Dossier manga - Détective Conan

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Sommaire

Publié le Jeudi, 20 Febuary 2014


La série animée

 
 
Au-delà de l’œuvre originale de Gosho Aoyama, Détective Conan est aussi devenue une franchise animée au succès important. Si le manga a réussi à acquérir une grande notoriété au fil des années, la série animée qui en est dérivée est parvenue elle aussi à s'imposer dans la culture otaku des japonais, peut-être même davantage, sa diffusion télévisée étant particulièrement suivie et assurant des taux d'audiences importants à la chaîne qui la diffuse.

La série animée fit son apparition sur le petit écran en 1996, à peine deux ans après le début du manga. Initialement, rien ne portait à croire que Détective Conan connaîtrait le succès qu'il a aujourd'hui et surtout qu'il durerait pendant plus de 20 ans. L'adaptation n'hésitait ainsi pas à prendre ses distances avec le manga, installant une ambiance plus orientée vers le jeune public que le support papier et évitant autant que possible les références à l'intrigue principale tournant aux mystérieux hommes en noir au-delà du premier épisode. Chaque épisode était par ailleurs considéré comme un stand-alone, parfois au prix de nombreux sacrifices en terme de développement des intrigues et de rythme.

Le succès s'installant, la direction suivie par la série animée a commencé à changer, se rapprochant davantage de l'esprit du manga qui s'était lui-même considérablement assombri au fil du temps. Une étape décisive du rapprochement entre les deux versions arriva au stade où l'auteur Gosho Aoyama introduit le personnage d'Ai Haibara et où il commence à développer davantage son intrigue principale. A ce stade, l'adaptation animée prit le parti de suivre aussi fidèlement que possible l’œuvre originale, devant même revenir sur certaines intrigues où les libertés prises pour supprimer la présence des hommes en noir entraient désormais en totale contradiction avec les récents développements du manga.

L'apport de la série animée à l'univers de la franchise est toutefois important, car, à mesure que les deux versions progressaient en parallèle, Gosho Aoyama décida d'en introduire certains éléments dans son manga, ces derniers devenant ainsi une partie intégrante de la mythologie. C'est notamment le cas de certains personnages crées à l'origine dans la version animée tels que l'inspecteur Wataru Takagi (qui est par ailleurs nommé d'après son seiyu) et le commissaire-adjoint Shiratori qui donnaient un nom et un visage aux hommes accompagnant le commissaire Maigret sur ses enquêtes, l'auteur décidant de les intégrer quand il voulut développer davantage cet aspect de son titre.

En France, la série animée a d'abord été diffusée sur Cartoon Network en 2004 avant d'arriver sur France 3 l'année suivante. Bien qu'ayant marqué certains spectateurs, la série n'est pas vraiment parvenue à trouver son public, peut-être à cause d'une adaptation française jugée peu sérieuse qui édulcorait l'esprit de la série en modifiant les dialogues et en censurant la violence (le sang, un couteau planté dans le dos d'une victime...) au point presque d'en perdre la cohérence de certaines affaires.

La série connut dans un premier temps une édition dvd de courte durée comprenant les montages censurés. AB entreprit par la suite de la ressortir sous la forme d'une édition intégrale non-censurée comprenant les montages originaux accompagnés de la version japonaise sous-titrée en plus de la version française. Hélas, cette édition ne connut pas le succès escompté et elle ne dépassa pas la sortie d'un unique coffret contenant les trente premiers épisodes.
  
  
    
     
    

L'adaptation cinématographique

 
 
En parallèle de la série animée, Détective Conan fit aussi l'objet d'une longue série annuelle de films dérivés qui débuta dès l'année 1997, un an après le début de la diffusion de la série, au rythme d'un film par an généralement. Ces adaptations sont conçues comme de véritables longs-métrages d'une durée variant entre 1h30 et 2h, présentant une histoire intégrale généralement indépendante des récents développements du manga (à de rares exceptions). L'auteur Gosho Aoyama est par ailleurs directement impliqué dans la production de ces films, supervisant généralement le développement de l'histoire et apportant diverses contributions personnelles ainsi que certaines idées.

