Otaku Girls - Actualité manga
Dossier manga - Otaku Girls

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Sommaire

Publié le Jeudi, 13 May 2010


Présentation

 
Résumé:
Tout le monde connait plus ou moins le phénomène otaku qui pullule dans cette nouvelle génération. Eh bien les filles aussi ont droit à une appellation particulière : otakette. Rumi Asai en est une, et même pire. Elle pousse le vice jusqu’à porter le nom de « fujoshi », à savoir l’otakette qui éprouve une passion toute particulière pour les relations douteuses entre garçons. Avec tout cela, la jeune lycéenne n’a pas beaucoup de compagnie pour partager sa passion, ses délires complètement délurés et ses crises de « moe » devant deux beaux éphèbes se rapprochant un peu trop. Comme c’est le cas pour Abe Takahiro et Chiba Shunsuke, deux amis d’enfance toujours fourrés ensemble, l’un incarnant parfaitement le maladroit uke, l’autre le séducteur et intrépide seme … Le problème arrive cependant lorsqu’Abe ne trouve rien de plus intelligent à faire que de tomber amoureux de Rumi … qui ne peut pas comprendre les relations amoureuses mixtes ni le simple fait que l’on puisse s’intéresser à elle. En compagnie de Chiba et Matsui, une otakette refoulée, l’aventure commence pour les quatre adolescents, qui se cherchent et partagent plus ou moins une passion commune … Comment Abe va-t-il parvenir à conquérir le cœur de Rumi alors qu’elle passe le plus clair de son temps à l’imaginer dans les bras de Chiba, tandis qu’elle-même se réfugie sur le buste bien rebondi de Mattsun?
   
   
  
   
Fiche signalétique:
Otaku girls (妄想少女オタク系, Mōsō shōjo otaku-kei) est la dernière série en date de Natsumi Konjoh. Publié par Futabasha, le titre est d’abord sorti dans le magazine Comic High! dès juillet 2004, qui publie du seinen mais se définit plutôt comme producteur de « shojo pour hommes ». Otaku girls est donc à ce titre un seinen, et en aucun cas un simple yaoi. Au départ, le récit ne devait faire que quelques chapitres, mais le manque de parution de l’éditeur a permis à la mangaka de continuer sa série. Elle se termina finalement en mai 2010, comptant au final sept volumes reliés, parus au Japon entre avril 2006 et septembre 2010.
    
On peut retrouver la série aux USA chez Media Blasters sous le nom de « Fujoshi Rumi », mais aussi en France grâce à l’éditeur Doki-Doki. Le premier opus a vu le jour en avant-première à la Japan Expo 2009 (pour une sortie définitive en aout), l'éditeur offrant au passage un message exclusif de la mangaka à destination des fans français. Cette belle entrée en matière se confirma l'année suivante, la série étant primée par le Japan Expo Award 2010 du meilleur shôjo (bien qu'il s'agisse d'un seinen, rappelons-le...). Honorée de ce prix, Natsumi Konjoh prit le temps de remercier ses lecteurs francophones dans la postface de son dernier volume, que nous aurons découvert en mars 2011.
    
       
     

Un point sur l’auteur:
  

    
Natsumi Konjoh (紺條 夏生) n’est connue en France que pour son manga comique, Otaku girls. Mais avant de se plonger dans des tendances « yaois et otakettes », la mangaka versait d’avantage dans l’ecchi, voir le hentai. Seul Otaku girls est plus léger et moins porté sur la chose, bien que de nombreuses scènes de la plantureuse Matsui nous permettent de ne pas nous étonner des précédentes œuvres de l’auteur. Natsumi Konjoh commence sa véritable carrière dans l’année 1999 où elle publie son premier one shot, suivis par plusieurs autres séries courtes.

ビッチ (Bitch) sort donc en 1999 chez Tukasa Shobou, qui a bien d’autres titres sensuels à son actif. Puis vient Sweet days, qui voit le jour chez le même éditeur un an plus tard, et ne comporte lui aussi qu’un seul tome. ラブちゃんぷる (Love Champlu) est la première série de la mangaka. Ses deux tomes sortent, chez Futabasha également, en 2003. エロティカ200X (Erotica 200X) est un autre manga hentai de l’auteur. Sorti en 2004 chez Futabasha, il ne comporte qu’un seul et unique volume. 快楽ビフォーアフター (Kairaku Before After) est un autre one shot de l’auteur, sorti en 2005 chez Futabasha. On lui connait aussi une série de trois tomes, 欲シガリーノ★ネダリーナ, et d’autres sorties plus anecdotiques (parutions de quelques chapitres de temps à autres).

