Dossier manga - Yuu Watase - Première partie

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Sommaire

Publié le Jeudi, 15 April 2010


Trois fondateurs...

  
Avant de parler de ce qui caractérise l’auteur, dans son originalité et ses stéréotypes, il faut aborder certaines œuvres qui sont le pilier de sa carrière, celles qui posent les bases de ces mêmes invariants dont on reparlera par la suite. Notamment les trois séries les plus en vogue mais aussi les plus fondatrices du genre de la mangaka : Fushigi Yugi, les deux titres existants et Ayashi no Cérès.
   

Fushigi Yugi, première pierre d’une longue carrière


La première véritable série de l’auteur, Fushigi Yugi - un jeu étrange-, est aussi celle qui lança son succès, que ce soit au Japon ou en France. Les dix-huit volumes permettent au lecteur de s’immerger totalement dans la mythologie propre à l’histoire, puisque c’est apparemment le sujet principal, au vu du scénario et du déroulement de l’intrigue. Watase porte beaucoup d’attention à cette légende chinoise où les dieux, les étoiles et les prêtresses cohabitent gaiement. Pour faire simple, disons que l’auteur se base sur la saga des quatre dieux qui maintiennent l’ordre dans leurs régions respectives. Ils sont tous soutenus par une prêtresse venue en des temps instables d’un autre monde pour sauver la région menacée, en invoquant le dieu protecteur à l’aide de ses sept étoiles pour formuler trois vœux. Les dieux sont ceux de la légende, à savoir le dragon -élément du bois- alias Seiryu, la tortue Gembu représentant l’eau, le phénix de feu Suzaku et enfin le tigre blanc comme le métal, Byakko. Dans un premier temps, c’est Suzaku et Seiryu qui sont mis à l’honneur, par l’affrontement entre Miaka et Yui, bien que la prêtresse de Byakko apparaisse furtivement dans le récit. Ces dernières sont deux lycéennes plutôt ordinaires, Miaka étant même quelque peu éloignée de l’image qu’on s’en faisait. En effet, on pourrait presque dire sans mentir que l’héroïne n’en est pas une … Miaka n’a rien de bien sympathique, au premier abord. Elle est exclusive, avide de nourriture, influençable, trop réactive et surtout, elle manque cruellement de courage pour la réalité de son quotidien. Les obstacles de son monde l’effrayent, elle se réfugie dans le livre afin d’échapper aux petites contrariétés sachant que, le temps étant bien plus lent dans son monde d’origine que dans le livre, elle peut passer beaucoup de bons moments dans son exutoire avant de retrouver tel quel ce qui la tracasse. Miaka va alors apprendre à grandir, à affronter des réalités qui, même si elles n’existent que sur le papier, la préparent à son quotidien qu’il faudra un jour retrouver. Il est facile de se dire que dans le livre, les examens ne la poursuivent pas, et que les reproches de sa mère ne l’atteignent pas. Cependant, ce n’est pas comme cela que l’on peut se construire, et Miaka passe alors pour une adolescente pleine de lâcheté, de faiblesses et de défauts. Ce qui la rend plus accessible, quelque part. Si seulement son âme de grande romantique devant l’éternel ne gâchait pas tout … Miaka exaspère lorsqu’elle fuit l’amour, qu’elle renonce un court instant avant de replonger, faisant tourner en bourrique le pauvre Tamahomé. Elle malmène ainsi son compagnon qui au final le lui rend bien, jouant de ses sentiments sans même s’en rendre compte. Mais le plus bel exemple qui fait de Miaka un bien piètre modèle, c’est sans doute sa capacité à piétiner les émotions qui ne la concernent qu’indirectement. En brisant maladroitement les espoirs d’Hotohori et de Nuriko, elle condamne deux cœurs à chercher ailleurs source de réconfort, et à se complaire dans le rôle du bon ami. Seulement, donner de faux espoirs est passablement cruel, même pour une jeune fille désorientée. Surtout que Miaka n’a aucune excuse concernant Yui, qu’elle ne comprend pas ni n’accompagne dans sa douleur. Elle aura beau s’excuser, la jeune fille n’a d’aucune façon su prévenir le drame, écouter son amie et panser ses plaies. Bref, l’image même de la copine qu’on aime bien connaître pour s’amuser, mais c’est tout.

