Dossier manga - Soul Eater

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Sommaire

Publié le Vendredi, 02 September 2011


( ?! Il m’a semblé un instant voir Excalibur… Non, j’ai dû me tromper… J’espère… Bon, reprenons… ***coups d’œil inquiets***)
 
 

This is the strength of my soul!


Cette plongée dans un univers un peu gothique et notre rencontre avec des personnages complètement psychotiques ne doit pas nous faire oublier que nous ne sommes pas seulement dans un shônen un peu psychédélique. Les combats ont leur importance et ne sont en rien une partie mineure de l’œuvre.
Des affrontements pas seulement physiques, mais aussi psychologiques. Les ennemis utilisent la peur, la folie, la démence, comme des armes à part entière. La connexion entre les deux âmes des partenaires devient donc indispensable pour faire face, et donne un aspect presque brut aux joutes. La connexion entre les deux partenaires tient plus de la symbiose qu’autre chose, un peu à la manière de Zatch Bell, mais poussé à un niveau encore plus profond. Aucun personnage ne peut se prétendre le seul héros de l’histoire (même pas Black Star), et chacun possède son style, qui s’harmonise avec celui de son partenaire, meister ou arme. De fait, si un des partenaires flanche, l’autre en subira aussi les conséquences. Si c’est le meister qui combat, l’arme a pour mission de soutenir son partenaire grâce à la force de son âme. Une excellente idée, rarement poussée aussi loin, qui tient au base du nekketsu, mais ramené à un niveau plus visuel au niveau des sentiments qui animent les personnages, et quelque part, plus crédible ? Comme lorsqu’on voit carrément la forme des âmes de certains personnages avant qu’ils n’entament les hostilités.

Comme mentionné au début du dossier, le découpage des planches est vraiment très vif et imaginatif, quasiment cinématographique. L’auteur ose les angles de caméra, recherche un certain style dans ses affrontements, varie les techniques pour chaque personnage, et soigne l’entrée des nouveaux venus, particulièrement les ennemis. La résurrection du Grand Dévoreur est un moment superbe, dérangeant, et très bien mis en scène, comme tout ce qui précède cet instant.
 
 


 
Les pouvoirs aussi sont très travaillés. Ceux de médusa et ses serpents d’énergie sont particulièrement redoutables (comme ceux de la plupart des sorcières), notamment avec l’utilisation d’autres capacités en combo, qui en font à la fois un adversaire physique, tactique et psychologique. La capacité de ressentir les âmes et de les attaquer directement constitue également une arme inhabituelle et puissante. L’envoi de sa longueur d’âme, spécialité de Stein et de Black Star, fait penser au principe des attaques au chi, mais adapté au principe des âmes. Chaque meister possède en fait son propre style, et sa façon d’aborder les combats, qui le rendra plus ou moins efficace contre certains types d’ennemis. Un gars comme Black Star se ferait rétamer contre une sorcière comme Arachné, alors que Maka lui tiendrait tête. Inversement, cette dernière ne ferait pas le poids contre un adversaire comme Mifune, qui utilise surtout des coups physiques et est très rapide. Chacun possède ses forces et ses faiblesses, ce qui est bien normal. De plus, chaque arme démoniaque étant différente, l’approche des affrontements doit l’être aussi. L’ennui et la répétition ne nous guettent jamais dans ce titre, surtout compte tenu du nombre de protagonistes et de duos démoniaques. Sans compter que tous grandissent en puissance et en maturité.
Les âmes des partenaires peuvent aussi entrer en résonnance afin de débloquer de nouveaux pouvoirs (assez efficaces et impressionnants), ou faciliter le travail en équipe quand plusieurs meisters travaillent de concert. Soul notamment est capable de connecter les âmes environnantes à Maka grâce à un piano installée dans son monde intérieur, quand il se transforme en faux. La musique, un symbole en soi et adapté à la série, une autre facette de l’âme humaine, capable peut-être de nous toucher plus en profondeur que quoique ce soit d’autre en ce monde et de nous relier aux autres. Et peut-être la meilleure arme pour empêcher l’âme de sombrer dans les ténèbres les plus noires.

Soul Eater possède un rythme très musical à sa façon, et très épique aussi. Les personnages sont un peu poseurs, prennent le temps de se fixer, de se regrouper, sans perdre leur temps en parlotte inutile qui ne ferait que ralentir le rythme. Les montées en puissance sont réellement jouissive, les coups finaux portent bien leur nom, et on ressent une espèce de satisfaction quand un ennemi puissant vient d’être terrassé, comme lorsqu’on vient de terrasser un boss particulièrement coriace dans un jeu vidéo. Bref, un shônen de combat dans toute sa splendeur, et sans aucun doute parmi ce qui se fait le mieux en matière de découpage, de lisibilité et de divertissement.

