Devilman - Actualité manga
Dossier manga - Devilman

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Sommaire

Publié le Vendredi, 25 December 2015


La fin du monde est pour bientôt ?


L'Apocalypse, la menace de la fin de l'humanité... Rien que ça. Tel est l'un des grands thèmes que Gô Nagai se propose de revisiter au fil des cinq tomes de Devilman.

Et sa série, dans cette optique, commence de façon marquante, par un premier chapitre quasiment muet, et aussi terrible que fascinant, où le mangaka nous plonge dans les temps anciens, où les dinosaures et de ravissantes créatures ressemblant à des fées semblent cohabiter... jusqu'à l'émergence de créatures difformes et maléfiques, les Démons, qui commencent à tout anéantir sur leur passage. Empalés, démembrés, dévorés, les êtres vivants se trouvant sur leur chemin ne résistent pas. Mais bientôt, une étrange entité apparaît pour, visiblement, sceller les créatures démoniaques. Dès les premières pages, l'auteur donne parfaitement le ton. Bien que muet, ce prologue est parfaitement compréhensible et tire alors toute sa puissance de la verve graphique de son auteur. Nagai se donne à fond, offre dans ces premières dizaines de pages des planches riches et denses où l'on assiste avec effroi au massacre de ces lumineuses femmes ailées par les Démons. Les premières pages en couleurs sont éblouissantes et installent l'ambiance, les Démons sont dotés de designs tous aussi répugnants et effrayants les uns que les autres, le gigantisme de la situation ressort très bien, et déjà les questions se bousculent dans la tête du lecteur... Qui est cleui qui sembla avoir scellé les Démons ? Que se passerait-il si ces derniers resurgissaient à notre époque ? Effroi suscité par les Démons, violence, gigantisme, parfum de fin du monde : le ton est posé d'emblée.

Mais après de nombreux millénaires de calme, des chercheurs dans les années 80 réveillent bien malgré eux le mal... Ce n'est alors que le point de départ d'une longue chute, celle qui risque de mener l'être humain à sa perte. Et l'auteur, chapitre après chapitre, s'applique alors à faire monter la tension petit à petit, au fil des différents affrontements de Devilman contre les démons bien sûr, mais aussi au gré de nombreuses petits réflexions, notamment de Ryô qui nous apparâit bien mystérieux dès le début. Affirmation que le temps des humains est bientôt révolu, que leur pire faiblesse les conduira à une mort certaine... Il y a dans ces paroles un parfum de prédiction qui entretient efficacement la crainte de l'inévitable issue...





L'horreur et le désespoir, palpables



Le jeu sur l'ambiance


Le climat d'angoisse, face à une fin du monde humain qui paraît quasiment inévitable, est alors bien installé. Un parfum d'horreur, sur lequel Nagai joue beaucoup.

Il y a, en premier lieu, les nombreuses révélations qui commencent à poindre dès le tome 1 via Ryô Asuka, celui par qui tout commence pour Akira. Les recherches de son père, le Professeur Asuka, sont on ne peut plus inquiétantes. Juste avant de mourir, son poids a doublé inexplicablement, événement qui titille déjà le sentiment d'incompréhension et donc d'angoisse du lecteur. Puis Ryô fait mention à Akira de la découverte d'un objet terrifiant, que l'on ne tarde pas à découvrir : un masque, qui semble avoir été créé il y a fort longtemps, par des entités non-humaines... le vocabulaire très percutant utilisé par Ryô (« terrifiant », etc) ainsi que l'aspect hideux et effrayant du masque font leur effet, et les informations concrètes qui arrivent alors sur le réveil prochain des Démons n'en sont que plus efficaces, d'autant que le mangaka s'applique a bien tout expliquer. S'ils ont vraiment vécu par le passé, pourquoi n'a-t-on jamais retrouvé de fossiles d'eux, comme pour les dinosaures ? Tout simplement parce qu'ils ne sont pas morts, mais sont longtemps restés endormis dans les glaces des pôles. Et les légendes de créatures monstrueuses comme les loups-garous ou les vampires trouveraient-elles leur origine là ? Il pourrait bien s'agir de fusions de démons avec des loups, des chauve-souris... Ajoutons à cela, entre autres, quelques références à des mythes mayas (bien connus pour leurs théories de fin du monde), et l'on obtient un résultat qui, grâce à sa cohérence et à sa façon de ratisser large dans les nombreuses légendes de l'humanité, n'apparaît que plus plausible aux yeux du lecteur.

