Claymore - Actualité manga
Dossier manga - Claymore

Note des lecteurs 19.50 /20

Sommaire

Publié le Vendredi, 03 Juillet 2015


L’organisation, créatrice des plaies du monde


Maudit soit le fruit de mes entrailles ! Un jour, tu maudiras tes enfants. Organisation, matrice du sang maudit qui pullule dans les veines des claymores, des démons et des exaltés. Mère de tous, ô toi qui cultives la haine, le sang et les tripes de tes enfants. A force d’abus sur tes enfants, ceux-ci se rendront coupable de matricide. Mais lequel de tes enfants en ressortira vainqueur ? Une nouvelle ère s’annonce, le sens-tu ô Mère. 

Toi, la première qui a goûté au fruit du pêché. A chaque fois que l’un de tes enfants se rebellait, tu réussissais malgré tout à t’en sortir. En créant une nouvelle génération de claymores, en continuant d’expérimenter, de faire des mélanges jusqu’à faire naître des êtres surpuissants. Mais ils devaient être contrôlables, soumis pour le profit de la Mère et rien que de la Mère. Si ce n’était pas le cas, la chose était simple. La suppression. Mais pourquoi, dans quel but, Mère cupide ?

Le chef actuel de l’organisation se nommerait Rimto. L’organisation est composée de tous ces hommes en noir, petits et moches, cachant leur jeu dans un seul but. Mais la situation vous échappe. A moins que... Vous comptez sur vos nouveaux joujoux. Vous avez enfin trouvé votre arme ultime. Alice et Beth. Les actuelles n° 1 et n° 2 de la hiérarchie des claymores. Des jumelles, l’une capable de s’exalter et l’autre capable de contrôler l’état psychique de sa sœur. Elles sont prêtes à défier Isley du Nord et Riful de l’Ouest, les derniers abyssaux en vie. Le gagnant semble tout désigné. L’organisation a tout planifié. Vraiment ? Mais, alors que votre plan d’action est mis en route, vous apprenez juste l’existence de sept survivantes, de Priscilla, celle qui a dépassé les abyssaux et la fusion difforme et étrange entre Raphaëlle et Lucielle, l’ancienne abyssale du Sud. Qu’allez-vous faire face à ce contretemps ?

Mais cela est une autre étape. Une étape que devra franchir de lui-même le lecteur. Les clés lui sont données, mais c’est à lui d’ouvrir la porte et d’y voir ce qui s’y cache. Une porte laissant déjà transparaître du sang qui coule jusqu’à ses pieds. A lui de franchir le pas. A lui de découvrir l’origine des claymores et des démons mais, surtout, la source de l’organisation. Quel avenir, quelle fin s’offriront à tous les protagonistes encore vivants, prêts à livrer l’ultime combat ? Il est certain que tout se jouera entre les abyssaux, l’organisation, Priscilla et nos sept survivantes. Autant d’acteurs pour une guerre qui s’annonce sans concessions. Une nouvelle ère est-elle à notre porte ? Ouvrez et nous verrons.

Claymore nous a démontré toute la richesse de son univers et toutes les nuances de son humanité. Quand le mal et le bien se confondent, cela donne simplement la réalité rugueuse et belle à la fois, tout autant cruelle que bienveillante. Il y eut un temps où on comparait souvent Claymore à Berserk. Il est vrai que ces deux séries sont toutes deux liées par la dark fantasy, par les démons, par le mélange entre le bien et le mal, par un passé qui ronge son héros ainsi que bien d’autres choses. Mais les points communs s’arrêtent là. Les deux titres se séparent là. Le déroulement de l’histoire est différent, les enjeux ne sont pas les mêmes, les conséquences, les liens, les personnages se distinguent. La première série se termine, l’autre ne se termine pas encore. Claymore a sa propre vérité, crue, fatale mais surtout rebelle. L’œuvre brille de sa propre originalité, de son propre univers, de sa propre qualité. Une œuvre dont on veut en manger les tripes, tels des démons qui bavent devant l’un des meilleures mets de son existence. Une fois que l’on comprend le sens global du titre, son goût ne peut qu’en être des plus délectables. 





Graphisme et édition grignotés


Les claymores. Autant femmes que démons, aussi laides que belles ? Il n’y a nul besoin de le cacher, c’est une évidence, le coup de crayon de Norihiri Yagi a de quoi déstabiliser. Il n’a rien de banal ni ne ressemble à aucun autre. Et c’est en croisant pour la première fois le regard de Claire que l’on en aura la certitude. La manière avec laquelle l’auteur dessine les visages, notamment, à de quoi déboussoler, repousser peut-être dans un premier temps. Pourtant, un peu de temps, c’est justement ce qu’il faut pour apprécier le trait du mangaka. Car c’est au fil des volumes que l’on prend véritablement conscience de la qualité avec laquelle Yagi croque son œuvre.

