Dossier manga - Nanja Monja

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Publié le Jeudi, 23 August 2012


Quotidien et bienveillance

 
 
Commençons par signaler la sympathie que l'on peut avoir d'emblée pour les différents personnages. De notre héros Taro à l'intrépide mais désormais fragile Sora, en passant par Michiko, amie d'enfance amoureuse de Taro mais devenant rouge comme une tomate dès qu'il en est fait mention, Futa, meilleur ami de Taro qui prend plaisir à taquiner Michiko, Ken le policier-commère, la petite Aiko ou encore l'amusante Taé ou les vieillards, chaque protagoniste possède un charme qui lui est propre, et c'est l'ensemble du village qui apparaît rapidement très vivant.

Au fil des tomes, Shizuka Itô s'appuie volontiers sur les caractères de ses personnages, notamment les enfants, pour rendre leurs relations toujours plus vivantes, amusantes ou délicieuses. Par exemple, dans le volume 2, nos héros devront dans un premier temps protéger le petit monde des grenouilles face à la curiosité maladive de l'amusante Taé... autant dire que la tâche s'annonce compliquée, la jeune fille étant bien décidée à tout découvrir des mystères qu'on lui cache.

Et si des relations existent déjà depuis longtemps, comme l'amitié de Taro, Futa et Michiko ou la bienveillance des vieillards envers l'orphelin, d'autres se créent au fil des pages avec délice. Ainsi voit-on, par exemple, Michiko et Sora se lier d'amitié, Taé devenir un élément moteur du petit groupe de héros alors qu'elle était au départ vue comme une menace, ou, plus amusant, la petite Aiko s'éprendre de Taro ! Egalement, ce dernier se découvrira doucement une pointe de jalousie lorsque Sora se rapprochera de Futa.
 
  
  
 
 
C'est simple, les différents personnages de ce petit monde sont tellement vivants et chaleureux que l'on a l'impression de les connaître depuis toujours, d'autant que les interactions entre eux paraissent d'emblée on ne peut plus naturelles et bienveillantes, à l'image des vieillards souhaitant recueillir Taro pour ne pas le laisser à l'abandon.

Cette bienveillance, nous la retrouvons tout au long du manga, et elle contribue grandement au charme de l'oeuvre. Elle peut s'entrevoir au cœur des relations entre les personnages, à n'importe quel moment, par le biais d'un regard échangé entre Taro et Sora par exemple. Mais elle se ressent également à travers certaines situations familiales difficiles. Bien qu'il ne soit plus là, le grand-père de Taro joue un beau rôle sur ce point, tant, au fil du récit, on ressent toute la bienveillance qu'il portait à son petit-fils.

Mais les plus belles preuves de cette bienveillance, de cet attachement familial, arrivent dans les deux derniers volumes, à travers les mésaventures de Futa. Difficile de ne pas en dire trop, alors contentons-nous de dire que Shizuka Ito y montre à merveille, sans forcer, toute l'importance de la famille, une importance dont, bien souvent, on ne prend conscience que lorsqu'on se retrouve éloigné de ceux qu'on aime. Bribes de souvenirs, visages endoloris... Preuve d'un récit maîtrisé, la mangaka utilise également ce malaise pour mettre en exergue la situation qu'a toujours connue Taro, orphelin depuis son tout jeune âge. Et ainsi, Futa ne peut que mieux comprendre les sentiments que son ami peut ressentir et cacher.
 
 

NANJA MONJA © 2009 Shizuka Ito / Kodansha Ltd.

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