L'Attaque des Titans - Partie 1 - Actualité manga
Dossier manga - L'Attaque des Titans - Partie 1

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Publié le Vendredi, 30 October 2015


Le trait d’Hajime Isayama… Art incompris ou lacunes visuelles ?


Le dessin du manga L’Attaque des Titans est encore un autre sujet de discussion. L’auteur présente en effet un style si particulier que celui-ci a trouvé nombre d’adeptes mais aussi beaucoup de détracteurs qui, rebutés par l’esthétique si particulière, se sont rabattus sur l’adaptation animée et ne comptent pas changer de support. Hajime Isayama n’est pourtant pas le premier à diviser les foules pour le dessin qu’il a développé, des shônen phares comme One Piece et Jojo’s Bizarre Adventure sont de très bons exemples puisque certains lecteurs se sont montrés rebutés par ces styles si différents, très personnels pour les auteurs certes, mais déroutant puisqu’assez uniques.

De manière objective, les débuts de la série présentent de sérieuses lacunes qui ont effectivement de quoi effrayer le lecteur. Le mangaka montre en effet un trait d’une grande finesse mais entaché par des erreurs de dessin, que ce soit le style assez hésitant ou de grosses erreurs de proportions, notamment du côté des titans. Ce dernier point peut toutefois être perçu comme une qualité, ces fautes de style les rendant particulièrement grossiers et donc bien plus effrayants !




Mais les limites du trait sont bien visibles. Le dessin de l’auteur a une aura certaine mais entachée par moult détails et surtout l’absence de profondeur qui nous empêchent de l’apprécier comme un véritable art… du moins jusqu’à ce que ce même trait évolue au fil des chapitres, comme dans tout manga en fait. Car quelle que soit l’œuvre, à partir du moment où celle-ci dure dans le temps, l’auteur évolue toujours entre son premier et son dernier opus, certains traits devenaient même méconnaissables au fil du temps, votre serviteur ayant été par exemple fortement marqué par l’évolution du style d’Akira Amano dans Reborn !. Mais revenons-en au cas Isayama qui a visiblement appris à maîtriser son art pour l’étoffer. Sur les pages statiques, le style a gagné en densité puisque le coup de crayon d’un fin a laissé place à des planches plus approfondies et largement moins hésitantes. Les particularités esthétiques de l’auteur sont toujours évidentes mais il n’a plus l’allure d’un débutant par rapport aux premiers chapitres. Hajime Isayama évolue aussi dans sa manière de dépeindre l’action, les tomes 7 et 8 proposant d’ailleurs de grands moments en termes de narration et de mise en scène par la construction des planches. Un simple positionnement de quelques cadavres en plein milieu de la lutte entre deux entités permet d’apporter une profondeur et un ton dramatique incroyable à une planche fixe sans compter que lorsqu’il s’agit de faire ressortir la nervosité de séquences d’action à base d’équipement tri-dimensionnel, l’auteur brise tout statisme dans sa narration.

Hajime Isayama n’est pourtant pas le genre d’auteur dont on apprécierait le travail sur un art-book. Son talent se ressent sur le récit, que ce soit le style qu’il a développé sur des planches classiques où sa manière parfois inventive de présenter les combats contre les titans. Et sachant que la série a encore de beaux jours devant elle, le Maître a le temps de se perfectionner encore.


Les prouesses d’une adaptation animée


C’est au printemps 2013 qu’apparaît la tant attendue adaptation animée de L’Attaque des Titans, une série qui faisait déjà parler d’elle grâce au manga qui gagnait déjà en popularité et des trailer alléchants montrant des prouesses de la collaboration entre WIT Studio et Production I.G. Le résultat fut à la hauteur de bien des attentes puisque la série a largement secoué ses spectateurs, en bien, grâce à une réalisation particulièrement soignée.

La première prouesse de cette adaptation, c’est avant tout d’avoir rendu accessible une œuvre dont l’esthétique du support original ne plaisait pas à tout, nous parlons bien entendu du style graphique d’Hajime Isayama. Le travail effectué est cette fois plus lisse, le character-design plus précis et beaucoup moins hésitant, et un côté brouillon omniprésent dans le manga qui n’apparaît jamais dans les plans de la série. Aussi, il y a de quoi être bien plus plongé dans les batailles, notamment celles du district de Trost où les décors sont dépeints avec grande précision là où les premiers chapitres du manga d’origine pouvait laisser de nombreux arrières plans plus vides.

Dans la mise en scène, les équipes ont pris soin de retranscrire les ambiances développées dans le manga et se paie même le luxe de les extrapoler. La tirade d’Armin à la moitié du premier arc est un parfait exemple puisqu’à travers un discours on ne peut plus classique, l’anime fait jaillir une sensation d’héroïsme qu’il aurait été difficile de ressentir lors de la lecture du support papier, preuve qu’un soin tout particulier a été apporté pour tenter de sublimer chaque séquence de l’œuvre initiale.




