Full Moon - Actualité manga
Dossier manga - Full Moon

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Sommaire

Publié le Jeudi, 28 January 2010


La douceur d’un conte de fée

   
Full moon est un shojo. Constatation évidente et incontournable. Le manga se complait dans un schéma toujours plus doux, toujours plus rose et sucré. Il n’y a qu’à voir la situation initiale du récit. Arina Tanemura décide de faire de son héroïne une fillette de tragédie qui s’ignore, afin de rendre le reste tellement plus fort … notamment les sentiments, qui retentissent alors de conviction. Il n’y a qu’à voir : orpheline, Mitsuki a perdu ses deux parents, est éloignée de celui qu’elle aime, vit chez sa grand-mère acariâtre qui ne la laisse pas sortir et a une tumeur à la gorge. Drôle de départ dans la vie pour une gamine de 12 ans normale. Orpheline, d’accord. Malade, d’accord. Mais les deux à la fois alourdissent quelque peu le drame initial, bien que ce soit cela qui permette à Mitsuki, par la suite, d’avoir une telle vision sur le monde qui l’entoure. Il devient alors évident que l’on est dans l’imaginaire : quel médecin laisserait le choix d’une opération aussi importante (décisive pour la vie de Mitsuki) à une gamine de 12 ans ? Quelle grand-mère respecterait-elle ce choix alors qu’elle a la musique en horreur ? Impensable. Et pourtant, le thème de départ étant la magical girl entourée de ses shinigamis, on passe rapidement l’éponge sur ce détail pour aller voir plus loin. Après, on tombe donc directement sur le rêve très naïf de la jeune fille : devenir chanteuse. Malgré sa transformation et le don qu’on ne doute pas qu’elle possède, tout parait bien trop facile. Certes, les Idol se forment facilement mais il est difficile de rester dans les petits papiers des fans, aussi se demande-t-on régulièrement ce que Full moon alias Mitsuki a de si particulier, elle qui n’a jamais pu travailler sa voix comme il le fallait, elle qui n’a jamais pris de cours. Qu’on ne vienne pas avancer que ce genre de choses est normal quand on voit l’activité de ses parents ... Bref, le premier tome est tout ce qui pourrait décevoir dans une apologie du conte de fée moderne.

Il faut bien pléthore de sentiments pour illustrer une épopée digne de ce nom. Prenons un peu d’amour immortel et sans conditions, quelques jalousies qui traînent et nous voilà avec un tableau tout à fait charmant. La belle qui pense à son prince si lointain tandis que ses compagnons de route ne pensent qu’à elle, que ce soit animés par de doux sentiments ou par jalousie. Ainsi, Takuto se retrouve rapidement dans la peau de l’amoureux transi jaloux de l’aura épanouie que Mitsuki a devant la pensée d’Eichi, Meroko déteste la jeune fille qui lui vole son seul soutien inaltérable et immuable. Enfin, Izumi envie Takuto pour la confiance que Meroko ne lui accorde plus, pour la proximité qu’elle lui refuse. Seule Mitsuki semble rester au dessus de tout cela, sans démordre de l’amour inconditionnel qu’elle voue à un certain ange blond au regard ravageur. Trio, quatuor (voire plus) amoureux, c’est un déluge de sentiments que Tanemura nous offre sur un plateau, afin que l’on entre en douceur dans ce superbe récit amoureux. Mais tout ne s’arrête pas là. Rappelons que la magie est un élément qui prédomine dans ce manga. Arina Tanemura se plonge en effet dans la fantasy afin de pouvoir symboliser cette douceur et ce rêve. Ainsi, les plumes, vols planés et autres manifestations magiques prennent tout leur sens. De plus, les couvertures ou pages de chapitres remplies de détails surnaturels confirment que tout ceci n’est qu’une grande farandole, un doux rêve transformé en histoire le temps de quelques tomes. L’existence des shinigamis permet une réflexion toute particulière sur l’amour et la séparation, sur la raison d’être et les jolies morales. De celle qui conviennent parfaitement aux histoires de princesses. De même, dans ce monde imaginé de toutes pièces, tout le monde a à voir avec son voisin. Les destins de tous les personnages sont liés, que ce soit de façon éphémère ou pour la vie. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.

Enfin, au-delà même des sentiments ou de la magie, le monde de la musique est l’une des composantes principales du manga et, si au départ elle parait être un peu légère vis-à-vis de la naïveté du rêve de Mitsuki, on se prend rapidement au jeu des chansons de la jeune fille. On aura ainsi le plaisir de découvrir les coulisses d’un métier où parfois tout n’est pas rose. La mangaka reste superficielle à ce niveau là de l’histoire, exploitant d’avantage les compositions de Full Moon, mais il demeure un petit quelque chose de réaliste en ce qui concerne le monde du show-biz. Notamment vis-à-vis des difficultés à surmonter lorsque l’on est débutante : la concurrence, les pistons, le nombre d’albums vendus, la frustration et la ponctualité, malgré une double vie. Cela amènera Mitsuki à quitter définitivement le domicile familial, où elle laisse sa grand-mère pour évoluer vers d’autres horizons. A travers des paroles très travaillées et souvent pleines d’un sens que l’on ne comprend pas toujours, le lecteur apprend bien vite qu’une passion exige des sacrifices pour en récolter les fruits et un peu de bonheur. L’investissement nécessaire n’est pas évident, et seul quelqu’un de particulièrement déterminé pourra espérer avancer dans ce domaine. C’est ainsi le conte de toutes les jeunes lectrices qui est mis en avant tout le long du manga : pouvoir se transformer, se faire aimer et avoir des sentiments pour quelqu’un, accéder à un monde plein de strass et de paillettes, en ramasser le succès. Arina Tanemura ne se complait au final pas tant dans le conte de Mitsuki, mais dans celui d’une jeune fille comme il y en a tant. Mis à part les signes distinctifs qui permettent aux autres de penser que même avec un handicap il est possible de réussir, la mangaka joue sur la corde sensible de la plupart des lectrices de shojos. Enfin, la dimension magique et surnaturelle du titre permet à celle-ci de renforcer le sentiment illusoire et naïf du tout. Cependant, tout n’est pas aussi arrêté que cela, et par des appuis apparemment basiques et faciles, l’auteur va en faire quelque chose de totalement inattendu et de particulièrement apprécié.
     
   
           
             
                

Full moon wo sagashite © by Arina TANEMURA / SHUEISHA Inc.

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