La politique, un sujet trop sensible ? - Actualité manga
Dossier manga - La politique, un sujet trop sensible ?
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Publié le Vendredi, 20 March 2020


« Magi the Labyrinth of Magic », ou comment parler de la Guerre Froide dans un univers des Milles et une nuits...


Vous ai-je déjà dit que j'adorais cette série ? Oui ?
Non, je ne radote pas du tout, roh...

Trêve de plaisanteries, et parlons de l'aspect politique de « Magi, the labyrinth of Magic », la série qui a fait exploser la talentueuse Shinobu Ohtaka. Et cet aspect n'arrive pas tout de suite dans la série. Il faudra attendre trois/quatre tomes pour arriver dans le vif du sujet, avec des jeux de pouvoirs au sein du royaume de Balbad. Mais ce dont je vais vous parler, ce n'est pas la conquête de l'empire Kô, ce n'est pas la diplomatie à la Sinbad. Non, ce dont on va parler, c'est ce qui arrive une fois arrivée la « mort » de Ali Baba, après les deux ans de blanc dans l'histoire, qui va passer d'un univers de fantasy un peu moyenâgeuse à un monde presque de science-fiction.


  


Ce qui est vraiment intéressant, c'est la comparaison que va faire Budel. A ce moment-là, Shinobu Ohtaka met très clairement en opposition deux idéologies : le capitalisme pour Sinbad, et le communisme pour Koen. Enfin, disons plutôt qu'elle oppose les grands fondements de ces deux idéologies, de manière assez simpliste, mais tout de même efficace.

Ce que j'aime aussi dans cette présentation, c'est que Shinobu Ohtaka ne met aucune idéologie sur un piédestal, et n'en condamne aucune. Les deux sont présentées avec des avantages, et des défauts. Pour l'empire Kô, si on peut louer le désir de répartir les biens de manière égale, et d'offrir une place pour chaque personne, on se souvient aussi de la manière dont ils ont envahi tous ces pays, et que l'esclavage avait encore cours, même si c'était temporaire. Leur objectif était d'unifier le monde, pour que les différences entre les pays et les gens disparaissent et que les possibilités et envies de conflits disparaissent.

De l'autre côté, nous avons la vision de Sinbad, où le commerce doit primer sur les rixes entres les pays. Il espère que le marché qui reliera tous les pays les empêchera d'entrer en guerre, car ils seront tous interdépendants. Dans ce monde, la liberté individuelle prime, chacun peut entreprendre comme il le souhaite, mais la réussite se fait au détriment de l'échec des autres. C'est un monde où la violence est plus insidieuse, et plus cruelle envers ceux qui n'arrivent pas à s'adapter aux règles du jeu.

Petit rappel historique : il y a plus de cinquante ans, alors que nous sortions de la Seconde Guerre Mondiale, une nouvelle guerre s'est mise en place entre deux grandes entités : les États-Unis et le bloc soviétique communiste. Et si cette guerre a mené le monde à vivre une trentaine d'années avec une épée de Damoclès sur la tête, cette Guerre Froide s'est terminée sur la défaite idéologique de l'URSS. Et c'est assez triste de voir qu'à cause des erreurs de l'URSS (et ce ne sont pas de petites erreurs, il y a quand même eu de nombreux, très nombreux morts), toute l'idéologie communiste est quasi morte avec elle. Je tiens à le dire ici : le communisme ce n'est pas que l'URSS, ce n'est pas que la République Populaire de Chine, ce n'est pas que la Corée du Nord. Le communisme c'est aussi la Sécurité Sociale, ce sont des syndicats forts qui ont arraché la semaine à 40h, une semaine de congés payés, les retraites... C'est aussi une vision plus solidaire de la vie. Et au lieu de rejeter en bloc ce passé, nous ferions mieux de le regarder directement en face, de voir ce qui a marché et ce qui n'a pas marché dans ces régimes et en tirer des leçons. Car oui, on peut parler de l'URSS et de ces millions de morts, mais dois-je vous rappeler que le capitalisme est aujourd'hui incapable de nourrir le monde entier ? Qu'il détruit notre éco-système ? Qu'il a rendu nos États complètement impuissants ? (sachez qu'un Etat peut être condamné par des tribunaux internationaux s'il met en place des politiques qui vont nuire au profit de grandes entreprises... Chouette.)

Soyons clair : je ne dis pas ici que le communisme est mieux que le capitalisme, ni l'inverse d'ailleurs. Ce seront des choix que chacun fera en son âme et conscience. Pour ma part, j'ai fait le mien. En revanche, je refuse de vivre dans un monde où parler de communisme est presque un gros mot, un scandale à cause de l'URSS. Je refuse de vivre dans un monde où on me dit que le capitalisme est la seule route à suivre, et qu'on ne peut plus rien y faire. Non, désolée, mais je ne peux pas me résoudre à ça. Au contraire, il faut savoir faire face aux avantages et inconvénients de chaque idéologie, savoir les remettre en question, et la solution se trouvera sans doute dans un juste milieu des deux... ou peut-être dans une alternative totalement différente, seul l'avenir nous le dira !


  


Et c'est pour ça que des séries comme « Magi, the Labyrinth of Magic » sont nécessaires. Parce qu'elles vont en parler de manière simplifiée, nous montrer les deux côtés de chaque pièce, et surtout ne pas condamner l'une ou l'autre. Alors oui, ce ne sont pas des réflexions hyper poussées, je le reconnais, mais cela reste une bonne porte d'entrée pour aborder ces thématiques. Surtout pour un public jeune qui n'en a quasiment jamais entendu parler, ou en tout cas qui n'a jamais vraiment réfléchi à la question.
  
  



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