L'Attaque des Titans - Partie 1 - Actualité manga
Dossier manga - L'Attaque des Titans - Partie 1

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Sommaire

Publié le Vendredi, 30 October 2015


Un scénario aux multiples possibilités



Richesse du contexte narratif


Un prédateur inconnu, un monde qui ne demande qu’à être exploré… Dès les premières pages, les points intrigants de la série sont présentés et tout lecteur qui soit sera finalement assez curieux de savoir comment la série peut traiter ces éléments. De fil en aiguille, le background de l’œuvre se renforce pour laisser place à toujours plus de mystères dans la dimension rationnelle de L’Attaque des Titans. Chapitres après chapitres, épisodes après épisodes, quelques questionnements  s’ajoutent à la liste des énigmes sans que le lecteur ou spectateur sache si, ou non, tous ces éléments convergents les uns vers les autres. Est-ce que la soudaine disparition évoquée du père d’Eren est liée à l’intrigue ? Qu’en est-il de la forme humanoïde des titans et le fait que celui-ci soit sorti de nulle part, apparu comme si de rien n’était ? On peut aussi interpréter tout un tas de sous-intrigues comme la préparation d’un récit bien plus vaste, que ce soit la mort mystérieuse d’un personnage aux alentours du troisième volume ou encore les questionnements incités par Erwin Smith en Eren Jäger.




D’ailleurs, notons que ce dossier ne se focalise que sur le premier cycle du manga, autrement dit les huit premiers tomes qui font écho au premier stade de l’adaptation animée. A l’heure actuelle, il y aurait beaucoup à dire pour étoffer notre argumentation, soulever les possibilités démentes du scénario qui ne font qu’enrichir l’intrigue générale et la trame de fond, notamment politique, de la série qui atteint un degré de lecture qu’on n’aurait pas forcément imaginé en ouvrant le premier tome. Gardons alors toutes ces idées sous le coude car une fois que la publication française aura encore progressé et que la saison 2 de l’anime se sera montrée, il y a aura beaucoup, beaucoup plus à dire que les richesses proposées par la série.


Le surnaturel, élément majeur du potentiel de la série


Nous avons volontairement éludé jusqu’à présent un certain aspect de la série et, à ce titre, nous vous recommandons de passer immédiatement à la partie suivante de ce dossier si vous êtes un futur lecteur ou spectateur de L’Attaque des Titans et que vous souhaitez conserver un minimum de mystère sur les premiers rebondissements de la série qui, bien que proposés très tôt dans l’histoire, constituent une surprise majeure du scénario.

Rapidement, L’Attaque des Titans ne se cantonnent pas à un traitement rationnel des événements et de la bataille contre les titans, une notion de « pouvoirs » apparaît ainsi dès le second tome et se poursuit petit à petit dans la série, concernant une poignée de personnages afin de limiter l’aspect disproportionné de la faculté spectaculaire. On parle bien-sûr de la transformation d’Eren en titan, l’un des aspects les plus mystérieux de la série qui soulève encore les possibilités du scénario. La mécanique va aussi de pair avec les éléments cités précédemment puisque donner une telle puissance à un personnage permet aux humains, impuissants de s’élever et de faire jeu égal avec l’ennemi. Mais cela pourra aussi décevoir ceux qui s’attendaient à une guerre plus terre à terre entre l’Homme et son prédateur puisqu’à voir un des alliés se transformer en l’un de ceux qui sont les ennemis du genre humain, le titan perd un peu de son effroi, de sa mystification, en plus d’en dire trop long sur les origines des fameux mangeurs d’hommes. Toutefois, en se concentrant sur les huit premiers tomes de la série, cet aspect de la série se limite largement. Le nombre de personnages doté de ce pouvoir est plus que limité sur ce fragment de tomes (et donc sur la première saison de l’anime) et permet de justifier une vraie contre-attaque de l’humanité en plus de proposer des combats toujours plus impressionnants, sans compter toutes les questions soulevées par cette transformation qui, pour le coup, semblent légitimement liée à l’intrigue clef, celle du fameux mystère sur les titans.




