Dossier manga - Dusk Maiden of Amnesia

Reader Rating 18.50 /20

Sommaire

Publié le Vendredi, 12 Febuary 2016


Folklore japonais et horreur nippone


Dusk Maiden of Amnesia s’inscrit dans un style horrifique typiquement nippons que ceux qui ont déjà vu quelques célèbres œuvres du cinéma du Pays du Soleil Levant pourront aisément reconnaître. Il est en effet très simple de comparer l’œuvre du duo MAYBE à des récits comme The Ring ou The Grudge qui reposent sur un schéma très similaire. L’horreur, elle est présente par une entité entourée de mystères qui ne demandent qu’à être résolus. Dans le cas de Yûko Kanoe, le fantôme qui hante le collège Seikyô, la créature provoque l’angoisse des personnages mais pas forcément celle du lecteur qui n’est que rarement terrifié par le récit en lui-même. En revanche, il est pris de questionnements et d’intérêts pour toutes les énigmes qui se cachent derrière la mort de la jeune fille, un peu comme Sadako suscitait notre envie de découvrir la vérité à son sujet. On ne doit donc pas prendre Dusk Maiden of Amnesia comme une œuvre terrifiante comme pourrait nous terrifier un film d’horreur occidental ou un tueur en série impitoyable, tout est très caractéristique de l’horreur japonaise et ses multiples codes. Ainsi, les grandes énigmes de l’œuvre reposent, entre autre, sur les sept mystères de l’établissement Seikyô, ce qui renvoie à une pratique récurrente au Pays du Soleil Levant : les légendes urbaines. Yûko est ici le sujet de différentes histoires occultes qui terrifient bien des élèves en même temps qu’ils sont amusés, des récits qu’il n’est pas rare de voir véhiculés dans les manga scolaires. La série n’est donc pas effrayante au sens propre du terme, difficile de la conseiller à quiconque souhaiterait avoir une expérience de lecture horrifique et éprouvante. En revanche, il est vrai que l’œuvre développe une atmosphère d’étrange à partir des récits de fantômes et tout un folklore qu’on ne peut trouver que dans des récits nippons.





D’un bout à l’autre, Dusk Maiden of Amnesia repose sur un ésotérisme capable de nous dépayser à tout instant et qui n’a rien à voir avec des histoires de fantômes que l’on pourrait attribuer aux lieux hantés de notre hexagone. Esprits vengeurs, âme sacrifiée, bruits de couloir sur des salles de classe maudites… On retrouve un esprit propre à la culture du pays berceau du shintoïsme et cela se ressent à travers bien des aspects. Il demeure un nombre de caractéristiques très spirituelles, liées aux rites nippons et son respect de puissances divines sans nom, des architectures qui renvoient aux lieux de prière et à un Japon vieillot, des paysages noyés dans les fleurs de cerisier et une ambiance qui oscille entre l’angoisse et l’intimiste, la peur profonde des esprits dont on pense qu’ils nous veulent le plus grand mal et la mélancolie d’un passé perdu.

Le personnage de Yûko nous intéresse alors tout particulièrement puisque la représentation du personnage oscille entre deux univers, l’un symbole de l’épouvante et de ces créatures mystiques et terrifiantes que l’on trouve dans le folklore nippon, et l’autre celle d’une simple jeune fille en quête de son passé, une simple amnésique qui aimerait savoir qui elle est vraiment. On peut ainsi dire que MAYBE confronte deux visions de la spiritualité, celle qui apparaît comme terrifiante et fait les plus célèbres histoires d’épouvante, et une autre qui cherche à développer le fantôme comme une simple créature humaine dépourvue d’enveloppe charnelle mais qui, à l’instar de tout être humain, a besoin de connaître sa place dans le monde qui l’entoure.

Pour ces raisons, Dusk Maiden of Amnesia développe des atmosphères bien différentes et ce bien que l’esthétique globale reste fidèle aux récits d’horreur japonais que nous venons d’évoquée en long, en large et en travers. C’est aussi pour ça qu’il est difficile de considérer l’aventure de Teiichi et Yûko comme un manga d’épouvante stricto sensu. L’œuvre de Maybe peut effrayer, notamment par rapport à une pate graphique que nous évoquerons plus tard, mais elle peut aussi attendrir et se limiter à une histoire humaine lorsqu’elle présente certains de ses aspects.
  
  
  


© Maybe / SQUARE ENIX CO., LTD.

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News