Pokémon - La Grande Aventure - Actualité manga
Dossier manga - Pokémon - La Grande Aventure

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Sommaire

Publié le Vendredi, 20 March 2015


Une adaptation en plusieurs temps


Nous avons brièvement évoqué la parution française pour le moins laborieuse, mais l’heure est maintenant venue de reprendre l’histoire française de Pokémon : La Grande Aventure, un récit s’étalent sur de longues années et truffé de rebondissements.

Nous sommes en 2001, soit près de deux ans après l’émergence du phénomène Pokémon dans nos contrées. Le souffle est très légèrement retombé, mais n’a pas disparu pour autant, car si les enfants apportent de moins en moins leurs cartes ou leurs figurines dans les cours de récréation, la série animée cartonne toujours autant, les cartes se vendent et les jeux vidéo rencontrent un succès incroyable à chaque nouvel opus. C’est dans ce contexte que Glénat s’attaque au manga Pokémon Special qui a pour vocation d’adapter de manière fidèle les jeux à travers différents arcs narratifs. Pour cela, l’éditeur reprend son marketing déjà utilisé avec succès sur Dragon Ball : sortir en simultanée des « demi-volumes » en kiosque de journaux à un rythme mensuel, et des tomes simples tous les deux mois. Le premier volume kiosque paraît alors le 10 juillet 2001 et le premier tome simple le 18 juillet, marquant le début de cette longue aventure qui s’achèvera au… sixième tome relié, à un seul volet de la fin du premier arc, soit au douzième opus destiné aux kiosques, concluant ainsi la parution sur un cliffhanger qui forcera les fans à prendre leur mal en patience afin d'attendre un retour inespéré de la série bien plus tard…
  
  
  
  
  
Difficile d’expliquer les raisons de l’échec commercial de la série chez Glénat. Nous pouvons peut-être accuser le trop grand écart de tonalité entre le dessin animé et le format papier qui est bien plus sombre et destiné aux adolescents. Quel fut le choc, à l’époque, de voir un Arbok coupé en deux, ses tripes à l’air libre ! Il fut aussi sûrement déroutant de constater que l’adaptation de Glénat était assez libre et ne dépendait aucunement des jeux vidéo. A cette époque, la société The Pokémon Company n’existait pas, et toute l’industrie Pokémon n’était pas encore unifiée, rendant les collaborations internationales moins simples qu’à l’heure actuelle. Pour ces raisons, les noms des attaques diffèrent, ce qui trouble le lecteur. Mais plus choquant de la part de Glénat, bien que l’objectif était de relier le manga à la grande adaptation animée, c’est le nom des personnages. Les champions gardent évidemment leur identité, ce qui ne change pas d’un volet à un autre, mais les héros reprennent leur matricule utilisé dans l’anime : Sacha et Régis sont donc les héros, rejoints par… Olga et Jamie de Jadegan, en réalité Verte et Jaune. Pour les enfants de l’époque, c’est anodin, mais aux yeux des fans à l’heure actuelle, ceci est presque une hérésie.

Juin et août 2002 marquent les sorties respectives du douzième tome kiosque et du sixième volume relié de la série, et la fin de Pokémon chez Glénat. Il faudra attendre 9 longues années pour que Pokémon Special obtienne une deuxième chance qui sera la bonne…
  
  
  
  
  
En 2011, l’heure était à la cinquième génération et ses versions Noir et Blanche. L’éditeur Kurokawa, après avoir édité quelques adaptations manga des films de la franchise, surprend par son annonce : Pokémon Special est de retour chez l’éditeur, par le biais de son arc Noir et Blanc qui se voit sobrement intitulé « Pokémon : Noir & Blanc ». L’éditeur met d’ailleurs les petits plats dans les grands, car la parution française talonnant la version japonaise, on se trouve même avec certains opus publiés en format relié en exclusivité mondiale. Notre numérotation est donc différente de celle du Pays du Soleil Levant, et il en va de même pour nos jaquettes inédites à 100%. Ceci explique d’ailleurs une parution assez lente puisque les neuf opus qui composent l’arc paraissent entre septembre 2011 et octobre 2014, soit trois ans. Mais l’attente est un mal nécessaire, notamment pour l’obtention de tomes de qualités. Kurokawa fait en effet un excellent boulot de publication en travaillant en collaboration totale avec The Pokémon Company. Les noms des héros gagnent en fidélité, mais aussi l’ensemble des termes techniques qui correspondent à ceux utilisés dans les jeux. Pour son retour, Pokémon n’aurait pu être si plaisant si bien que la série est bien accueillie dans l’hexagone, permettant alors la poursuite de Pokémon Special en France.
  