S'installant petit à petit, l'effroi de cette situation au parfum d'Apocalypse prend toute son envergure quand arrive la "cérémonie" visant à perdre la raison pour fusionner avec le démon. Car avant d'avoir une chance de sauver l'humanité, les deux garçons doivent déjà commettre de terribles sacrifices d'innocents (et qu'on se le dise, les hippies prennent cher) dans un premier vrai festival de sang et de violence, où Nagai revisite avec une certaine force le concept du Sabbat.

On note qu'en bon amateur de cinéma, Gô Nagai, pour entretenir comme il se doit l'ambiance, utilise également nombre de procédés qui ont quelque chose de très cinématographique. En voici quelques exemples. Attention, même si j'ai évité de prendre des exemples trop parlants, certaines planches peuvent révéler quelques petits rebondissements de la série !

Et évidemment, il vous suffit de cliquer sur les images pour les agrandir.

La première altercation d'Akira et Ryô avec un démon se veut déjà très marquante : au bout d'une petite course-poursuite face à un ennemi démoniaque dont Akira et le lecteur ignorent encore quasiment tout à ce moment, les deux garçons s'enferment. Sur l'image ci-dessous, Nagai offre un superbe plan où Ryô poursuit ses inquiétantes explications, tandis que l'on voit à travers la fenêtre la créature se rapprocher dans des gestes effrayants.



La suite de cette séquence est très efficace : le conversation entre les deux garçons se poursuit en se faisant de plus en plus inquiétante, tandis que chaque case voit le démon se rapprocher un peu plus de la fenêtre : une sorte de « compte en rebours » avant que la créature n'arrive, où la tension va crescendo.

De manière générale, Nagai se montre plus d'une fois amateur de ce genre de procédé où l'on sent une menace s'accentuer voire se refermer sur les personnages. Dans les images suivantes, c'est l'innocente Miki qui, sans s'en douter, alors qu'elle va prendre tranquillement son bain, devient la proie d'un démon. Ici, un procédé devenu un classique : le miroir, où l'on voit le reflet de Miki s'écarter peu à peu de ce qu'il est censé être...



Puis la menace sur la pauvre jeune fille s'intensifie encore, par exemple avec cette planche où le démon, hors-champ, ne laisse apparaître que ses bras suivant l'adolescente de plus en plus près... A cet instant, la menace et l'impression que la demoiselle ne peut en réchapper sont plus fortes que jamais.



Ci-dessous, l'insistance sur la folie qui s'est emparée du père de Ryô : un jeu d'ombre avec petit effet de zoom. Son visage, d'abord gardé dans l'ombre et que l'on devine uniquement via ses lunettes, finit par se dévoiler de façon marquante, son regard inquiétant finissant en pleine lumière. Puis sur la planche encore en dessous, un simple décor : le travail sur le contraste du noir dominant et du blanc des objets, ainsi que le cadre typique d'un film d'horreur (un parc en pleine nuit où l'on n'entend que le bruit des balançoires), installent une ambiance inquiétante, qui laissent deviner l'approche d'une menace.




Cette fois-ci, la domination du noir sur la double-page ci-dessous fait ressortir les flammes, les silhouettes et les visages fous des hommes s'étant lancés dans l'horrible « chasse aux démons ». L'inquiétude provoquée par l'obscurité ne fait que ressortir encore mieux la corruption qui s'est emparée du coeur des hommes.



Gô Nagai semble beaucoup aimer le jeu sur les contrastes noir/blanc, et les utilise également pour faire ressortir les tourments de ses personnages, comme c'est le cas ci-dessous, avec un clair-obscur se focalisant exclusivement sur la réaction d'inquiétude d'Akira au moment de sa découverte du masque.



La planche ci-dessous est, pour moi, l'une des plus marquantes de la série : il s'agit de celle où Akira découvre la mort de la petite Sachiko. Le visage triste de Sachiko en clair-obscur, s'éloignant un peu plus à chaque case, symbolise sa tragique disparition ainsi que le fait qu'Akira ne pourra jamais la sauver, tandis que le fond noir présent sur toute la page accentue l'aspect tragique ainsi que la perte de repère d'un Akira désespéré. Les onomatopées de la dernière case accentuent à merveille la cruauté, l'angoisse et le désespoir de la scène.



