Les Contes de Terremer - Actualité manga
Dossier manga - Les Contes de Terremer

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Publié le Vendredi, 07 September 2012


De la lumière aux ténèbres, des ténèbres à la lumière

 
 
Les films de Ghibli se caractérisent assez souvent par une ambiance plutôt sombre au niveau visuel. Princesse Mononoké en est sans doute l’exemple le plus flagrant. Les Contes de Terremer s’inscrivent dans cette tradition, en poussant l’effet plus loin encore d’un certain point de vue. En effet, si généralement chez Ghibli la noirceur est compensée par un certain humour et un peu de féérie, le film de Gorô Miyazaki est assez sombre de bout en bout, avec un petit vent de fraîcheur sur la fin pour finir sur une note positive. Néanmoins, le fait est là, Les Contes de Terremer joue sans aucun doute la carte du sérieux  Cela ne signifie nullement une lassitude quelconque, loin de là, mais la rupture est bien présente par rapport aux précédentes productions Ghibli, et elle surprendra sans doute les fans de la première heure.
Il faut dire aussi que les thèmes abordés dans le film ne prêtent pas vraiment au rire spontané et à la bonne humeur : immortalité, peur de mort, équilibre du monde, balance fragile entre ce qui le constitue… Bref, l’ambiance est assez sombre, les enjeux importants et décisifs. D’autant plus que le film commence dans le sang, à la fois celui des dragons et des hommes. Le monde est en péril, et personne ne semble réellement en saisir la raison. Nous renvoyant à nos jours d’aujourd’hui ?
Le film aborde tout du long ce combat de l’homme contre sa propre mortalité, ce refus de se reconnaître mortel et qu’il s’agit du cycle naturel des choses, non seulement irrémédiable mais aussi indispensable pour maintenir la balance du monde. Le personnage d’Aracnéide bien entendu représente cet état dans sa forme la plus pure, plus manichéenne qu’autre chose. Un être 100% maléfique qui est prêt à envoyer calmement le monde vers sa perte si cela signifie pour lui d’atteindre son but, sans le moindre regret. Certainement pas le méchant le plus charismatique produit par le studio, mais il remplit son office dans l’illustration des thèmes propre à ce que souhaite véhiculer le film.
    
   
   
   
  
Arren est bien plus intéressant dans son combat intérieur. On ressent sa terreur, ce côté extrêmement instable de sa personnalité, qu’il cache derrière un caractère faible et résigné, mais sachant faire montre de courage et d’une grande force aussi en certaines occasions. Il n’est pas un élu dans ce combat contre le mal, mais victime s’il en est. Victime de la propre folie des hommes de se croire au-dessus des lois naturels en toute circonstance, et ne savent même plus apprécier le cadeau qu’est la vie, tellement ils sont effrayés de la perdre un jour. Son parcours et le cheminement qu’il mène jusqu’à finalement se retrouver lui-même constitue vraiment l’axe principal du film, de meurtrier à repenti, et prêt à enfin accepter le poids de ses actes et de ses agissements.
Therru est elle aussi très attachante dans sa façon d’être. Marquée à vie par son passé, son existence en tant que personne épanouie a brutalement pris fin, à cause de la cruauté des hommes. Elle ne trouve son contentement au début du film que dans son lien avec Tenar, et rejette violemment la force sombre qu’elle semble sentir en Arren. Néanmoins, leur relation va évoluer, se renforcer au fur et à mesure de leur combat contre l’ennemi invisible, pour se transformer en respect, en sourire et en rires. Tout deux au final appartiennent à la grande tradition des couples Ghibli, de la même façon qu’un Ashitaka et une San (d’autant plus que leur relation est au départ conflictuelle), ou encore qu’un Haru et une Chihiro, pour n’en citer que quelques exemples.
Ennemi invisible, magie des mots et nos des artifices pyrotechniques, moments très quotidiens et conflits intérieurs… Les grands traits de l’œuvre de la romancière sont indéniablement présents, et sont plutôt bien adaptés à l’écran. Les scènes de vie quotidienne par exemple font partie intégrante du travail de l’auteur, et l’adaptation en images montre son efficacité, et sait poser l’ambiance, bien que ce procédé sera sans doute considéré par beaucoup comme « ennuyeux ». Ce style particulier de narration et de prise de position ne plaira pas à tout le monde, et c’est quelque chose qu’il faut accepter. C’est indéniable, il faut aimer un différent genre d’action pour apprécier Les Contes de Terremer, apprécier le conflit intérieur au combat direct, et surtout être prêt à prêt à prolonger l’expérience du film et se tourner vers les romans afin de mieux saisir certains point-clés sur les personnages, bien que le long-métrage se suffise à lui-même totalement.
  
 

© GND / HDDT / Buena Vista International

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