Il faut reconnaitre, en premier lieu, que l’exploitation de la légende faite par l’auteur a quelque chose de brillant. Tout en gardant l’esprit shojo, aventure légère et sans tomber dans l’historique ou le documentaire, Watase parvient à monter de toutes pièces un monde qui tient la route malgré quelques problèmes d’écoulement du temps, en créant un nombre de personnages conséquent, relatif aux différentes étoiles des prêtresses. Certains sont d’ailleurs tout à fait originaux, avec leurs particularités comiques ou touchantes, au sein de l’équipe de Suzaku mais également dans le camp ennemi, aux côtés de Yui. L’idée de base est alors excellente, et dépasse de loin les petites adaptations ou reprises de légendes qui sont parfois faites par ailleurs. La mangaka parvient à adapter ses idées à un pilier solide d’informations mais aussi de contraintes. Le tableau assez réaliste -dans le fantasque- qu’elle dresse, séduit au-delà des attentes, et permet de lancer la réputation de Watase auprès des fans de plusieurs pays. Dernière grande savoureuse remarque à faire sur ce titre … Il faut admettre que Fushigi Yugi aborde, tout en restant dans la narration, la réalité de certaines choses et de plusieurs sentiments. Même si l’auteur est complètement à côté sur le thème de l’amour, l’amitié, la solidarité, la trahison, la beauté des rencontres sont autant de points parfaitement développés dans la série. On retrouve alors souvent quelques larmes dans les avis des lecteurs, tant certains passages savent être émouvants sans trop de dramatisme. La mort, notamment, est représentée avec une force particulière, qui inscrit le scénario dans notre réalité, au-delà du monde de la fiction. L’histoire entre dans notre propre environnement, nous attire à elle et nous oblige à ressentir avec elle la force de ses composantes. Comme si le lecteur aussi, au début, était aspiré dans le livre … Mais pas pour longtemps. Malheureusement, tous ces points en faveur de Fushigi Yugi ne suffisent pas à camoufler les défauts qui ne s’y cachent même pas. Dans la forme, on déplore déjà des longueurs à n’en plus finir. L’histoire principale s’achève au tome treize, lorsque Miaka et Yui se retrouvent enfin. Clore ici la narration aurait été une idée judicieuse, étant donné que les derniers volumes sombraient déjà quelque peu vers le bas. Mais la suite n’est qu’un tissu de mièvreries, avec la réincarnation des amoureux dans un monde actuel, mais Suzaku qui revient avec le besoin de retrouver sa force dans l’amour des jeunes gens, et un méchant sorti de nulle part. Bref, du blabla pour rien qui ne fait que desservir la série, la rendant à la fois ridicule et franchement décevante. Malheureusement, il ne suffirait pas de rayer ces cinq tomes inutiles de la série pour en faire un chef d’œuvre. En effet, Watase débutant un peu dans les grands récits, on se retrouve avec une vision non seulement clichée d’un amour adolescent mais également beaucoup trop poussée. Les sentiments éternels débarquent de nulle part, Miaka tombant amoureuse d’un regard et restant fidèle à celui qui passe son temps à la fuir, à la retrouver … Un cache-cache amoureux s’instaure, n’existant que pour rallonger la série et plaire aux lecteurs. Un tissu de boniments qui fait rêver les jeunes filles en mal de prince charmant, mais qui décevra tous les autres. Bref, une partie du récit qui ne s’adresse qu’à une minorité tandis que le reste pourrait passionner bien plus de monde ! Enfin, on peut regretter la dimension bien trop légère que l’auteur insuffle à la mort de ses personnages. Bien que les représentations des scènes morbides soient poignantes, la symbolique de la mort en elle-même n’existe pas, et les divagations de l’auteur sur les réincarnations enlèvent toute sa force à la narration. L’impact de ces moments tragiques s’atténue fortement, laissant une grande déception et un goût amer dans la bouche. Bien loin de sublimer ses personnages, Watase leur prend sans hésiter ce qui les rend beaux dans la mort, au moins autant qu’ils l’ont été dans la vie.