Ci-dessous de gauche à droite : Bitch, Love Champlu 1 et 2, Erotica 200X, Kairaku Before After.
    

   
  
Personnages:

Rumi Asai
   

 
L’adolescence n’est pas des plus simples quand on se sent totalement décalée de ses congénères, dans ses priorités et dans ses intérêts. C’est le cas de Rumi qui, quand on lui demande quel est le garçon le plus beau de la classe, s’en fiche tant qu’il n’est pas question d’un deuxième éphèbe. Rumi est une fujoshi, passionnée par le yaoi, accro à Full Metal Prince au point d’avoir toute la série en plusieurs exemplaires, de ne jamais louper un épisode et de rêver de faire un dojinshi entre le prince et tel ou tel personnage. On peut d’ailleurs difficilement faire plus atteinte qu’elle. Ce qu’il lui manque ? Quelqu’un avec qui partager les merveilleuses images et autres splendides scénarios qui lui passent par la tête. Rumi est très seule, et lorsque Matsui arrive dans sa vie, c’est la révélation concernant l’importance de l’amitié et du partage. Au contact de sa nouvelle amie, mais aussi grâce à Chiba et Abe, la jeune fille va s’ouvrir peu à peu, renforcer son addiction au monde du yaoi et du moe, tout en apprenant à connaître le sentiment de manque qui s’installe lorsque ses amis sont loin. Va-t-elle, de la même manière, découvrir ce qu’est l’amour ?
Rumi est une adolescente très naïve sur tout ce qu’elle ne connait pas parfaitement. Très pragmatique, impliquée et démonstrative en ce qui concerne son univers, elle est beaucoup plus réservée et timide face à une situation inconnue que son cerveau, assez limité, ne parvient pas à gérer. Elle est très généreuse mais demande aussi, sans s’en rendre compte, une attention considérable et une sorte d’exclusivité en ce qui concerne Matsui. Aucun sentiment mauvais ne saurait la traverser, mais Rumi fait souvent du mal autour d’elle, notamment à ce pauvre Abe, en restant tout simplement elle-même et en agissant sans aucun tact, comme elle a l’habitude de faire. En un mot, Rumi est totalement aveugle aux choses de la vie qui ne lui paraissent pas aussi évidente qu’une passionnée et sensuelle histoire d’amour entre untel et untel, sans aucune femme pour gâcher le tout.


Yoko Matsui



Souvent renommée « Mattsun » par Rumi, la jeune fille est une otakette-fujoshi refoulée, qui se retrouve au moment même où elle rencontre Rumi. Cette dernière apparait d’ailleurs comme étant son âme sœur, les deux amies se comprenant d’un regard, criant d’hystérie devant les mêmes scénarios tordus et s’attendrissant sur les mêmes situations. Matsui et Rumi se rapprochent très vite, toutes deux heureuses d’avoir trouvé quelqu’un qui puisse les comprendre, et longtemps Matsui se dispute l’amour de notre héroïne, face à Chiba et Abe qui n’ont pour ainsi dire aucune chance. Il est en effet bien connu que les fujoshi adorent les représentants de la gente masculine lorsqu’ils représentent ce qu’elles souhaitent, mais préfèrent de loin, pour elles même, la compagnie d’une autre fujoshi.
On pourrait penser que Mattsun est encore plus gravement atteinte que Rumi, mais on se rend vite compte que ce n’est absolument pas le cas. Car si elle se montre souvent plus expressive, dynamique et exubérante, Matsui a longtemps vécu dans la norme, et sait très bien gérer ces deux côtés d’elle-même. Elle est d’ailleurs bien plus au point sur ses propres sentiments, mais aussi sur ceux des autres. Contrairement à Rumi qui, complètement refermée sur elle-même et ses délires, ne voit rien, Matsui pose un regard assez juste sur le monde qui l’entoure. Bien qu’elle n’agisse pas de manière raisonnée ou calme, préférant de loin retrouver ce qui lui avait manqué dans la folie, l’excitation à la veille d’un festival, la fièvre acheteuse lors de séances shopping dans le paradis du yaoi, sa raison arrive à garder la tête hors de l’eau. Cependant, c’est elle la première qui va perturber la quiétude distance des filles du quatuor amoureux, en se détachant de la naïveté de Rumi pour en venir à ressentir par elle-même quelque chose d’autre envers les garçons …