Autre exemple d'utilisation du contraste blanc/noir sur cette planche en apparence si simple, avec son effet rappelant des ombres chinoises. Elle symbolise la perte de repère définitive d'Akira/Devilman dans l'objectif qu'il est censé mener.



La planche suivante utilise elle aussi les contrastes blanc/noir, mais y mêle le symbolisme : les feuilles tombant de l'arbre prennent le relais des larmes qui commencent à couler chez Akira.



Une autre technique que Nagai utilise pour faire ressortir l'aspect tourmenté de ses héros : un effet de zoom insistant sur l'alliance à la fois forte et dramatique d'Akira et Ryô dans le tome 1. une façon percutante de souligner leur souhait d'affronter ensemble les Démons.



Enfin, et je ne mettrai pas d'image ici pour être sûr d'éviter de trop gros spoils, l’attaque de la maison de la famille Makimura dans le dernier tome semble s'inspirer directement d'un passage du film culte La Nuit des morts-vivants de George A. Romero, tant la mise en scène utilise les mêmes choses. Seule différence : les zombies sont ici remplacés par des humains... qui sont sans doute encore plus horribles que ces morts-vivants.


Ultraviolence : l'horreur trash


A travers ces nombreux mythes et légendes qu'il se réapproprie plus ou moins profondément, mais aussi via son travail de mise en scène qui a fait école, Gô Nagai parvient donc à instaurer efficacement une ambiance horrifique... à laquelle il rajoute évidemment ses visuels tout aussi horribles.

Le gore est omniprésent dans la série, l'oeuvre se veut ultra violente, et elle se fait un plaisir de repousser constamment les limites de l'époque... car, vous l'aurez compris en lisant sa biographie, le jeune Gô Nagai n'était certainement pas du genre à se fixer des limites de bienséance et à rentrer dans le moule.
On va éviter ici les images, sachez simplement que le mangaka n'épargne rien ni personne : femmes, enfants et autres innocents y passent aussi, à coups de mutilations horribles, de décapitations barbares et de nombreuses autres joyeusetés... Quand on sait que Nagai s'est inspiré de la Divine Comédie dont les descriptions de châtiments ont fait date, et que ses dessins trouvent l'inspiration dans les gravures que Gustave Doré a effectuées, on comprend, aisément d'où vient toute cette horreur visuelle.

Dans l'optique d'une horreur très visuelle, Nagai titre pleinement parti de son concept de fusion. Cette capacité qu'ont les démons de pouvoir fusionner avec d'autres éléments, ou d'autres créatures humaines ou animales. Les fusions démons-hommes sont évidemment au cœur de l'intrigue et offrent trois possibilités : il y a d'abord les humains incapables de résister aux démons et se faisant littéralement absorber par eux, puis les humains qui meurent avant même que la fusion n'ait réussi, et ceux qui, comme Akira, ont une âme suffisamment pure pour que celle-ci résiste au démon et l'absorbe, pour faire ainsi un Devilman, un « homme-démon » parfait.
Mais au-delà des fusions avec les humains, ce sont les fusions avec les éléments et les autres êtres vivants qui entretiennent l'horreur visuelle, tant ce simple concept permet à Gô Nagai une infinité de possibilités pour proposer des démons horribles.



On peut par exemple retenir Gelma, l'acolyte de Sirène qui est capable de ne faire qu'un avec l'eau et va se servir de cette terrible faculté pour s'attaquer à Miki dans son bain, ou encore les démons fusionnés avec un poulpe, un serpent de mer, etc... attaquant nos héros. Cela permet aussi à Nagai quelques utilisations légèrement détournées, comme ce démon se servant d'araignées pour contrôler les autres adolescents du lycée sans fusionner avec eux. Et l'une des figures démoniaques les plus horribles et cruelles de la série est sûrement Jinmen, démon-tortue ne tuant pas ses victimes quand il les dévore, mais faisant temporairement d'elles une part de sa carapace pour ressentir leur douleur et se sentir détesté. Enfin, il y a évidemment ce nombre incalculable de démons qui ne font qu'apparaître et auxquels le mangaka s'applique toujours à offrir des physiques hideux, improbables, difformes.



