Dusk Maiden of Amnesia - Actualité manga
Dossier manga - Dusk Maiden of Amnesia

Reader Rating 18.50 /20

Sommaire

Publié le Vendredi, 12 Febuary 2016


Le dessin au cœur du récit


MAYBE a un style graphique très particulier qui ne manquera pas de marquer quiconque feuillètera le premier volume. Le character-design de la série est le premier élément qui attire notre attention tant il sort de l’ordinaire. Les mangaka ont un coup de crayon très appuyé, très épais, et ils aiment aller au bout des choses en accentuant notamment les expressions des personnages, un élément primordial pour soutenir une ambiance, qu’elle soit angoissante ou frivole. Et justement, la morphologie des personnages est pour le moins percutante puisque le sens des proportions des mangaka est souvent très décalé, ces derniers insistant souvent sur la forme des jambes très gonflée, de manière à rendre des figures féminines très sexy pour peu qu’on adhère à ce style. Et justement, telle est la volonté du binôme qui a tenu à appuyer le côté séducteur de Yûko qui est souvent dépeinte en tenue légère, quand elle n’est pas simplement nue pour aguicher son Teiichi adoré. Mais le travail sur les personnages n’a pas toujours vocation à être aussi coquin car selon le style des planches voire la colorisation opérée par les auteurs sur les couvertures et les pages couleurs, Yûko peut tout simplement être une fille sublime sans sous-entendu derrière l’illustration, une énième représentation des multitudes d’ambiances de la série allant de l’effroi à l’émotion la plus douce et la plus sincère…

En contradiction totale, il demeure un travail très présent pour rendre certains chapitres particulièrement effrayants, tranchant nettement avec l’ambiance légère qu’on aime tant voir dans Dusk Maiden of Amnesia. Le binôme, fort de ses expériences dans le hentai, est doué pour représenter de jolies filles, mais il l’est tout autant pour rendre sa mise en scène forte et angoissante. Pour cela, dès que l’atmosphère doit s’obscurcir, MAYBE utilise souvent des teintes de noir très fortes, d’un sens des expressions des personnages aggravées tant que possibles et une représentation toutes particulière des silhouettes maléfiques, entièrement noire comme s’il n’y avait plus là des êtres humains mais des créatures tout simplement capables du pire. La violence visuelle de la série n’est pas l’ambiance la plus fréquente, mais les auteurs y reviennent à plusieurs fois pour marquer le mystère et l’épouvante qui entourent l’histoire de Yûko. En particulier, c’est quand une entité bien précise entrera en scène que le sang du lecteur se glacera, ceci à cause de l’apparence particulièrement effrayante que MAYBE a travaillé. Oui, Dusk Maiden of Amnesia est un récit d’épouvante qui effraie peu souvent, se laissant surtout porter par un ton mystique et intriguant, mais il lui arrive de secouer son lecteur. A cette violence visuelle s’ajoute la manière des mangaka s’obscurcir les paysages et les environnements, projetant alors les personnages dans un univers sombre loin des paysages calmes qui prédominent dans la série, une manière pour le binôme de bousculer ses propres codes visuels et de faire sortir la série de l’ordinaire.





Dusk Maiden of Anime


Le studio Silver Link a adapté le manga de MAYBE au cours du printemps 2012 au cours de 12 épisodes diffusés sur les écrans de télévision nippons, ainsi qu’un treizième directement inclus sur le dernier DVD. L’anime s’est ainsi achevé avant que ne se termine le manga, forçant l’adaptation à improviser une fin et renforçant l’idée qu’il s’agit avant tout d’une série promotionnelle pour la version papier. Pourtant, la série animée Dusk Maiden of Amnesia ne se contente pas d’être une pure copie des planches du manga et cherche à avoir une couleur qui lui est propre.

Scénaristiquement, la série reprend le synopsis d’origine et focalise son intrigue sur Yûko en évitant nombre de péripéties du manga qui pouvaient sembler obsolètes. Ainsi, les sept mystères du collège ne sont jamais mentionnés et l’intrigue s’oriente vers les éléments clefs de l’histoire de Yûko en passant par la même occasion par l’arc du festival scolaire. Lorsqu’il s’agit de reprendre des éléments du manga, le tout est très fidèle à l’histoire telle qu’elle est racontée par MAYBE et peu d’éléments narratifs changent, seule la vision du réalisateur permet d’apporter une touche de nouveauté. Et à ce titre, Shin Ônuma a tenté énormément de chose pour apporter une ambiance à la série, il n’hésite pas à jouer sur les couleurs crépusculaires pour donner une ambiance à l’œuvre, et joue énormément avec la « caméra » pour ponctuer sa narration de certains effets. Tous les choix ne sont pas facilement définissables, il semble même que certains jeux de mise en scène ne soient là que dans une optique expérimentale, afin d’apporter une touche d’originalité à l’action sans qu’on puisse mettre une véritable justification dessus. Néanmoins, d’autres essais sont plus convaincants, ne serait-ce l’épisode du festival scolaire avec l’apparition très dérangeante d’Akahito pour pourra même donner quelques sueurs froides aux spectateurs, ou encore le dixième épisode qui explore le passé de Yûko en associant le point de vue visuel à celui de la jeune fille pour un rendu là aussi très déroutant.

Le manga Dusk Maiden of Amnesia offre son lot de fan-service à travers le personnage de Yûko, un élément repris et maximisé par l’anime qui est vouée à toucher le public le plus large possible. L’accent est donc mis sur les séquences frivoles mais aussi les quiproquos amoureux qui donnent l’impression que le triangle autour de Teiichi est un point fort de l’intrigue alors qu’il n’apparaît que mineur dans le manga. Dans cette optique, l’ultime épisode s’en donne à cœur joie, n’hésitant pas à faire d’Okonogi un personne au fort sex-appeal, ce qui est invisible sur le format papier.

La dernière touche d’originalité vient de la fin donnée à la série qui, s’achevant avant le titre de MAYBE, a dû se trouver une conclusion sans toutefois trop s’éloigner de la version d’origine. Le juste compromis semble avoir été trouvé puisque dans les faits, l’anime se termine comme le manga et seule l’ambiance apportée et quelques petits éléments scénaristiques diffèrent, par exemple l’importe de Yukariko qui est grandement réduite dans l’anime. L’une des séquences finales entre Teiichi et Yûko est pourvue d’une mise en scène forte et d’idées d’écriture efficaces qui apportent une grande émotion et donnent alors les ambitions de l’adaptation animée qui, à l’instar du manga mais en changeant bien des points, a cherché à raconter une belle histoire d’amour sur fond de surnaturel.





L’anime Dusk Maiden of Amnesia offre alors une expérience à la fois fidèle au manga tout en changeant nombre d’éléments et en en supprimant certains pour créer une identité qui lui est propre. Les enjeux des deux supports sont très similaires mais l’anime a pour mérite de tenter quelques expériences visuelles, parfois curieuses mais bien souvent audacieuses. Un anime promotionnel qui développe une vraie patte artistique tout en ne laissant pas son intrigue sur un air d’inachevé, voilà une courte série d’adaptation comme on aimerait en voir plus souvent.
  
  
  


© Maybe / SQUARE ENIX CO., LTD.

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News