Dossier manga - Rendez-vous au Crépuscule
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Publié le Vendredi, 16 April 2021


L'écriture de Tetsuya Sano


Pour porter tout ceci dans son roman, Tetsuya Sano nous propose une écriture aussi simple que juste.

Peu de longues phrases, des descriptions physiques qui se contentent des grandes lignes (hormis pour Takuya, dont l'allure n'est jamais décrite, la seule idée qu'on peut avoir de son physique se trouvant alors dans les quelques illustrations de loundraw, du moins pour le roman bien sûr), une histoire racontée intégralement par le personnage principal au gré de ses actes, de ses pensées et de ses discussions avec Mamizu et les autres.





L'histoire va donc plutôt droit au but, mais en ne ratant jamais l'occasion de frapper juste dans ses messages, et en n'oubliant jamais sa part d'émotion (mention spéciale au superbe monologue de Mamizu vers la fin) ou même de poésie. A ce titre, la symbolique de la lumière, entre autres, est bien trouvée pour métaphoriser un peu la vie et le lien finalement lumineux entre les deux héros. Et on pourra se régaler de toute la part symbolique liée à cette maladie de luminite, à cause de laquelle Mamizu brille toujours plus, tandis que c'est le coeur de Takuya qu'elle fait aussi briller. Le choix des rendez-vous quand il fait noir voire nuit n'est lui non plus pas anodin, puisque c'est dans ces instants que Mamizu brille, telle une lueur éternelle face à la nuit de sa maladie et de la mort qui approche toujours plus.

Enfin, on appréciera certaines petites références littéraires pleines de sens, envers un poème de Chûya Nakahara en premier lieu, sans oublier l'abord d'un auteur fictif, Sô Shizusawa, écrivain préféré de Mamizu et auteur du roman (fictif, donc) "Un unique rayon de lumière", cet auteur imaginaire ayant lui-même été atteint de luminite et ayant vécu son rapport à la mort d'une manière finalement différente de Mamizu.


Les spécificités du format manga


Le travail d'adaptation


Concernant plus spécifiquement le travail d'adaptation sur le manga, celles et ceux ayant lu le roman ne remarqueront pas de grosses différences, celles-ci se limitant vraiment à des petits détails.





Par exemple, dans le manga, Mlle Yoshie jette son coca à la figure de Takuya alors que dans le roman elle le verse sur sa tête, et dans le manga c'est Mamizu qui trouve le nom de la tortue alors que dans le roman c'est Takuya.

Du fait de la brièveté du manga, Daichi Matsuse effectue peut-être parfois quelques coupes, notamment dans les différentes demandes effectuées par Takuya qui sont parfois beaucoup plus rapides. Mais le manque le plus évident vient du travail de Takuya au maid café, beaucoup moins prégnant que dans le roman.

Mais il n'y a vraiment rien de nuisible, le mangaka restant toujours clair et faisant les bons choix, tout en ne trahissant jamais le propos du roman.


L'apport visuel et narratif


A part ça, Matsuse livre une copie vraiment plaisante sur le pur plan visuel, avec des designs fins, soignés et expressifs comme il le faut.

On se plaira à remarquer les petites différences par rapports aux minimes descriptions faites dans le roman (par exemple, dans le roman Akira a les cheveux plus longs), tout comme on appréciera les quelques pages bonus où le mangaka présente un petit peu la démarche qu'il a souhaité avoir pour le design de chacun des personnages, tout en prenant soin de ne pas trop s'éloigner de ce qu'avait imaginé l'illustrateur d'origine.

La narration, elle, reste très proche de celle du roman, avec une histoire vécue exclusivement à travers Takuya, ses pensées, ses discussions... les visuels apportant évidemment une certaine plus-value si l'on veut cerner plus facilement le ressenti des personnages (surtout de Mamizu) via leurs très réussies expressions faciales. Mais style visuel reste très sobre et adapté, sans déferlante d'émotions exagérées et de pathos.





Il s'agit donc d'une version manga convaincante, appliquée et impliquée de la part de Daichi Matsuse, dont on ressent bien tout l'attrait pour le roman d'origine. On sent le mangaka touché par l'oeuvre d'origine, et ça ne manque pas de se confirmer dans les deux postfaces de lui et de Sano, où tous deux font part avec sincérité de leur amitié qui dure depuis la fac, de leur ressenti face à l'oeuvre, voire de certaines faces de leur passé.
  
  


© Daichi Matsuse, © Tetsuya Sano, © loundraw/FLAT STUDIO 2019 / KADOKAWA CORPORATION

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