En somme, le concept permet nombre de possibilités, qu'en seulement 5 tomes Nagai n'exploite pas forcément toutes en profondeur, mais qu'il ne manque jamais d'utiliser pour bien faire ressentir toute l'horreur que peuvent susciter les démons.
Inutile, alors, de préciser que ce climat d'horreur ne fait qu'exploser encore plus dans les deux derniers tomes, dès lors que l'être humain devient lui-même la source de toutes les angoisses... A ce titre, Gô Nagai, dans le dernier tome, se permet encore plus de libertés quant au physique de ces humains en proie à la folie. Ci-dessous, une case qui, esthétiquement, traduit la perte d'humanité des « chasseurs de Démons » à travers des physiques humains torturés, qui n'ont finalement plus grand chose d'humain.



Enfin, on ne peut parler des transformations d'humains en démons et d'humains en « inhumains », sans évoquer les transformations d'Akira en Devilman, toujours nourries par les émotions qu'il a en lui : la tristesse, la haine, la rage, le désespoir... Ces scènes laissent rarement indifférent.




Certaines œuvres horrifiques jouent plutôt sur l'ambiance, sur l'atmosphère, tandis que d'autres préfèrent jouer la carte du trash, du gore, de la violence. Devilman mêle les deux, et y a ajoute cette sombre incursion dans les pires tréfonds de l'âme humaine, plutôt inédit en manga à son époque.


Les personnages de Devilman



Un héros tourmenté


C'est dans cette ambiance qu'évolue le personnage principal, Akira Fudô, quelque part lui aussi assez inédit à son époque. Les héros vertueux sont alors évidemment légion, et les anti-héros existent déjà, certains ayant marqué eux aussi en profondeur l'histoire du support (pour rester dans le même magazine de prépublication que Devilman et à peu près à la même époque, on peut simplement citer Joe Yabuki, le personnage principal d'Ashita no Joe, dans les premiers tomes détestable).

Mais Gô Nagai offre sa propre vision de personnage central tourmenté.

Tout d'abord en exposant dès le tome 1 deux facettes opposées de son personnage : premièrement l'adolescent effacé, faible et lâche du tout début, deuxièmement le jeune homme fort et confiant qu'il est devenu dès la fin du premier tome après sa fusion avec le démon Amon. La construction du tome 1 est d'ailleurs maligne, en ceci que les dernières pages du volume, où Akira et Miki retrouvent la bande de Roku, font directement écho au passage similaire du début, afin de mettre en exergue le changement qui s'est opéré chez le jeune garçon.

En somme, deux facettes différentes et à l'opposé l'une de l'autre... Mais entre les deux, qu'y a-t-il ?

On comprend dès le tome 1 le côté désormais très instable d'Akira, dû à la fusion avec le démon Amon. Une instabilité qui pourrait clairement le faire basculer dans les pires horreurs, car plus d'une fois il dégagera une furieuse envie de se battre, voire un certain plaisir dans le fait d'éliminer les ennemis... Une soif de sang héritée d'Amon. Pourra-t-il alors conserver sa mainmise sur le démon qui est en lui ? Parviendra-t-il à conserver son cœur humain ? Sera-t-il apte à protéger l'humanité dans ces conditions ?
C'est l'une des grandes interrogations animant constamment la série, car chaque nouvel affrontement ne fait que plonger un peu plus le jeune garçon dans ses tourments, dans ses craintes, dans sa peur de perdre ce qui lui reste d'humanité. On peut citer l'affrontement contre Jinmen où résonne fortement son incapacité à sauver la vie d'une personne chère, et plus encore tout le final qui le plonge évidemment dans ce mélange de désespoir et de haine que tout lecteur de la série aura en mémoire. On tient là un personnage central torturé à travers toute la déferlante de drames et de violence qui l'accablent.


Amitié passionnée, destins liés


Mais Akira Fudô ne serait rien sans sans celui qui, d'un bout à l'autre, conditionne finalement son destin. Son ami, son allié, sa némésis. Celui par qui tout a commencé, et celui par qui tout finira. Ryô Asuka, c'est un peu tout ça à la fois.

