Re/Member - partie 2 - Actualité manga
Dossier manga - Re/Member - partie 2
Sommaire

Publié le Vendredi, 07 December 2018


Nouveaux mystères et nouveaux concepts


Dans les premiers temps de cette deuxième partie, on est dans du Re/Member pur jus. L'aspect mystère étant moins présent au début, on se concentre en premier lieu surtout sur l'action, et de ce côté-là les planches de Welzard font toujours aussi bien le job. Les premières avancées, essentiellement via Takahiro qui a déjà l'expérience de la chasse, permettent déjà certaines confirmations, par exemple que les cachettes des morceaux de corps varient d'une partie à l'autre (et on sait d'emblée que cette fois-ci il n'y a rien dans la peluche de la Rouge-Sang...).

Mais assez vite, les auteurs s'appliquent tout de même à bien renouveler les choses en amenant quelques nouveaux concepts dans la chasse au corps, en tête desquels une nouvelle donne dangereuse qui est mise en lumière à travers les actes atroces de Takeshi : quand l'un des participants meurt le jour avant le jeu, il revient la nuit suivante en tant que zombie à la solde de la Rouge-Sang, avant de renaître le "jour suivant" normalement en n'ayant aucun souvenir de ce qu'il a fait la veille ! Cela constitue un nouveau danger assez prenant, et surtout un nouveau facteur d'angoisse efficace, car il est difficile de ne pas ressentir un peu d'effroi en voyant des personnages que l'on connaît bien se retrouver à l'état de dangereux mort-vivant... d'autant que sur ce point,  Katsutoshi Murase se fait plutôt plaisir niveau chara design flippant !

Côté mystères, l'essentiel passe à travers la narration se focalisant sur Miyuki. D'emblée, une première question subsiste dans son esprit : Asuka était-elle bien sa seule amie auparavant, ou sa mémoire a-t-elle été modifiée ? Dans tous les cas, la miss est du genre à se donner à fond malgré sa faiblesse. Mais il ne s'agit là que d'une broutille par rapport à ce qui l'attend : elle a parfois de drôles d'impressions, comme si elle avait un lien spécial avec Miko. Ce dernier élément est sans doute ce qui intrigue le plus tout au long de cette deuxième partie, et il donne vraiment envie d'en apprendre plus.
  
  
  
  
Le tome 10, en particulier, amène beaucoup de choses, d'informations, de nouveaux mystères, de nouveaux enjeux. Ce volume se déroule beaucoup moins pendant les parties de chasse la nuit que lors des avancées le jour. Et des avancées, il y en a beaucoup ! En effet, l'un des axes les plus importants de ce volume vient du désir des lycéens, Miyuki en tête, de trouver un moyen de tout bonnement lever la malédiction de la Rouge-Sang, une perspective qui vient forcément accentuer beaucoup les attentes du lecteur. Pour cela, ils doivent avancer en tâtonnant un peu, notamment en retournant interroger Yashiro sur ce qu'il sait, et un doute s'empare d'eux : que se passerait-il si, un jour, ils parvenaient vraiment à mettre fin à la malédiction ? Les problèmes temporels pourraient créer une situation catastrophique, comme l'explique très bien Yashiro, et cela ajoute encore une tension supplémentaire. Mais surtout, l'enquête de nos héros va rapidement les mener en un lieu-clé : le manoir de la famille Onoyama, là où vivaient les jumelles Miko et Miki. Aujourd'hui laissé à l'abandon, isolé et considéré comme maudit, le lieu a d'emblée absolument tout d'un petit théâtre lugubre et propice à l'effroi, et ce que Miyuki et les autres vont y découvrir s'inscrit bien dans cette optique, via des visions sordides qui peuvent faire un peu penser à certains classiques du genre. Ces visions seront au coeur de beaucoup de révélations. Des révélations qui n'arrivent que par bribes, car ce sera aux adolescents de parvenir à comprendre le sens de tout ce qu'ils voient et d'émettre des hypothèses. Un procédé qui s'avère addictif, car il est difficile de ne pas faire comme eux, et on se plaît vite à émettre soi-même des hypothèses, en attendant de voir ce qui se confirmera ou non... En tout cas, une chose est sûre : la relation entre les jumelles Onoyama était beaucoup plus compliquée que ce à quoi on pouvait s'attendre, les liens familiaux des Onoyama sont sombres à plus d'un égard, et certaines choses dévoilées dans la première partie du manga se voient bien remises en question, en tête la manière dont Miki est morte... Welzard prend même soin d'éclairer certains détails sous un jour nouveau, à commencer par la raison pour laquelle la Rouge-Sang est tant attachée à sa peluche de lapin, et l'ensemble s'avère parfaitement cohérent par rapport à la première partie.

D'autres petits éléments, par-ci par-là, entretiennent eux aussi beaucoup le mystère, à commencer par une réaction inattendue de la Rouge-Sang quand Miyuki lui parle... Miyuki, dont on attend alors de découvrir plus l'implication plus personnelle dans l'affaire Onoyama.
  
  
  
  
Enfin, le scénario imaginé par Welzard s'avère décidément malin en sachant apporter de nouvelles spécificités à cette deuxième partie, bien sûr, mais aussi en exploitant de façon plus profonde certains éléments déjà présents dans la première partie. Ce deuxième aspect est ici plus fort que jamais avec l'utilisation passionnante d'un élément qui, dans la première partie, servait quasiment uniquement de repère aux héros. Un élément que l'on a déjà brièvement évoqué précédemment dans ce dossier, et sur lequel on revient enfin : les changements qui ont lieu dans la réalité, pendant le jour qu'ils vivent à répétition, à chaque fois qu'une nouvelle partie de corps est retrouvée. Les adolescents, le jour, constatent habituellement des petits changements... mais cette fois-ci, lesdits changements possèdent une tout autre ampleur, beaucoup plus dramatique, et qui reste incertaine: les drames seront-ils effacés à l'issue de la partie de chasse au corps ? Ce nouveau suspense ne fait que commencer dans cet arc, et il risque de nous tenir en haleine un bon moment, mais il a aussi pour mérite d'éclaircir un peu plus les trois nouveau personnages de cette deuxième partie. Tout d'abord, Miyuki elle-même, dont on découvre un peu les rapports familiaux délicats, que ce soit avec ses parents qu'elle a déçus, ou surtout avec sa petite soeur avec qu'il elle ne s'entend plus très bien. Ensuite, Takeshi. Présenté depuis le début de cette deuxième partie comme une sorte d'électron libre violent dont on ne savait pas grand-chose, le jeune garçon, au bout du compte, se dévoile plus, car on finit par comprendre pourquoi il agit tel qu'il le fait, pourquoi il cherche tant à empêcher la chasse au corps de se terminer. Le grand mérite de Welzard le concernant est de ne pas le faire changer du tout au tout pour autant: il reste un garçon violent et pas forcément très malin, mais on connaît désormais ses raisons d'agir ainsi, le drame qui s'abat sur lui en lui donnant un côté écorché vif, et il en ressort tout de même plus humain et plus nuancé. Enfin, il y a le cas de Yuko, la plus énigmatique du lot: Miyuki et les autres ne savaient toujours pas s'ils pouvaient vraiment se fier à elle. D'un côté elle a retrouvé une partie du corps d'Asuka, de l'autre elle semblait encore en contact avec Takeshi... hé bien ici, les auteurs parviennent à donner une explication aux différentes facettes de son comportement, de manière cohérente.
  
  

KARADASAGASHI © 2014 by Welzard, Katsutoshi Murase / SHUEISHA Inc.

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