Reste à savoir si dès la naissance de cette idée dans la tête d’Hajime Isayama et sa présence sur le papier, le mangaka avait en tête le cheminement global de la série et la manière de relier cette ficelle au grand scénario de l’œuvre. Car gageons que si l’auteur a rapidement eu une idée de la fin de son histoire, une fin dite traumatisante car fortement inspirée de la nouvelle The Mist de Sthephen King selon les dires d’Isayama, la popularité de son manga et l’attachement des lecteurs envers les personnages aurait eu raison de cette première idée, la série s’orientant finalement vers une conclusion moins éprouvante. Qu’en sera-t-il vraiment ? Il est encore trop tôt pour ouvrir le débat sur les influences d’un auteur par rapport à son lectorat, mais toujours est-il que l’intrigue fantastique de L’Attaque des Titans a encore beaucoup à nous dire et engendre de grandes discussions en attendant que l’intrigue fournisse des réponses concrètes à ses lecteurs.


Shônen sombre et Dark-Fantasy


L’un des grands débats lors de la sortie du manga et de l’anime en France ne fut pas seulement l’origine mystérieuse des titans puisque le type du récit a aussi fait des émules, occasionnant même des échanges virulents sur la toile. L’Attaque des Titans est un shônen, ou alors un seinen ? Car si le ton sombre et le côté horrifique des titans dévorant des humains renvoyant à un lectorat plus mature, le titre d’Hajime Isayama est pré-publié dans le Shônen Magazine de l’éditeur Kôdansha qui a donc jugé que le récit est un shônen et cible avant tout de jeunes garçons. Mais il semble aussi important de souligner que ces classifications ne sont pas des genres et représentent simplement un ciblage éditorial qui s’avère de plus en plus désuet, de plus en plus d’œuvre empruntant des styles qui correspondent aussi bien à la gente masculine que féminine, aux plus genres comme aux lecteurs plus âgés.

L’Attaque des Titans cherche ainsi à respecter des codes vus dans nombre de séries faites pour plaire aux plus jeunes, ces mêmes ficelles que nous ont proposé Dragon Ball, One Piece et bien d’autres. Le monde où l’humanité n’est plus que l’ombre d’elle-même est une idée retrouvée dans nombre d’histoires, tous supports confondus et dont Hokuto no Ken est l’un des fiers représentants du côté du manga. L’apparition des pouvoirs eux-mêmes permettant à la série de s’éloigner d’une vision réaliste et de limite l’ambiance horrifique de la série, proposant à un adolescent de se battre à armes égales contre des adversaires qu’il ne pourrait atteindre en temps normal, d’autant plus que chaque mise en scène de ces pouvoirs ont pour seul but de provoquer l’excitation de son lecteur, excitation que d’autres avant lui ont ressenti en voyant Gokû se transformer en Super Saiyen face à Freezer.




Du côté du casting des personnages, difficile de faire plus stéréotypés. Eren est une tête brûlée aux objectifs déments et doté d’une faculté hors du commun, Armin est plus peureux mais agit comme la tête pensante du groupe, Mikasa est aussi belle que ténébreuse et affiche des compétences sur-exagérées, des atouts partagés avec Livai qui, à lui seul, a conquis nombre de lectrices. Dans le fond, L’Attaque des Titans ne révolutionne pas tellement son genre, il n’est qu’un récit d’action de plus dans la catégories des œuvres grand public, un titre qui développe pourtant son récit sans tabous en présentant des scènes crues mais en épargnant son lecteur sur un point : les héros s’en sortent toujours grandis, seuls les personnages les plus secondaires font office de chair à pâtée, ce afin de renforcer l’héroïsme de la contre-attaque des personnages principaux et susciter l’émotion sans pour autant réduire le casting principal de l’œuvre.

Et même si la série respecte tous ces codes, quelle importance sachant qu’elle ne cesse de développer des qualités ? Les concepts dépeints par Hajime Isayama fonctionnent, son univers garde une identité et le potentiel de l’intrigue associé aux nombreux mystères de la série font que la série captive. Dès lors, à quoi bon vouloir ancrer le récit dans un moule et ne pas simplement l’apprécier comme une œuvre qui a beaucoup à nous dire, tout simplement ?
  
  
  

SHINGEKI NO KYOJIN © Hajime ISAYAMA / Kodansha Ltd.

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