Les Contes de Terremer - Actualité manga
Dossier manga - Les Contes de Terremer

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Publié le Vendredi, 07 September 2012


Du film au roman et du roman au film

 
 
Les Contes de Terremer est donc l’adaptation en film d’animation d’un cycle de fantaisie célèbre écrit par Ursula K. Leguin, auteure américaine réputée. Son cycle « Terremer » est connu dans le monde entier et est entouré d’une aura similaire à un « Seigneur des Anneaux » parmi les univers de littérature. L’auteur nous y décrit un monde constitué d’archipels et de différents royaumes, dans une ambiance assez médiévale. Contrairement à un LOTR, le style de l’auteure n’a pas ce côté épique, mais bien plus posé, poétique, descriptif, et qui se concentre sur les relations entre les personnages, leurs doutes et leurs tourments. Le monde n’est pas décrit en détails à travers le texte, mais le regard des personnages nous rend ce monde terriblement vivant et crédible. Le système de magie passe par la connaissance des noms des éléments et de l’environnement, et renvoie ainsi aux hommes primitifs, et donc à une puissance ancienne et presque absolue. On peut dire aussi qu’il y a une forme de magie dans l’écriture d’Ursula K. Leguin, nous happant et nous empêchant de déposer le livre.
Ce cycle est constitué de six livres : « Le Sorcier de Terremer » nous raconte la jeunesse de Ged, sorcier de grand talent mais assez arrogant, et son terrible combat contre lui-même et son propre pouvoir. « Les Tombeaux d’Atuan » nous fait rencontrer Tenar, grande prêtresse donnée en sacrifice pour calmer la soif des innomables, et qui sera sauvée par Ged, parti à la recherche de ces fameux tombeaux légendaires et d’une relique qu’ils abritent. « L’ultime Rivage » constitue le dernier tome de cette première trilogie et marque le combat ultime de Ged, devenu alors archi-mage, pour ramener l’équilibre sur le monde en compagnie d’Arren, jeune prince venu lui prêter main forte. C’est dans ce contexte que prend place le film de Ghibli, en modifiant cependant drastiquement l’histoire par rapport à l’original, tout en conservant certains thèmes prépondérants et l’idée générale développée dans ces ouvrages.
  
 
 
 
 
Dix-sept ans plus tard, Ursula K. Leguin retourne vers Terremer et décide de nous narrer le destin de Ged, dont le sort restait mystérieux à la fin du troisième livre. « Tehanu » est très différent des précédents titres constituant le cycle. Très calme, très quotidien dans ses évènements, mais terriblement angoissant en même temps, surtout sur la fin. On y suit la vie quotidienne de Tenar, qui est devenue une femme du peuple simple mais forte, et l’évolution de sa relation avec Therru, jeune fille défigurée et quasiment muette qu’elle a recueillie, ainsi qu’avec Ged, qui est revenu de son dernier combat en piteux état. Vient ensuite « Les Contes de Terremer » (qui donnera donc son nom au film éponyme malgré le fait qu’il n’y a aucun lien ou presque avec les histoires décrites dans le livre), un recueil de différentes histoires prenant place dans le monde de Terremer, sans ordre chronologique précis, qui parfois nous éclairent sur certains évènements décrits dans la première trilogie, parfois servent juste à nourrir l’imaginaire autour de ce monde fantastique. Enfin, le cycle trouve sa conclusion dans « Le Vent d’Ailleurs », où la plupart des conflits trouvent enfin leur réponse.
 
 
 
 
 
En ce qui concerne le film de Ghibli en lui-même, il peut s’apprécier à deux niveaux. Il s’apprécie évidemment en tant que tel, et se suffit à lui-même au niveau de l’intrigue et des personnages, sans perdre ses spectateurs dans le processus, ce qui est la marque d’une adaptation efficace.
 Cependant, la lecture du roman éclaire évidemment beaucoup de choses sur le passé des personnages, et donc sur leurs relations. Il est bien sûr très difficile d’adapter plusieurs romans en un seul film, même en changeant nombre d’éléments dans l’histoire. Néanmoins, cette adaptation des studios Ghibli s’en tire plutôt bien, car elle parvient à conserver l’essence de ce qui fait la force des romans dans son ensemble, c’est-à-dire cet aspect très quotidien du monde qui entoure nos héros et ce côté « humain » des personnages, qui ne sont pas des surhommes et affrontent des forces qui les dépassent clairement, et ils en sont conscients.
Connaître le passé des personnages via le roman permet évidemment d’avoir une meilleure vision d’ensemble sur leurs relations et leurs doutes. La marque sur le visage de Ged est la réminiscence de son propre combat contre son arrogance et son dédain pour la mort. La relation qu’il entretient avec Tenar apparaît bien plus évidente après avoir lu les romans également. Et la nature de Therru n’est une surprise pour aucun qui serait déjà fan de l’œuvre d’Ursula K. Leguin.
En parlant de l’auteur d’ailleurs, elle a considéré le film en ces termes : « Ce n’est pas mon livre, c’est votre film, et c’est un bon film ». En ces termes, elle détache clairement sa propre œuvre du film, qu’elle juge très différent, tout en reconnaissant les qualités de l’œuvre de Gorô Miyazaki. Ce qui n’est en soi ni bon, ni mauvais, mais laissé entièrement à l’appréciation des spectateurs, fans du roman ou non.
   
  

© GND / HDDT / Buena Vista International

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