Pour un premier essai, l’auteur s’en sort plutôt bien, en alliant complexité, réalité et humour. Cependant, tout ce qui concerne la relation amoureuse des deux protagonistes principaux est décevant voire souvent ridicule. Reste alors le plaisir de se plonger dans un conte mythologique, de faire la connaissance des charismatiques étoiles de Suzaku et surtout, surtout, d’oublier les épanchements de la mangaka qui ne fait que rallonger sa série bien inutilement sur presque un tiers du titre ! C’est la volonté de l’auteur à promouvoir les fins heureuses qui gâche quelque peu le tout, l’amenant alors à instaurer plusieurs arcs pour ne laisser aucun lecteur dans le doute que l’amour véritable est plus fort que tout … A part les rêveuses naïves ou très jeunes, on ne peut décemment pas apprécier la série pour ce qu’elle est pendant les dix huit opus. Le plongeon dans le ridicule se fait de plus en plus insistant, et les rallonges scénaristiques voilent l’intelligence d’un scénario cohérent et pertinent.
       
    
   
   
   

Ayashi no Cérès, l’épopée sanglante

  
Récit plus mature de l’auteur, c’est certainement, avec Sakuragari (récemment sorti), l’œuvre la plus sérieuse de la mangaka. Fushigi Yugi y allait de sa force, mais on n’y retrouvait pas la petite dose d’horreur, de malsain et d’adulte qu’Ayashi no Cérès dégage. Aya est bien plus évoluée que Miaka dans ses réflexions et ses choix, elle va plus loin dans les conséquences de ses actes et dans la responsabilité de ses décisions. De plus, si l’on retrouve certains rebondissements tirés par les cheveux, la narration est moins lourde que celle de la précédente œuvre de la mangaka, le récit est plus aisé et les points importants du scénario ne se précipitent pas pour être casés dans à peine la moitié du titre. Le rythme dynamique est soutenu et parvient à nous intéresser durant toute la série, avec cette envie d’aller plus loin, de découvrir ce qu’il se passe au-delà des apparences et de ce que les personnages veulent bien nous livrer au goutte-à-goutte. On retrouve cependant ce qui a fait la force de Fushigi yugi, à savoir une solide base mythologique, des idéaux bien placés et pas de manichéisme trop soutenu lorsque l’on apprend à connaitre les diverses figures du titre. Watase reprend le mythe bien connu de la nymphe céleste qui vient se baigner sur terre, abandonnant un court instant sa robe de plume sur la berge d’un lac. Un humble chasseur / pêcheur / bucheron / … passe par là et, instantanément séduit par la beauté de la dame, lui vole son vêtement. Il passe alors un pacte avec elle, qui consiste à lui rendre son habit sans lequel elle ne peut pas retourner au ciel, si elle accepte de devenir sa femme. Mais le jeune époux n’a aucune envie de laisser sa femme partir, et il en deviendra possessif, jaloux et paranoïaque, sans remarquer les tendres sentiments que sa femme a réellement fini par ressentir. Bref, une histoire sans trop de complications, normalement. Sauf que quand Watase s’en mêle, c’est tout son scénario qui s’enflamme. L’auteur a l’excellente idée de s’approprier la légende et de la remettre au goût du jour, dans notre époque contemporaine avec un lien ténu avec le passé. En faisant d’Aya la réincarnation de Cérès, la nymphe trompée, l’auteur joue sur les deux tableaux et alterne leurs personnalités lorsqu’Aya faiblit ou refuse la réalité. Mais c’est surtout la science dans le mythe qui passionne. Le conte est redécouvert à partir des gènes, les descendantes de nymphe étant recherchées partout pendant qu’Aya court après la robe de plume tout en devant affronter sa famille, son frère jumeau et son propre cœur qui balance vers Toya, un employé de ceux qui lui veulent à présent du mal.