Les cinq premiers opus de cette saga cinématographique sont parus en France chez l'éditeur Kaze dans une édition dvd qui ne réussit malheureusement pas non plus à trouver vraiment son public en dépit de leur grande qualité.

Le premier de ces films, intitulé Le Gratte Ciel Infernal, est inspiré par le film Une Journée en Enfer (Die Hard With a Vengeance). Conan y est confronté à un poseur de bombes qui l'entraîne dans un jeu de pistes mortel à travers la ville, lui livrant des indices sur les lieux des explosions par téléphone.

La 14ème Cible parut un an plus tard. Cette fois, le film présente les aspects d'un polar où notre jeune détective se trouve confronté à un tueur en série s'attaquant à des personnes de son entourage et laissant des cartes à jouer derrière son passage, prenant la forme d'un étrange compte à rebours. Ce film s'intéresse par ailleurs au passé du détective Kogoro Mouri dans la police et sa séparation avec sa femme, l'avocate Eri Kisaki, dévoilant ainsi une part d'ombre importante de la mythologie de la série.

Le Magicien de la Fin du Siècle est un film cross-over opposant Conan à Kaito Kid, le héros de Magic Kaito, déjà présenté occasionnellement comme un adversaire de notre héros dans la série et dans le manga. Plus axé sur le fan-service, le film fait intervenir un large casting de personnages populaires du manga qui participent ensemble à une étonnante chasse au trésor à la recherche du secret de l'oeuf impérial des Romanov, tout en étant confrontés à un assassin international dissimulé dans leur groupe.

Mémoire Assassine présente quant à lui un épatant thriller psychologique où un audacieux tueur en série sème la terreur dans la ville en assassinant des inspecteurs de police en plein jour, mettant à mal la hiérarchie. Une sale affaire qui implique peut-être certains hauts-gradés, un scandale qui salirait durement l'image de la police japonaise. Ran, qui a assisté à l'un de ces crimes et qui a vu le vrai visage de l'assassin, est désormais visée par le tueur, mais le traumatisme l'a rendu amnésique. Alors que la jeune fille tente de retrouver la mémoire avec l'aide de ses proches, Conan doit la protéger d'un adversaire déterminé à tout mettre en oeuvre pour l'éliminer. Un film noir au suspense puissant qui est considéré par beaucoup comme l'un des bijoux de cette saga cinématographique.

Enfin, le cinquième film intitulé Décompte aux Cieux, sorti dans les salles japonaises en 2001, assume cette fois la dimension d'un film catastrophe avec une histoire directement inspirée de La Tour Infernale qui voit nos héros pris au piège d'un gigantesque incendie dans des tours jumelles qui font la fierté de la nation, alors qu'ils assistaient à une réception où avait eu lieu un meurtre. Ce film met en avant la psychologie du personnage d'Ai Haibara tout en faisant intervenir les mystérieux hommes en noir, l'organisation criminelle du manga, qui sont à l'origine de l'incendie visant à éliminer la jeune fille. Ce film, très impressionnant et spectaculaire en dépit d'une intrigue policière très secondaire servant presque de prétexte à sa dimension catastrophe, précéda de quelques mois à peine les tragiques événements du 11 Septembre. Un exemple qui nous rappelle combien il est parfois facile pour la réalité de rejoindre la fiction malheureusement.

Reconnue pour sa qualité exceptionnelle et ses ambitions rares pour une saga cinématographique dérivée d'une franchise animée, ces films sont rapidement devenus de grands succès commerciaux annuels, à l'image d'autres franchises populaires telles que One Piece ou Pokémon, confirmant ainsi le statut culte de Détective Conan comme une oeuvre institutionnelle profondément ancrée dans la culture otaku. Si cette saga cinématographique se poursuit toujours au Japon avec pas moins de 18 longs-métrages auxquels vient s'ajouter un spin-off cross-over avec la série Lupin III (Edgar de la Cambriole), malheureusement seuls les cinq premiers sont arrivés en France où la licence rencontre des difficultés à s'installer, sa réputation étant plus connue que l'oeuvre elle-même.
  
  

MEITANTEI KONAN by Gosho AOYAMA © 1994 by Gosho AOYAMA / Shogakukan Inc.

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