Les Contes de Terremer - Actualité manga
Dossier manga - Les Contes de Terremer

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Publié le Vendredi, 07 September 2012


Réalisation et ambiance

 
 
Je dois l’admettre, je n’ai aucune idée ce qui fait un génie ou pas en matière de réalisation. Je remarque avec aisance sans aucun doute les maladresses et ce qui fait un mauvais film, mais il m’est bien plus difficile parfois de me dire qu’un film dont j’ai beaucoup apprécié les thèmes, l’histoire et la façon dont elle racontée puisse être mal réalisé. C’est pourquoi les critiques assez de la presse japonaise assez injuste. À titre personnel, ce que je regarde avant tout, c’est l’émotion que me procure l’œuvre, plutôt qu’une comparaison avec ce qui a déjà été fait ailleurs d’un point de vue strictement technique ou de cohérence pure. De ce point de vue, Les Contes de Terremer remplit son office en ce qui me concerne, et même plus. Les émotions, les sujets traités, la caractérisation des personnages… Sans oublier les conditions de production particulière dans lequel le film a été produit (9 mois à peine tout de même). Tout cela donne un tableau paradoxal parfois, mais attractif et plein de personnalité. D’autant plus qu’il s’agit là de la première œuvre d’un réalisateur qui n’a aucune formation sur le sujet, qui n’a guère d’autres références que le travail du studio, et qui pourtant possède une vision claire et un sens de la mise en scène propre qui s’avère très intéressant, voire impressionnant, si on prend le temps de prendre le film pour ce qu’il est, un produit de la culture Ghibli, qui en reste très proche dans l’esprit tout en présentant ses propres forces et originalités.
Certes, on y trouve sans aucun doute des maladresses, des passages qui auraient gagné à être davantage développés, de même que pour les personnages et certaines situations. Certes, on y retrouve aussi une forte influence des pères fondateurs du studio, mais cela apparaît assez logique quand un film provient d’un même bain d’influence… Néanmoins, le film possède nombre de moments particulièrement poignants, et qui restent définitivement en mémoire après en avoir terminé le visionnage.
  
 
  
 
 
La représentation des dragons est particulièrement admirable. Majestueux et terrifiants à la fois, beaux et monstrueux en même temps, il y a quelque chose de très noble et d’ancien dans le dessin de ces créatures, qui correspond assez bien à l’univers. Les scènes de vol comptent parmi les plus impressionnantes du film, notamment celle en vue subjective à la fin du film, ainsi que la fameuse scène qui aura permis à Gorô Miyazaki de convaincre son père de lui confier la réalisation du film.
La musique est également mémorable et particulièrement réussie, avec ses accents très médiévaux et mélancoliques qui collent très bien à l’ambiance. Certes, on n’atteint pas le niveau d’un Joe Hisaishi, mais certaines pistes de l’Ost se démarquent très nettement et restent dans les mémoires. La chanson de Therru en fait partie, bien sûr. Chantée « a-capella » (sans accompagnement musical) par Ao Teshima, doubleuse japonaise de Therru et avant tout chanteuse, on peut y sentir beaucoup d’émotion, que ce soit dans les intonations, le ton mélancolique et les paroles. Pleine de tristesse mais aussi d’espoir et de désir de liberté, cette scène sans prétention apparaît définitivement comme un des scènes-clé du film, pour celui qui aura su être sensible au message et à la signification derrière ce chant. Dans la même veine, la fin est très réussie, seulement en musique et parsemée d’images de vie quotidienne après que l’orage soit passé, et qui marque le début d’un nouveau voyage personnel pour chacun des personnages qui aura participé à l’aventure.
La représentation des peurs d’Arren aussi reste mémorable, quand il se retrouve confronté à son double des ténèbres dans un monde issu de son imagination et de ses angoisses. Les scènes de vie quotidienne vers le milieu du film peuvent pourraient paraître longues à certains, mais elles ont leur utilité indéniable pour asseoir l’ambiance qui entoure le roman original de Terremer. Les décors peuvent apparaître parfois un peu vide, mais servent parfaitement à nous mettre dans l’ambiance développée dans le titre. Et la scène de la révélation de Therru évidemment reste un des moments forts du film, intéressant dans son exécution et qui conclut de manière plus que satisfaisante le destin de l’ennemi qui ne voulait pas mourir.

Certes, le film laisse un peu de côté ceux qui ne sont pas fans des romans, et laissent sur leur faim ceux qui le sont. Certes, le film manque sans doute de cette aura qui fait s’incliner les gens. Néanmoins, il dégage aussi et surtout beaucoup de personnalité, d’affection pour son sujet et une vraie volonté de faire passer quelque chose à travers les images. Il y a beaucoup de vie dans Les Contes de Terremer, et ce film est la porte d’entrée qui m’aura permis de connaître et donner envie de pénétrer dans cette contrée mystérieuse qu’est Terremer. Et rien que pour cela, je l’en remercie.
 
 

© GND / HDDT / Buena Vista International

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