Fairy Tail - Actualité manga
Dossier manga - Fairy Tail

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Sommaire

Publié le Jeudi, 01 December 2011


Énorme succès commercial partout où il passe, Fairy Tail rassemble de toute évidence une certaine forme d’unanimité (et une animosité proportionnellement virulente, en accord avec les lois naturels). Pourtant, il faut être honnête, la série ne présente rien de bien original, que ce soit dans son univers, ses pouvoirs ou ses personnages, ne développe aucun thème porteur ou profond, et ne cherche visiblement pas à se démarquer de ce qui se fait ailleurs ou de ce qui a déjà été fait dans le passé. Pourtant, la sauce prend, de toute évidence. Dans ce cas, quelle est la recette du succès ? Réponse : des combats qui vont droit au but avec effets spéciaux, un scénario simple et à la hauteur des personnages, des acteurs pas forcément malins ou profonds mais attachants, la mise en avant des codes shônen dans leur forme la plus pure, le tout saupoudré d’une touche de charme féminin. Bref, le divertissement shônen dans sa forme la plus basique et la plus directe, et quelque part la plus sincère ou en tout cas la plus honnête. Explications.
  
 
  
 
 

It’s a magical world

 
Fairy Tail prend place dans un monde où la magie n’est pas une chimère, et toute personne qui possède un potentiel magique est susceptible de développer un pouvoir particulier, si elle est efficacement guidée et entraînée. Ainsi, de façon classique, chaque mage possède une spécialité. Pouvoir du feu, pouvoir de la glace, invocation,… les grands classiques du genre. Une spécialisation d’ailleurs assez poussée pour des raisons qu’on imagine pratique (du point de vue de l’auteur), puisque les sorciers ne sortent guère de leur champ d’action premier (par exemple, Natsu ne maîtrise que son sort du dragon). Heureusement, Hiro Mashima sait aussi ajouter des petites touches d’originalité qui nous rendent agréables cette utilisation de pouvoirs, ne se démarquant sinon en rien des canons du genre.

Natsu par exemple, le héros de l’histoire, est un chasseur de dragon, c’est-à-dire qu’il a le potentiel pour user de son pouvoir de la même façon qu’un dragon de feu (il existe différents types de dragons). Il est ainsi par exemple immunisé contre les attaques de feu, qu’il mange (littéralement) pour augmenter ses propres sorts, ainsi que sa force physique. Une forme de magie particulière, et qui est plutôt rare dans le monde de Fairy Tail, bien qu’évidemment, le nombre de chasseur de dragon dans le scénario même deviendra de plus en plus en plus important.
Grey est un mage de glace, qui est capable de donner la forme qu’il désire à ses créations, modelant selon ses besoins des piques, un marteau, un bouclier, et bien d’autres choses encore. Idéal pour s’adapter à toute situation en combat.
Lucy est une invocatrice dans la plus pure tradition, qui ouvre des portes grâce à des clés afin de libérer des créatures qui lui prêteront leur force. La vraie originalité de l’invocatrice, c’est le caractère barré des esprits, tous un peu déjantés, pas toujours bien lunés, avec un design parfois improbable, et pire, pas toujours très utiles ou difficilement contrôlables…
Quant à Erza, elle allie la grâce et la puissance à l’état pure. Son pouvoir est de faire apparaître des armes et des armures aux propriétés plus que variées. Il s’agit sans doute du mage qui sait le plus aisément s’adapter selon la situation. Un système de puissance qui n’est pas sans rappeler les costumes dans Final Fantasy X-2, notamment.

Et tous les autres magiciens de la guilde, chacun à leur manière, présentent eux aussi ce même genre de particularités, avec une brève introduction façon « fiche technique » par Mashima dans les illustrations de début de chapitres (une bonne initiative pour éviter des explications lourdes en pleine action et pour nous familiariser avec d’autres membres moins mis en avant). Bref, il y a à boire et à manger, et si rien n’est original, l’ensemble a le mérite d’être suffisamment bien maquillé et intégré à l’univers pour ne pas choquer. Néanmoins, et c’est là que le bas blesse un peu, tous les combats sont bien bourrins, il faut l’avouer. On assiste souvent à beaucoup de corps à corps avec effets pyrotechniques émanant des poings pour donner l’impression d’un combat de magiciens (avec parfois quelques petites subtilités, trop rares malheureusement). Les combats de Natsu notamment, malgré de très beaux effets pour les flammes, ressemblent fortement à ce qui se fait dans Dragon Ball par exemple.
Autre particularité des affrontements, les combats sont courts. Certes, cet effet contribue à apporter un dynamisme à l’aventure, mais cela signifie aussi des retournements de situation rapide de dernière minute, contribuant à donner l’impression d’un grand manque de subtilité dans ce genre de scènes, qui représentent le cœur du titre mine de rien.

