Junpei agit ainsi, c’est qu’il y a des raisons. Le héros sert d’abord son intrigue dans le sens où son indécision permet d’entretenir un doute dans ses sentiments et de donner une chance à chacune de ses conquêtes potentielles, raison pour laquelle les personnages féminins se font passer le rôle d’héroïne de l’œuvre au fil des histoires et des arcs narratifs. Par cette construction de Junpei, Mizuki Kawashita a aussi une autre ambition, celle de dépeindre les premiers émois amoureux de l’adolescence où il n’est pas bien dur de tomber amoureux, surtout quand on est entouré de personnages sympathiques et physiquement attirants. C’est toutefois une vision purement masculine car si les êtres aux chromosomes XY peuvent tomber raides dingues de la première jolie fille venue, ces dernière ne sont pas si influençable et restent fidèles à l’élu de leur cœur. Si la réflexion de Mizuki Kawashita n’avait pas pour vocation d’être poussée aussi loin, son œuvre traduit avec évidence les différents ressentis de l’adolescence.





Une galerie de jeunes filles attachantes


Si les personnages s’ajoutent au compte-goutte au sein de la série, il est un constat qui se fait au bout de quelques volumes seulement. Les demoiselles d’Ichigo 100% se veulent les plus variées possibles et pour cela, la mangaka a créé des caractères bien différents. Les personnages féminins ne représentent pas la prise de risque dans le sens où les rôles qu’elles incarnent respectent des schémas standards dans ce genre d’œuvre. Si l’on prend les premières jeunes filles qui apparaissent dans l’intrigue, Aya, Tsukasa, Yui et Satsuki représentent respectivement la jolie intello timide, la plus belle fille du lycée enjouée, l’amie d’enfance au physique d’enfant, et le garçon manqué au corps de rêve. On sent évidemment que plus que se limiter à des modèles de personnages, Mizuki Kawashita s’amuse en les construisant avec différents critères classiques, créant ainsi des lycéennes que l’on prend plaisir à suivre et dont l’une d’entre-elles sera forcément notre chouchou car son caractère et son design seront ceux qui nous siéront le mieux. Du côté des personnages masculins, c’est un peu le même refrain si on exclut le fait que nombre de jeunes garçons sont très discrets. Outre Junpei qui a le rôle central, nous avons affaire au beau-gosse à l’éthique noble, le geek pervers de service ou la masse de muscle qui fait fuir les filles. Finalement, on se plait plus à choisir notre héroïne préférée que notre personnage masculin fétiche.

Avec des caractères si différents, il est évident que Mizuki Kawashita ne pouvait que jouer de leurs diversités. Certaines camarades passent ainsi leur temps à se chamailler tandis que d’autres développent un sentiment de rivalité ou deviennent simplement bonnes amies. La rivalité pour le cœur de Junpei a évidemment un rôle essentiel mais pas forcément. A titre d’exemple, Yui et Satsuki se bagarrent souvent comme deux sœurs sachant que Yui n’entretient qu’une relation purement amicale avec le héros de la série. Les interactions les plus riches sont évidemment celles du héros et son entourage car c’est ce dernier qui va faire aller de l’avant les différentes demoiselles de la série.

Les développements de personnages ne sont d’ailleurs pas forcément palpable de prime abord étant donné que dans la majorité des cas, les interactions servent au running gag pour mettre Junpei en bien fâcheuse posture. Les évolutions de personnages sont plutôt discrètes et pertinentes. Elles se forment par exemple sur l’art de trouver ses propres objectifs pour l’avenir ou tout simplement de concrétiser ses rêves, mais aussi d’apprendre à trouver soi-même courage dans notre quête de l’amour. Ce sont finalement des attraits qui permettent aux personnages d’être rendus plus humains plutôt que de les développer de manière simple. Cela n’empêche pas toutefois pas une véritable évolution des personnages dans leur psychologie et leurs relations, mais ce sont évidemment les tous derniers volumes qui auront cet effet-là, derniers volumes qui donnent à la série toute sa maturité et sa beauté mais ça… c’est une autre histoire.

Les interactions entre Junpei et ses camarades laissent place à une certaine constante dans la série. Les personnages ayant des caractères très différents, les échanges entre le héros et ses congénères ne sont jamais les mêmes d’une personne à l’autre et prennent même différents attraits selon la jeune fille en question. Cela constitue l’une des forces du récit, la variance des tonalités qui n’est jamais la même selon que le héros s’entretienne avec un personnage ou un autre. C’est aussi de cette manière que l’on peut déterminer notre héroïne préférée. Prenons donc plusieurs exemples : Yui étant l’amie d’enfance de Junpei, les chapitres les visant eux auront un côté plus nostalgique et feront le bilan sur le passage de l’enfance à l’adolescence pour chacun d’entre eux. A l’opposé, Satsuki et ses techniques d’approches envers le protagoniste permettent des moments plus coquins tout en s’appuyant sur la touchante détermination de la demoiselle. Autre exemple et pas des moindres pour votre serviteur puisque Tsukasa est l’essence même des séquences intimistes qui donnent à l’œuvre ses plus beaux chapitres bien qu’à côté, les interactions entre Junpei et Aya semblent certifier que leur relation est la clef de toute la série. Mais rien n’est joué d’avance et les doutes du héros laissent planer le mystère quant à son choix jusqu’à la fin de la série.
  
  
  

ICHIGO 100 % © 2002 by Mizuki Kawashita/SHUEISHA Inc.

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