 
 
 
 

Animated Soul


Une adaptation animée est semble-t-il un moteur important dans la notoriété d’une série, dépassant souvent en terme de popularité générale la version papier. Soul Eater n’échappe pas à la règle quand on considère que la plupart des gens font référence à l’anime quand ils entendent le nom du titre.
Même si en ce qui me concerne, une version animée aussi bonne soit-elle ne remplacera jamais une version papier de qualité, je dois avouer que l’adaptation de Soul Eater semble de bonne facture. L’opening a du punch, l’animation semble fluide, et le choix des couleurs est bien dans le ton de la série originale, et l’esprit semble grosso modo respecté. L’animé reprend en gros le déroulement du manga, mais conclut la série définitivement avec l’arc Arachné, en faisant affronter le Grand Dévoreur aux élèves de Shibusen, un peu à la manière de Claymore, qui apportait sa propre conclusion pendant que la version papier se poursuivait.
 
 
  
 
 

Words have Soul too


Une particularité de Soul Eater est d’être également rempli de références de toutes sortes, mais toujours bien pensées. Que ce soit au niveau des noms des personnages, des attaques, rien n’est laissé au hasard. Shibusen, l’école des meisters et des armes démoniaques, est situé à Death City (facile à comprendre), lui-même situé dans la Death Valley (vallée de la mort) aux USA, dans l’état du Nevada. Nevada signifiant « couvert de neige » en espagnol, et par extrapolation, symbolise donc une contrée où rien ne pousse, où tout est mort.

Medusa Gorgon renvoie à la fameuse gorgone de la mythologie grecque, extrêmement mortelle et capable de pétrifier ses ennemis grâce à son regard terrifiant. Elle se distingue notamment de par sa chevelure constituée de serpents, caractéristique présente dans la Medusa de Soul Eater avec la multitude de serpents d’énergie qui grouillent dans son corps. Notons aussi son apparence terrifiante une fois qu’elle se montre sous son vrai jour, la gorgone de la légende grecque étant aussi d’une laideur repoussante par intermittence, du fait d’une malédiction.

Le personnage de Mifune, le samouraï à la technique des sabres infinis, renvoie bien entendu à « Yojimbo » (litt. Garde du corps), le film d’Akira Kurosawa et son acteur principal Toshiro Mifune. Donner l’explication du Docteur Franken Stein serait un affront. Le Vajra, l’arme du Grand Dévoreur, est l’arme la plus puissante de la mythologie hindoue et est issue directement du corps d’une divinité, de la même façon que dans le manga. 
Les armes possède de facto de par leur nature un rapport vital avec la mort, et représente un style d’assassinat et de mise à bas, profondément lié au personnage qui les manie. Faux pour une fille sérieuse et classique comme Maka ; armes diverses pour un pro et un vantard comme Black Star ; flingues pour coller au style un peu parrain de Kid ; pots aux pouvoirs chamaniques pour l’afro-américain Kirik, etc.
En somme, rien n’est laissé au hasard, et ça fait plaisir de voir un auteur intégré avec discernement des influences diverses, et non pas juste pour le plaisir de la référence facile ou faire croire qu’il a fait des recherches.
Les mots ont un pouvoir bien à eux sur l’âme et sur notre perception du monde, il ne faut pas l’oublier, et les thèmes développés dans le titre sont le bon moment pour le rappeler.




Eh là, Maraud, tu me sembles avoir bien peu de mémoire et de capacité de concentration. Aurais-tu oublié ma noble personne, en la présence d’Excalibur et la grande légende d’Angleterre qui y est attachée ? Je le vois bien, j’étais là tout du long à te surveiller. Je vais donc rattraper cet écart.
 


AAAAAH, NON, comment il a fait pour revenir, lui !? Chers lecteurs, pour votre santé mentale, il est conseillé de sauter le passage en italique qui suit ! Faites-moi confiance !

Ma légende débute au XIIème siècle.

Tout commence par une belle journée d’été, la chaleur du soleil venait caresser les pores de ma douce peau immaculée…
Ah, attendez, je crois que nous étions déjà en automne, le fond de l’air était légèrement frais… À cette époque, je me comportais comme un vrai margoulin, tous les délinquants  de la ville étaient mes amis et les filles se battaient pour emporter mes faveurs. Enfin, je crois bien que c’était l’été, car il faisait sacrément chaud… Si je devais faire mon introspection, je dirais qu’à l’époque, je n’étais pas tout à fait comme aujourd’hui. J’étais vif comme une lame bien aiguisée et certainement très élégant… Vous allez me dire : « Mais c’est toujours le cas ! » Mon élégance et mon tact ne me permettent pas de vous contredire, cependant, je suis persuadé que par le passé, j’ai parfois agi à l’encontre des bonnes mœurs. Et mon histoire
a débuté par une élégante journée d’hiver…
Bien, par où commencer ? Je vais vous conter les origines de ma légende !

 
 
Purée, tu vas dégager oui !!! Raah, il est vraiment super hyper méga lourd, toujours à débarquer comme une fleur !
En passant, total respect pour le traducteur qui s’est chargé de ce passage du discours d’Excalibur, recopié du tome neuf… Il a dû prendre un arrêt maladie et quelques congés pour se remettre de cette épreuve, j’en suis sûr. La preuve que les mots ont une puissance bien à eux, et certains s’en servent à des fins redoutablement énervantes !
 
 

© Atsushi Ohkubo / SQUARE ENIX Co.Ltd.

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