Takahiro Abe
 

  
Abe est le type même de l’adolescent banal, sans rien pour lui, un peu perdant et maladroit sur les bords. Bref, dans la moyenne. Sa seule particularité est d’être l’ami d’enfance de la star du lycée, du playboy incontesté, et de le faire briller par la même occasion. Mais depuis le jour où Abe a malencontreusement cogné Rumi (du moins le croit-il), et où il lui sert de modèle au club d’art plastique désert … Abe a le cœur qui chavire pour cette jeune fille fragile, naïve, timide et complètement à côté de ses pompes. Sa simplicité, son franc-parlé et son renfermement sur elle-même, ainsi qu’une vision particulièrement intéressante de sa culotte suffisent au jeune homme pour succomber au charme assez particulier de Rumi. D’abord incompris de son ami de toujours, voilà qu’Abe trouve une concurrence inattendue en la présence de Chiba, mais également en celle de Matsui. Le pauvre adolescent n’est pas sorti de l’auberge, au vu de sa propre timidité et de sa maladresse incontestable. Face à deux canons de beauté, que reste t-il aux gens ordinaires ?
Si Rumi est l’héroïne de ce manga, Abe en est le clown. C’est par lui que passent la plupart des scènes humoristiques, des quiproquos et des fous rires. Son envie de séduire la fille qu’il aime, sa persévérance aveugle et sa détermination à toute épreuve en font un garçon attachant sans être bâclé. On sent quelques contradictions chez lui, et plus le récit avance plus les doutes peuvent s’installer chez cet adolescent, totalement incompris de Rumi. En tous les cas, chaque volume apporte grâce à Abe sa dose de rires et d’espoir. Après tout, on voudrait bien que cet attachant benêt soit récompensé de ses efforts !
 
 
Shunsuke Chiba



Dans un lycée, il y a toujours UN beau gosse plein de charme, de charisme et de confiance en lui. Celui qui doit repousser toutes les filles qui lui déclarent un amour soit disant sincère sans même le connaitre. Dans cette histoire, Chiba interprète à la perfection ce rôle du playboy courtisé dans tous les sens. Il s’intéressera à Rumi à l’instant où il comprend que la jeune fille se fiche totalement de sa beauté, sauf si c’est Abe qui la remarque. Bref, quand il comprend que Rumi n’a absolument pas l’intention de tomber amoureuse de lui, le jeune homme développe un certain intérêt pour cette otakette avec laquelle on ne s’ennuie jamais ! Tantôt là pour encourager son ami à conquérir le cœur de la demoiselle, tantôt pour lui mettre des bâtons dans les roues, Chiba n’est pas très clair. Manipulateur, joueur et très malin, le jeune homme n’a apparemment que le but de ne pas s’ennuyer, plutôt que de soutenir son ami. Bref, son caractère n’est pas encore définitif ni très évident pour les lecteurs, même si sa sensibilité remonte avec le temps.
Chiba devient véritablement intéressant lorsqu’il est en compagnie de Matsui. Les deux jouant à cache-cache en essayant de préserver leur fierté et leur ego, leur relation stagne pendant longtemps et prend parfois son envol pour retomber. Après tout, il n’est pas facile de craquer pour le playboy du lycée, qui a ses conquêtes et ses envies, des attentes parfois difficiles à satisfaire. Mais au final, on découvre peu à peu un Chiba sensible, en plein doute et très délicat dans sa façon d’aimer, sans être forcément très adroit dans sa manière de le montrer …


Hidemi Tsukamoto



Personnage assez secondaire de la série, Tsukamoto a pourtant par instant des rôles primordiaux dans l’évolution des sentiments de notre quatuor amoureux. Ce champion de judo admire Chiba en secret depuis longtemps, et va jusqu’à s’inscrire au club d’art plastiques fréquenté par nos quatre lascars afin de se rapprocher de l’élu de son cœur. Seulement, rien n’est évident quand on mesure trois têtes de plus et qu’on pèse une bonne quarantaine de kilos de plus que le frêle beau gosse du lycée. Impressionnant, mais grand cœur, voilà ce qui définit le mieux Tsukamoto. Sur sa relation avec Chiba, on ne peut pas dire grand-chose à part qu’elle ajoute à l’humour et qu’elle parodie les scénarios de yaoi dans sa mise en scène. Par contre, le sensible géant apporte beaucoup aux jeunes gens dans sa vision de l’amour, des sentiments et du couple. Que ce soit Chiba, Abe, Rumi ou Matsui, tous se retrouvent confrontés à son expérience, la force de ses sentiments et sa pureté indestructible. Agissant comme le grand sage conseiller, Tsukamoto a quelque chose d’attachant avec ses émotions qui n’ont aucune chance d’aboutir. Se voir rejeté et malgré cela, persévérer et aller jusqu’à aider celui qui vous repousse à être heureux avec quelqu’un d’autre … Voilà un exemple en matière de comportement, que l’on apprécie beaucoup au fil des tomes.
       
  
  


OTAKU GIRLS © KONJOH Natsumi / FUTABASHA / DOKI-DOKI

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