Dossier manga - Marion
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Publié le Vendredi, 15 March 2019


Un visuel séduisant, et une esthétique lourde de sens

  
Ce qui se ressent énormément dans le coup de crayon de Yû Hikasa, c'est bien l'amour de l'auteur pour ce Paris de XXe siècle. Tout le long des deux volumes de Marion, il accorde une importance aux architectures, et tout simplement eux différentes esthétiques présentées. Les deux couvertures de la série sont une excellente démonstration de ce goût de l'auteur, celui-ci y dépeignant un Paris vu de haut, qu'il s'agisse de la classique vue sur l'ensemble de la ville, y compris sur la Tour Eiffel, ou plus simplement sur les charmantes rues pavées et leurs immeubles en pierre. Le côté contemplatif qui s'en dégage est dû au choix des couleurs, nettes et peu criardes, un tout qui présente un bon constat sur les intentions visuelles du mangaka.

Ainsi, cette ambiance chatoyante de Paris, idéalisé certes, confère au récit un charme certain. On ressent le soin apporté par Yû Hikasa sur les différentes scènes qui se déroulent dans les rues de la Capitale, qu'il s'agisse des ruelles, des parcs, ou du petit marché présenté en tout début d'intrigue. Ce soin, il concerne aussi les accoutrements des personnages. L'impression du XXe siècle s'en dégage fortement, ce qui aurait pu être un piège pour un auteur japonais peu renseigné. La plus représentative de cette dimension vintage est certainement l'héroïne elle-même, sa tenue de prédilection étant une chemise, un pantalon retroussé, et des bretelles. L'archétype parfait de la tenue populaire d'époque, mais qui est totalement raccord avec le contexte historique de la série et avec la classe sociale de Marion.


Concernant la protagoniste, le piège le plus grand qui attendait Yû Hikasa n'était finalement pas sur la représentation de l'époque, mais sur la représentation du personnage. Ainsi, l'artiste doit opposer son héroïne visuellement à des éléments esthétiques, via certaines tournures du scénario. Pour cette Marion des rues, s'habiller comme une femme de l'époque est un chamboulement, et le risque était une trop grande sexualisation du personnage au fil des pages. L'auteur évite ce piège, la Marion sexy présentée par la suite ne résultant que de son pacte pour embrasser le métier de chanteuse et comédienne, et ne caractérise pas celle qu'elle est vraiment en tant qu'individu. On dissocie parfaitement Marion de la comédienne, ce qui donne énormément de sens au personnage et à sa détermination.

L'édition de Komikku

En France, ce sont les éditions Komikku, habituées aux petites séries, qui nous proposent le diptyque de Yû Hikasa. L'éditeur publie le court récit entre fin 2018 et début 2019 : le premier opus paraît le 27 septembre 2018, et le second le 28 février 2019. Cinq mois d'écart pour les deux tomes d'une série aussi courte, c'est assez important à première vue, mais se justifie peut-être par une volonté d'ancrer le titre dans l'actualité sur quelques semaines de plus, et ne pas faire de Marion une actualité ultra éphémère.


L'édition en elle-même est de facture tout à fait honorable. Le papier utilisé, fin mais jamais transparent, est agréable en main, et chaque tome se dote d'une page couleur. On notera une couverture au papier couché mât qui bénéficie de vernis sélectif, donnant une bien jolie allure aux deux jaquettes. La traduction est assurée par Yohan Leclerc, traducteur ayant signé bon nombre de travaux récemment et qui livre un texte fluide et vivant, qui semble donc sans fausse note à première vue.
  
  

© 2016 by YUU HIKASA / NSP Approved Number ZCW-90F

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