Dépeindre avec sobriété et sans fioritures superflues la part humaine du monde de Claymore pour mieux retranscrire la monstruosité de son aspect démoniaque, voilà sans doute comment il serait possible de qualifier le travail graphique du mangaka. Les personnages qui peuplent le monde de Claymore ne sont en effet jamais extravagants, adoptant un style tout ce qu’il y a de plus réaliste, donnant à l’œuvre un aspect tangible. Dans un univers de dark fantasy tel que celui au sein duquel prend place l’œuvre, c’est un choix qui se révèle souvent judicieux. Et il l’est d’autant plus dans le cas présent qu’il permet d’apporter une mise en valeur d’autant plus grande aux ennemis que devront affronter Claire et ses compagnes. Le design des exaltés, ou même des simples démons, est souvent inventif et à propos, venant conférer un aspect particulièrement sombre et inquiétant à Claymore. Ces créatures, pourtant cauchemardesques, nous apparaissent dès lors immédiatement plus palpables, plus réelles. Comme prêtes à nous dévorer à la première occasion venue. Cependant, s’il était question un peu plus haut de la sobriété avec laquelle l’auteur réalise ses personnages, cela ne signifie pas pour autant un manque de diversité, bien au contraire. S’il y a bien un élément qu’il ne faut pas négliger, c’est le travail considérable qui a été effectué pour rendre chacune des claymores rencontrées uniques. Uniques non seulement de par leur apparence, mais aussi et surtout parce que cette dernière ne s’arrête pas à un aspect purement physique. A travers les coups de crayons qui viennent coucher chaque guerrière sur le papier, c’est également une personnalité qui transparait. Une personnalité singulière que l’on pourra bien souvent ressentir d’un simple regard.

Outre ces qualités évidentes, le graphisme de Claymore trouve également sa force au sein de la mise en scène que nous propose l’auteur. Les combats seront légions et, bien souvent, particulièrement plaisants à suivre. Le trait naturellement fin de Yagi lui donne la possibilité de réaliser des planches parfois riches en détails, parfois plus épurées, mais toujours empreintes d’une lisibilité sans faille. Ce constat s’avérera d’autant plus jouissif au fur et à mesure que l’on progressera dans la série. Car bien vite, les rixes ne se contenteront plus de faire intervenir deux opposants, mais bien davantage. Cela, sans que la qualité des planches n’en pâtisse le moins du monde. Grandiloquence et précision, tout en conservant à chaque instant une atmosphère particulière, un aspect proche de la réalité, mordant, qui nous entraine au cœur d’un monde hostile et ravagé, excessivement violent. Voilà ce qu’évoquent les pages de Claymore. Et à cela vient s’adjoindre une narration rythmée et un découpage sobre qui permet de régulièrement mettre en valeur l’action, de mettre en avant les personnages qui y prennent part. Les décors, quant à eux, s’inscrivent dans le ton du récit. Des terres désolées, des villes dépouillées, de sombres forêts. Autant de paysages austères pour nous transporter dans un monde qui nous attire tout autant qu’il nous glace le sang. 

Norihiro Yagi possède donc indéniablement une patte qui ne laissera pas indifférent et qui s’avèrera diablement maitrisée. Si quelques légers errements au niveau des proportions, par exemple, apparaissent de temps à autre dans les premiers tomes, on est bien vite face à quelque chose d’abouti. De très abouti, même. Quelque chose qui plait bien plus qu’on aurait pu le croire au premier abord. La marque d’un coup de crayon riche d’une personnalité propre, en somme.

Et pour mettre tout cela en avant, Glénat nous propose une édition tout à fait correcte qui s’inscrit dans la lignée de ce à quoi l’éditeur nous a habitué.


Dérivés/L’anime dégustés


Comme cela avait été évoqué au tout début de ce dossier, si Claymore doit sans conteste son succès à sa version papier originelle, la version anime n’en demeure pas moins une réussite, elle aussi. Cette dernière a été produite en 2007 par le studio Madhouse et compte 26 épisodes de 23 minutes chacun. Le studio n’en était bien évidemment pas à son cas d’essai puisque c’est à lui que l’on doit, par exemple, l’adaptation de Nana, de Black Lagoon, de Monster, Death Note ou plus récemment, de Chihayafuru pour n’en citer que quelques-unes. Bref, il y a de belles références. Le réalisateur qui s’est chargé de cette adaptation n’est autre qu’Hiroyuki Tanaka, qui a également travaillé sur un dérivé de Code Geass. Et au chara-design, c’est Takahiro Umehara que l’on retrouve. Auparavant, ce dernier avait déjà officié sur l’anime d’Enfer et Paradis.





Quoi qu’il en soit, la version anime de Claymore suit le début du manga avant de proposer une conclusion différente qui reste toutefois dans le ton de la série. Cette divergence dans l’intrigue s’explique aisément par le fait qu’à l’époque de la parution de l’anime, la version papier, elle, était encore loin, très loin d’être terminée. Toujours est-il que la série a été diffusée durant l’année 2007 sur NTV au Japon, et qu’elle est disponible chez nous aux éditions Kaze. En 2011, deux coffrets reprenant chacun 13 épisodes sont parus. Fin 2012, c’est une édition intégrale qui a vu le jour puis, un an plus tard, une seconde version (slim) de cette intégrale est parue.

Si l’anime est sans nul doute le dérivé le plus intéressant de Claymore, il n’est pas le seul pour autant. En effet, outre quelques figurines de Claire, dont notamment une produite par Megahouse, et quelques autres produits parmi lesquels on peut retrouver un jeu de carte, des  autocollants, et autres sacs, l’œuvre de Norihiro Yagi a également été déclinée en jeu vidéo. En 2009, la Nintendo DS a en effet accueilli un jeu d’action/aventure nous permettant de prendre le contrôle de Claire.


 
  
  
  

CLAYMORE © 2001 by Norihiro Yagi / SHUEISHA Inc.

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