Évidemment, la romance entre Aya et Toya est tout aussi décevante que celle entre Miaka et Tamahomé, puisqu’eux aussi se courent après, séparés par leurs conditions et leurs buts. On y retrouve le destin qui unit deux êtres alors que l’amour, c’est un peu plus compliqué que ça. Les grandes phrases, les projets ad vitam aeternam et tout le tralala, alors que dans le trio amoureux classique, le meilleur ami a bien plus de raison de finir heureux ! Mais dans tous les cas, l’auteur privilégie un couple sans intérêt, jusqu’à précipiter un peu les choses entre eux. On pardonne cependant bien volontiers cette maladresse, tant le reste sait se montrer à la hauteur de nos espérances. Une fois l’amourette en place, de nombreux personnages gravitent autour des héros, et leurs comportements sont pour le moins passionnants. On oscille alors avec habileté entre le récit de science fiction et une narration se focalisant sur les émotions humaines et les interactions entre chacun. Ne serait-ce que par le lien qui unit Aya et Aki, on a une multitude de sentiments et de réactions passionnantes. Les jumeaux se découvrent ennemis jurés, et chacun doit lutter contre une part de lui-même. Aki contre le fondateur de la lignée Mikagé, celui qui veut posséder la nymphe à nouveau, et Aya contre sa gentillesse, sa foi en son frère et sa confiance en leur unité. Enfin, on remarque assez vite qu’Ayashi no Cérès est l’œuvre la plus noire de l’auteur. L’épopée d’Aya a beau être complexe, Watase explique clairement ses avancées dans l’horreur de la réalité, et instaure petit à petit un climat assez malsain, au milieu d’un humour bien moins lourd et omniprésent que dans Fushigi yugi. Bref, c’est un véritable combat de tous les instants que ce manga propose, à la fois physiquement et moralement. Car il faudra qu’Aya surmonte les déceptions, trahisons et meurtrissures de la vie qu’elle a choisi de mener à bien. Cette dose de poignant, parfois même de sanglant, apporte au récit quelque chose de plus, cette maturité que l’on cherchait tant, et permet à tout lecteur d’apprécier vraiment ce titre, malgré les mièvreries de la romance principale. Watase est extrêmement douée pour proposer des personnages secondaires, afin que nous puissions nous y plonger pour oublier les figures principales du scénario. Comme si elle avait conscience de l’aspect indigeste de ses histoires d’amour …
     
    
 
  
  

Fushigi Yugi, deuxième round

   
Si dans Fushigi Yugi premier du nom on suit les aventures des prêtresses de Suzaku et Seiryu, et que l’on aperçoit celle de Byakko, Takiko a droit à une série spéciale, dédiée à Gembu. C’est la première prêtresse à faire irruption dans le monde du livre, bien que Watase ait écrit ce titre bien plus tard, sous le succès rencontré lors de la première série. Le principe est le même, mais la réalisation est bien plus satisfaisante ! Déjà, la demoiselle prend son temps pour trouver ses étoiles, et elle a d’ailleurs du mal à toutes les réunir, étant donné les obstacles qui se placent enfin sur sa route … La narration est alors plus fluide, et moins concentrée sur le début pour s’étaler un peu, pour notre plus grand plaisir. Le problème étant que, chaque tome ayant un intérêt certain, la parution est très lente et il faut attendre toujours plus pour connaitre la suite des aventures de Takiko. Entre ses problèmes de santé et ses différentes séries menées tambour battant, Watase ne peut suivre un rythme soutenu de parution, pour le plus grand malheur de ses fans français. Au Japon comme en France, la série reste bloquée à neuf tomes en tout et pour tout. Mais le suspense n’est pas un reproche, bien au contraire. Ici, la mangaka répond à nos espoirs en partant d’une bonne idée de base, puisque le conte du livre est toujours apprécié, même s’il paraît répétitif, et en accordant plus d’importance à ses personnages. Chaque étoile a droit à un passé, un avenir, une personnalité et une attention particulière. Le contexte dans lequel Takiko rallie les étoiles à sa cause est très important dans le récit, puisque cela permet d’appréhender les protagonistes, d’apprivoiser leurs caractères, étant donné que par la suite, on les voit beaucoup moins. La rapidité de l’engrenage ne laisse en effet pas toujours place à tous les états d’âme que l’on connait, et l’environnement politique est suffisamment bien monté pour intéresser, saisir les intérêts et buts de chacun, ainsi que les liens qui unissent les personnages et justifient les comportements de tous.