  
  
  
  
En avril 2014, la nouvelle se fait entendre : le premier arc de la série est sur le point de revenir en France. Pour l’occasion, Kurokawa dévoile toute sa stratégie commerciale, car si les arcs collant à l’actualité Pokémon sont publiés en tomes simples et reprennent les titres des jeux, les publications plus rétro reprennent le titre autrefois utilisé par Glénat à savoir « Pokémon : La grande aventure », raison pour laquelle cette appellation reste chère aux fans. Plus important encore, l’éditeur souhaite ne pas étendre les sorties des anciens arcs dans la durée et a recourt à un format particulier, trois volumes épais pour couvrir les 7 qui composent l’arc. Le premier tome paraît en juin 2014, le second en août et le troisième en novembre, et les fans connaissent alors le fin mot de cette première partie… douze ans après Glénat. Les ventes sont d’ailleurs excellentes pour cette courte série dans le top 10 des ventes manga en France. C’est donc sans surprise que la suite ne tarda pas à arriver.
  
  
  
  
  
En novembre 2014, afin de coller à l’actualité vidéoludique marquée par les versions Rubis Omega et Sapir Alpha, Kurokawa projette la parution de l’arc Rubis & Saphir en respectant le format de volumes épais. « La Grande Aventure » est lancée, et c’est avec un grand plaisir que les Français accueillent un arc particulièrement apprécié par les auteurs. Et parce qu’une bonne nouvelle ne vient jamais seule, le manga Pokémon XY voit lui aussi sa sortie statuée pour début 2015.
  
  
  
  
  
Pour cette grande saga manga, nous sommes donc en plein boum de sa publication. Des questions se posent toutefois et Kurokawa tente d’y répondre sans trop pouvoir se projeter dans le temps. L’arc Or et Argent est une possibilité si Rubis & Saphir se vend correctement, et l’arc Noir et Blanc 2 est d’ores et déjà annoncé, mais l’éditeur préfère attendre que le Japon ait pris de l’avance sur sa propre parution. Etant donné le succès du manga Pokémon chez nous, l’avenir de cette fresque semble optimiste, et les prochains mois pourraient bien nous apporter de belles surprises.
  
  
  
  
  

Graphismes


Les premiers volumes de la série sont dessinés par la mangaka Mato qui, pour ne pas trop marquer la rupture entre l’anime et le manga, utilise un trait assez arrondi qui rend ses personnages souvent très enfantins, quitte à apporter un rendu SD par moment. Toutefois, c’est sans jamais trahir le character-design d’origine puisque les personnages sont tous reconnaissables par rapport aux sprite des softs. Et de manière proportionnelle à son style, l’auteur présente des combats finalement peu détaillés en termes d’effets, ce qui ne les rend pas spectaculaires, mais permet de bien discerner l’action des affrontements.

Satoshi Yamamoto possède un style semblable à celui de sa camarade dont il prend la succession, du moins de prime abord. En effet, son trait met en avant un univers bon enfant et des personnages assez simplistes en termes de design. Néanmoins, l’artiste n’a pas recourt à cette mise en avant des figures de manière SD, ce qui donne l’impression que son récit gagne en sérieux. D’ailleurs, il reste lui aussi très fidèle aux éléments graphiques élaborés dans les jeux vidéo, si bien que c’est par ses œuvres que les fans se rendirent compte que ce qui orne le haut de la tête de Rubis ne sont pas ses cheveux, mais bel et bien un chapeau !

Les affrontements dépeints par Satoshi Yamamoto ont aussi un quelque chose de plus mature, notamment une montée en puissance pour les rendre plus grandiloquents. Monsieur Yamamoto étant en effet un passionné qui cherche à retranscrire avec soin le côté « monstre » du manga, ses préfaces montrent qu’il travaille beaucoup ses planches afin de donner du relief à l’univers de Pokémon. Certaines illustrations ne manquent d’ailleurs pas de panache, notamment une séquence clef de l’arc Rubis & Saphir…
  
  
  

© 2014 Pokémon. ©1995-2014 Nintendo/Creatures Inc./GAME FREAK inc. TM, ®, et les noms des personnages sont des marques de Nintendo. POCKET MONSTERS SPECIAL © 1997 Hidenori KUSAKA, MATO / SHOGAKUKAN

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