Car l'un est indissociable de l'autre, dès le début, où l'on ressent une amitié fidèle entre les deux garçons, Akira acceptant sans beaucoup hésiter d'accompagner Ryô dans la lutte qu'ils s'apprêtent à mener. Même s'ils risquent d'être seuls contre tous les ennemis. Même si l'échec de la fusion signifierait que l'un devra tuer l'autre. Et même si Asuka sent bien que quelque chose a changé chez Ryô pendant son absence.

Ce n'est que le point de départ de deux destins inévitablement liés, où Nagai laisse doucement deviner la nature à part de Ryô. Les connexions qu'il ressent quand Akira est en danger. La nature de ses sentiments qui évolue et trouve un élément déclencheur à travers la « rivale » Miki lors d'une scène à la plage. Des indices, amenant peu à peu vers une dernière ligne droite où les deux destins sont plus que jamais liés... et opposés. Mais nous n'en dirons pas plus.





Des personnages secondaires symboliques


Autour de lui gravitent des personnages qui ont quelque chose d'assez symbolique.

Amie et amour d'Akira, Miki Makimura détonne à son époque où les figures de femmes fortes sont encore assez difficiles à imposer. Douée en baston (elle fait du karaté) et assez courageuse, elle joue un rôle assez actif, et est éloignée d'une figure de potiche classique. Sa beauté, son caractère, sa spontanéité en font une figure de féminité attirante qui Nagai n'hésite pas non plus à mettre en valeur dans sa nudité. Mais son mélange d'amour pour Akira et de naturel font surtout d'elle l'ultime figure à laquelle notre héros peut se raccrocher pour ne pas perdre son humanité. En ce sens, elle est sans doute, aux côtés de son petit frère Tare, la plus marquante et dramatique figure d'innocence de la série.

A l'opposé, que ce soit dans le camp des humains ou des démons, certaines figures véhiculent totalement haine, violence et cruauté. Les exemples sont nombreux. Côté démons, on peut nommer Jinmen bien sûr, ainsi que la plupart des créatures que doit affronter Devilman, ou tout simplement le Roi Zénon. Côté humains, il y a évidemment tous ces hommes se laissant aller à leurs pulsions violentes et meurtrières dès que la peur s'est emparée d'eux, en haut desquels se trouve la figure de Rainuma, le professeur enclenchant la lutte contres les Démons, et l'aveugle Chasse aux Démons en forme de Chasse au Sorcières.

D'autres figures humaines intéressantes sont celles de la bande de Roku, puis de Miko. Loubards assez mauvais et violents au début, les gars emmenés par Roku finiront par dévoiler une tout autre facette, au point de devenir des alliés fidèles qui ne trahiront jamais celui qui les a sauvés. Quant à Miko, jeune voleuse martyrisée par des connaissances loubardes, elle est une certaine figure de pureté elle aussi bafouée par la guerre entre humains et démons, marquée dans sa chair, à cause de ce conflit, par un démon dont elle ne peut s'extraire.

Enfin, du côté des démons, il y a Sirène et Caym, les meilleures exemples de l'ambivalence de ces créatures. Au-delà de sa rage et de sa haine vengeresse envers celui qui a absorbé le démon qu'elle aime, Sirène est d'une beauté qui ne peut que captiver, et montre envers Amon un amour montrant que les démons, au-delà de toute leur violence, de leur respect de la loi du plus fort et de leur soif de sang, sont également capables de sentiments que l'on dit humains. De par son sens du sacrifice envers celle qu'il a toujours admirée, Caym ne fait que confirmer cette impression.


Le Bien, le Mal ?


Des humains supposés bons devenant mauvais sous l'emprise de la peur, d'autres d'abord mauvais devenant de fidèles alliés, des victimes innocentes, des barbares...

Des démons foncièrement cruels et sanglants puisque c'est dans leur nature, d'autres laissant deviner des émotions et sentiments que l'on n'aurait pas forcément devinés...

Un héros partagé, tourmenté entre les différentes facettes de sa personnalité...

Mais alors, dans quel camp est le Bien ? Le Mal ? Gô Nagai brouille efficacement les pistes, dans ce conflit, a le mérite de ne pas offrir de réponse profondément manichéenne. Quand l'être humain devient le pire des démons pour lui-même, difficile de faire mieux. Finalement, les Démons de Devilman sont surtout des représentations des tares humaines.
  
  
  


DEVIL MAN © 1972-1999 Go Nagai

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