A noter aussi, l’histoire d’amour entre Takiko et Rimudo, malgré quelques dérapages mielleux, est bien moins lourde que celle de Miaka et de Tamahomé. Certes, on sent comme un goût de sucreries pâteuses dans certains tomes où leurs conditions et leurs sentiments forment le seul évènement du volume. Mais la plupart du temps, cela reste très supportable, d’autant plus qu’il n’y a pas encore eu de rebondissements tirés par les cheveux. De plus, les sentiments qui évoluent en parallèle éclipsent un peu cette douceur mièvre. La rencontre avec Nanamé, avec la sage Anloo, le passé d’ Hikitsu et Chamka, celui d’Inami, la souffrance de Rimudo … Autant de passages excellents, sur un ton un peu plus sérieux. En effet, le petit frère a su tirer son épingle du jeu en limitant les passages humoristiques aux passages opportuns, afin de sublimer le reste sans prendre le pas sur la véritable histoire. Enfin, le lien à la réalité est moins maladroit puisque Takiko, si elle aussi fuit quelque chose, reste très attachée à son monde. Sa relation avec son père a quelque chose de plaisant, plus intéressant que la peur de Miaka de rater ses examens. Dans les derniers tomes, le tout est parfaitement exploité, suffisamment pour faire hésiter Takiko, au vu de sa relation instable avec Rimudo. On apprécie d’ailleurs beaucoup cet aspect incertain qui, sans verser dans le cache-cache amoureux ou le « je t’aime, moi non plus », ne se projette pas encore dans un futur radieux et dans l’idée de l’amour surpuissant, dépassant toutes les difficultés. Bref, Gembu c’est une série plus posée, reprenant les bons aspects de Fushigi Yugi senior et corrigeant les défauts les plus flagrants. S’il reste un peu trop de bons sentiments et d’amour, très présent, l’histoire de la prêtresse en elle-même et de son combat contre le camp ennemi prend d’avantage d’importance que le reste. Et ça, c’est vraiment plaisant. Mettre au premier plan ce qui aurait du l’être dès le début est une nouveauté inattendue que l’on espérait plus. Watase semble, dans cette série, avoir trouvé un équilibre délicat entre les différentes composantes de son travail. Reste la lenteur de la parution qui cause du tort à une série qui a encore beaucoup de choses à montrer...
     
   
    
    
     

Alice 19th, un compromis entre deux genres

    
Ce qu’il y a d’intéressant avec Alice 19th, c’est sa capacité à appartenir à la fois au style plus ancien et plus sombre de la mangaka et à ses nouveautés, plus insouciantes et légères. Tout le début de la série se concentre sur la romance sucrée d’Alice et de Kyo, alors même que sa sœur s’y intéresse aussi. La rivalité entre les deux jeunes filles est sympathique, et le concept qui reprend l’Alice et son lapin blanc de Lewis Carroll amusant. De plus, l’excellente idée de faire des mots des armes puissantes et dévastatrices frôle elle aussi la limite. L’importance des phrases que l’on prononce est en soi une idée gentillette, mais la représentation des combats d’Alice contre elle-même et contre les sentiments des autres est bien plus sombre que prévue. Cela reste tout à fait anodin, mais au fur et à mesure, les maaras, ces mots qui blessent, sont violents, et la fin de la série, même si objectivement mal traitée, dessine des monstres et autres figures peu avenantes. Beaucoup plus sucré et enfantin qu’Ayashi no Cérès, la représentation de certains passages du titre égale toutefois le sombre récit des aventures d’Aya Mikagé. On ne sait plus trop sur quel pied danser, et c’est sans doute cela qui dessert totalement la narration, alors incertaine et maladroite. Les tenues de combats et la lumière qui jaillit de nulle part s’adressent aux jeunes fans de magical girls, tandis que le discours sur l’importance des mots et les ennemis intérieurs d’Alice visent d’avantage un public plus enclin à réfléchir. Voilà donc une série qui aura du mal à trouver son public et qui, par son paradoxe trop affiché, nous amène à le laisser entre deux eaux, et entre les deux parties de ce dossier.
        
      
          
               
            

© by Yuu WATASE / Shogakukan Inc.

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