Le travail technique effectué par les deux studios d’animation fait aussi partie des atouts de la série, on retient par exemple les incroyables séquences de déplacement à l’aide de l’équipement tri-dimensionnel qui, pourtant, est une d’être une révolution dans la méthode utilisée puisque les personnages se déplace sur des plans fixes défilant à vive allure, donnant une sensation de vitesse qui colle parfaitement à l’image des combats que l’on peut s’imaginer entre les soldats et les titans.

A ceci, ajoutons la bande originale de Hiroyuki Sawano qui a déjà fait des prouesses sonores, par exemple dans l’OST de Gundam Unicorn. L’artiste réitère en proposant des compositions orchestrales, donnant dans le grandiloquent et le grand spectacle de manière à rebondir sur les tentatives d’apporter une ambiance puissante aux grandes scènes de la série. L’originalité est aussi de recourir à des « insert-songs », des chansons lyriques jouées en plein épisode, ici souvent dans la langue de Shakespeare.

En somme, la première saison de l’anime L’Attaque des Titans réunit tous les ingrédients les plus efficaces pour faire un anime divertissant et ainsi rendre justice à l’histoire captivante d’Hajime Isayama. En soi, la production ne révolutionne pas l’animation japonaise mais fait office de série de très bonne facture pour son époque, il est alors facile de comprendre comment le succès de la saga est devenu « titanesque » suite à cette adaptation.

Et à grand succès, grandes ambitions. Les 25 épisodes de la première saison sont loin de constituer l’entièreté de la saga animée des titans. On les a déjà évoqués précédemment mais 5 OAV viennent les compléter et s’inscrivent directement dans l’histoire officielle de la série, des épisodes spéciaux qu’il serait difficile de voir arriver en France étant donné les spécificités de la distribution japonaise qui résultent d’un partenariat entre le manga et l’anime. A ceci, ajoutons les deux films cinémas qui récapitulent la première saison, de quoi contenter les spectateurs qui préfèreraient passer par le moyen le plus succin pour découvrir la première partie de l’histoire. Le compromis est d’autant plus excellent que le premier film, « L’arc et la flèche écarlate », a montré qu’il faisait les meilleurs choix pour résumer l’intrigue à ses éléments essentiels tout en se concentrant sur l’action pour entretenir un rythme endiablé et incessant jusqu’à la fin. Vient enfin la saison 2 de l’anime, confirmée officiellement depuis quelques mois et dont le second film cinéma a légitimité l’existence à travers une scène post-générique présentant une scène inédite à la première salve d’épisodes et, surtout, essentielle pour le démarrage de la deuxième partie de l’histoire de la série, celle où tous les mystères sur les titans éclateront… Mais ça, ce sera pour un autre dossier.


Edition et adaptation


L’Attaque des Titans, c’est la nouvelle poule aux œufs d’or de Pika après que des séries phares comme Negima ! se sont achevées. L’implication de l’éditeur dans ce projet est totale puisqu’en à peine plus de deux ans, les fans les plus ardus ont dû avoir le portefeuille solide pour suivre la totalité de la publication. Au total, ce ne sont pas moins de 24 volumes qui sont parus durant ce laps de temps, en comptant la série principale, ses spin-off et ses guide-book. Pika a en effet propose, en plus que la série d’origine, les deux tomes informatifs ainsi que les histoires parallèles « Before the Fall » et « Birth of Livai » que nous n’avons finalement que très peu évoqué ici, mais sur lesquelles nous reviendrons dans de futurs dossiers. Oui, Pika a profité du succès fulgurent de la série, d’autant plus qu’avec l’édition colossale, c’est relativement tôt qu’un grand format paraît mais à côté de ça, pourquoi rogner sur des œuvres qui ne font qu’agrandir et développer l’univers ? Gageons qu’avec L’Attaque des Titans – Junior High School, l’éditeur s’attaque à un fragment bien plus secondaire de la saga… Qu’en sera-t-il de la qualité ?

Il faut aussi souligner que Pika traite sa série avec soin. Les volumes sont de qualité plus que convaincante côté conception et impression, et on retient aussi le nom de celui qui se charge de la traduction depuis le japonais. Sylvain Chollet a reçu ses lettres de noblesses avec la première traduction de One Piece qui, malgré ses choix d’adaptation, s’était montrée diablement inventive et collait à merveille avec l’univers de la série. Le ton n’est évidemment pas le même pour L’Attaque des Titans mais le traducteur se montre tout aussi talentueux au niveau des termes et des explications décrites car les moments de dialogues sont loin d’être rares dans la série, pour peu que l’action cesse temporairement.



  
  
  

SHINGEKI NO KYOJIN © Hajime ISAYAMA / Kodansha Ltd.

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