Dossier manga - Mamoru Hosoda - partie 1
Sommaire

Publié le Vendredi, 14 December 2018


Premier dossier: Des débuts progressifs mais parfois chaotiques


Né en 1967, Mamoru Hosoda démarre sa carrière dans l'animation en 1991 au sein de la Toei Animation à l'âge de 24 ans. Il participera à de nombreuses séries phares de l'époque (Sailor Moon, Dragon Ball Z...) à différents postes : tantôt scénariste, tantôt animateur, tantôt storyboardeur... Ce passage à la Toei lui permet donc de se faire la main sur plusieurs postes. Et c'est au sein de ce studio qu'il prendra la première fois la place de réalisateur, pour le premier film d'une franchise assez en vogue à l'époque : Digimon.


Les films Digimon


Alors, avant de parler des films, laissez moi vous raconter une petite histoire...

Lorsque j'étais enfant, j'aimais beaucoup les Digimon, j'avais plus de jouets de cette franchise que de jouets Pokémon. J'avais donc gardé un bon souvenir de cet univers. C'est pour ça que j'étais plutôt curieuse de voir comment Mamoru Hosoda avait contribué à cette franchise très mercantile. J'ai donc sérieusement regardé le premier film Digimon, en vf. Je ne vais pas vous le cacher : j'ai beaucoup rigolé devant ce film. Ce rythme ultra rapide, ces transformations complètement aléatoires et qui arrivent toutes les deux minutes, ça donne un tout très nanardesque, mais drôle. Le rythme du film détruit d'ailleurs une bonne partie du scénario. Il n'empêche, le dernier tiers du film me semblait un peu étrange et ne collait pas vraiment au début. Parce que oui, à partir des deux tiers du film, vous changez d'équipes de Digisauveurs pour passer à la nouvelle génération (ce qui n'a vraiment aucun sens) et introduire de nouveaux personnages, tout ça avec un changement de chara-design assez subtil. Tout ça en à peine une demi-heure bien sûr... En gros, à la fin du visionnage, je me suis dit que c'était un film très TRES fourre-tout, uniquement là pour le fan service mais assez drôle à regarder.
Il n'empêche que je n'arrivais pas à voir la patte Mamoru Hosoda dans ce long-métrage. Elle était bien là dans l'animation très caractéristique du monsieur (des personnages aux traits épurés, des décors réalistes et des univers « parallèles » très colorés sur fond blanc ...) et dans certains choix de design. Mais côté réalisation, rien. Hosoda n'est clairement pas un adepte de ce genre de montage ultra rapide, ni de ce genre de scénario complètement rushé.

Et puis j'ai voulu voir le deuxième film.
J'ai fait quelques recherches pour le regarder en streaming, et je suis tombée sur un lien en VO sous-titrée français. Sauf qu'au bout de deux minutes de visionnage, le constat était clair.
Ce film, c'était le dernier tiers du film que je venais de voir.
Il y avait bien des scènes en plus, oui, mais c'était la même histoire. Alors je suis repartie faire des recherches, et là j'ai découvert l'horrible vérité.

Ce que je pensais être le premier film n'était en fait qu'un condensé des trois premiers films Digimon japonais, remonté de manière immonde par des boites américaines. Si c'est pas beau la vie ! Trois films, ou plutôt OAV, de 40 minutes environ rassemblé en un film d'1h30. Un miracle qui aura sans doute transformé de bons films de franchises en gros navet nanardesques aux allures de parodie.
Effectivement, je n'ai pas la preuve de ce que j'affirme car, malgré mes efforts, impossible de trouver les originaux de Mamoru Hosoda et donc de comparer, mais une petite info trouvée par hasard sur Wikipédia démontre bien à quel point les films ont été dénaturés. Le premier film, qui doit correspondre à seulement 15 minutes du film qu'on a eu en Occident, retrace l'arrivée du premier Digimon sur terre. Un film qui était censé être accompagné par le « Boléro de Ravel », alors que chez nous, nous avons eu le droit au Digirap. Ai-je besoin d'en rajouter ?
  
  
  
  
Tout ça pour dire qu'il serait peut-être temps de déterrer les films originaux de la saga Digimon, pour voir comment cette saga a vraiment été traitée par ce nouveau maître de l'animation japonaise (je ne vise personne, suivez mon regard Kazé...). Parce que je suis personnellement très frustrée de ne pas pouvoir parler correctement de ces deux films, et que je suis persuadée que Hosoda avait fait quelque de BIEN de cette franchise. Car oui, s'il a commencé à faire des films pour des franchises très connues, il faut se dire qu'il n'en a fait que trois avant de se lancer sur un projet personnel, et c'est quand même assez impressionnant. Et pour qu'un studio lui laisse carte blanche aussi vite, c'est qu'il avait fait ses preuves avant, notamment sur ces films Digimon.

Enfin bref... alors que Mamoru Hosoda a les deux films Digimon a son actif, le voilà qui est approché par les studios Ghibli pour réaliser « Le Château Ambulant ». Une proposition assez ironique quand on sait que, quelques années plus tôt, il avait été refoulé de l'institut de formation des studios Ghibli. Cette collaboration n'aura finalement jamais lieu, suite à des divergences d'opinion, et ce n'est que quelques années plus tard, en 2005, qu'il reviendra à la réalisation d'un film. Un film qui aura marqué de nombreux esprits...
  
  


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