Dossier manga - Cantarella

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Publié le Jeudi, 28 October 2010


Une narration surprenante

 
Il suffit de lire le premier tome de Cantarella, et c’est pareil pour tous les volumes de la série, pour se rendre compte d’une absurdité étonnante. En effet, pris séparément, chaque opus nous raconte énormément de choses, avec de grands retournements de situations, de grands bouleversements. Les informations affluent, les oppositions aussi et l’histoire évolue semblerait-il à une allure folle … alors que si l’on récapitule, au bout de dix tomes, l’intrigue n’a pas bougé autant qu’on le pensait. C’est la magie de Cantarella, qui fait paraitre des petits riens comme un gros ensemble conséquent, mais au final peu indigeste puisque pas véritablement majeur. On expliquera par là que l’intrigue principale avance lentement, se concentre sur de grands axes qui n’évoluent que peu dans chaque volume, alors que les passages secondaires qui captivent toute notre attention sont légion. Une narration surprenante, donc, mais totalement réussie ! Cela permet de ne jamais nous ennuyer durant la lecture, tout en n’étant pas assommée sous les informations et les révélations. D’ailleurs, les volumes assez fins se lisent pourtant avec une rapidité étonnante … Un dosage quasiment parfait entre la précipitation et le calme, ce qui rend le tout extrêmement dynamique et porteur. Les puristes pourront toutefois regretter, en prétextant que l’auteur s’égare en de nombreuses digressions peu utiles, alors que celles-ci donnent du relief aux personnages et nous permettent de nous focaliser chaque fois sur quelque chose de nouveau. L’évolution secondaire est alors primordiale pour suivre le contexte politique et religieux instauré dans cette Italie du XVème siècle, bien que cela aussi soit assez trompeur. En effet, on parle beaucoup des intervenants dans un conflit d’intérêts, du roi de France opposé au Pape, des alliances … Mais tout cela est au final très largement secondaire, il ne s’y passe pas tant de chose que ça sauf au moment de redonner un coup de fouet à l’aspect historique du manga, et l’on se demande parfois qu’est-ce que ce-dit environnement a de si primordial, si ce n’est pour nous situer vaguement dans les périodes de l’histoire sur une histoire qui a pour priorité bien d’autres choses.

On notera également que la dynamique du récit se tient grâce à la pléiade de personnages dans Cantarella. De nouveaux visages affleurent tout le temps, d’autres disparaissent comme ils sont venus, d’autres encore deviennent rapidement indispensables. On en retient alors que les principaux, et les noms se perdent souvent dans les esprits au fur et à mesure de la lecture, si bien que certains dialogues mentionnant tel ou tel protagoniste pourront échapper à certains. Beaucoup de détails, de fioritures, d’intervenants inventés pour se concentrer uniquement et mettre en valeurs les acteurs principaux du manga. Les autres ne comptent qu’un instant, et c’est un point que l’on aura souvent du mal à suivre, tant il faudra s’accrocher pour mémoriser tous les visages et surtout leurs noms aux sonorités assez semblables. Quant aux rôles de ces personnages parfois si peu importants, il est bien difficile de les retenir et donc de comprendre à chaque fois l’impact qu’un dialogue peut avoir sur l’histoire, sur la politique nationale ou sur les intérêts de ses dirigeants. Le dernier point qui rend la narration étonnante, c’est la surprise qu’elle apporte. On n’attendait par exemple pas du tout que Chiaro s’attache autant à Lucrèce et s’y accroche contre vents et marées et en souffre autant. Étrange que cette affection que l’on s’attendait d’avantage voir naitre entre le beau blond et son ancien maître, ce qui n’arrive pas, nous surprenant jusqu’au dixième tome et actuellement dernier paru. On croyait bien plus à un renouveau entre les deux héros, qui auraient selon toute logique dus se retrouver rapidement et former à nouveau une paire unie qui préserverait ainsi César … Mais rien ne se passe vraiment comme on le pensait, et l’auteur arrive ainsi à sortir des sentiers battus dans ce genre d’histoire … Même si l’on espère bien un retournement de situations dans les deux derniers tomes, bien que l’Histoire réelle de César Borgia ne nous réserve que peu de chance d’y croire, avec la fâcheuse attention de You Higuri à coller à la réalité pour ce qui est du déroulement du destin de ses personnages.
   
  
  
 

CANTARELLA © 2001 YOU HIGURI (AKITASHOTEN JAPAN)

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