Néanmoins, la raison est facile à mettre en mots : les affrontements sont simples. Ils vont droit au but, ne s’embarrassent pas d’artifices tactiques qui nécessitent des textes et des textes pour nous permettre de suivre l’action. Fairy Tail ne se la joue pas intello, usant davantage d’une approche directe. Ce qui, quelque part, va à contre-courant des titres comme Bleach ou Naruto, qui mettent surtout en avant la complexité des caractéristiques de combat de leurs personnages, à tel point que ça en devient parfois ridicule, car assez mal amené et avec une tendance à casser le rythme (tout le monde n’a pas le talent d’un Araki ou d’un Togashi dans ce domaine). Dans Fairy Tail, tous les personnages sont forts, ou du moins ont les ressources nécessaires pour renverser la situation quand elle l’exige. Parfois même, ils reçoivent une aide extérieure pour mener leur combat à bien. Ce qui représente à la fois une force et une faiblesse, dépendant de notre perception sur ce que doit être le genre shônen. Pas d’entraînement, pas de longues explications, pas de tactiques, seulement du cœur et des pouvoirs. Et c’est largement suffisant pour nous faire passer un très bon moment, et bien plus honnête envers ses lecteurs. Fairy Tail, c’est l’archétype même du shônen basique et fun, qui s’assume et ne s’en cache pas.
   
 
  
 
 

Ciel en Arc

 
L’action de Fairy Tail se situe dans une sorte d’univers fantasy inspiré de jeux de rôles à tendance moyen-âge au niveau de l’ambiance, où les magiciens se rassemblent dans des guildes, ce afin de remplir des missions et ainsi pouvoir gagner leur vie. Dès le début, l’auteur annonce la couleur en ce qui concerne la progression de son titre : un enchaînement de quêtes diverses, sous forme d’arcs ou de sous-arcs (certains font avancer l’histoire, d’autres non), mais dont le déroulement est toujours plus ou moins semblable, c’est-à-dire une mission est proposée à un membre du groupe principal (Natsu, Erza, Lucy ou Grey), et s’ensuivront des combats en chaîne mettant en scène principalement cette petite équipe, pour des raisons plus ou moins variées (avec quelques petits moments pour souffler entre chaque grand affrontement). Cela a le mérite d’être clair quant à l’état d’esprit de la série : elle peut se prolonger aisément tant qu’elle engrange du succès.

Il y a certes quelques mystères en toile de fond (la recherche du maître dragon de Natsu, mystérieusement disparu), qui peuvent tenir lieu de scénario, mais qui ne seront vraiment développés que quand l’auteur aura décidé de se lancer dans la dernière ligne droite de son aventure, à n’en pas douter. Jusqu’à présent, les différentes quêtes et missions sont surtout un moyen pour recruter de nouveaux membres, de lancer quelques pistes, d’éclaircir le passé de certains personnages principaux, et de resserrer les liens entre les membres de la guilde et les nouveaux arrivés. Et il faut bien le dire, ça fonctionne très bien. Pas très original, mais suffisamment pour conserver l’attention et l’intérêt du lecteur. Il y aura toujours des gens qui pleurnicheront que le titre ne développe pas un fil rouge solide, mais mieux vaut un titre simple, efficace et facile à suivre, qui reste fidèle à ses racines, plutôt qu’un titre cherchant une complexité difficile à conserver dans un système d’édition où il faut avoir les épaules solides pour faire accepter son originalité et surtout assumer sur le long terme sa folie des grandeurs.

Surtout que l’avantage de ce système de petites quêtes, c’est que l’auteur ne se perd pas dans son histoire et peut plus facilement rester fidèle à lui-même. On ne part pas souvent dans des missions qui dépassent complètement les personnages, qui impliquent le monde entier. Dans Fairy Tail, tout est à échelle humaine dans sa forme la plus simple, frôlant le simplisme parfois. On rencontre de nouveaux personnages sympathiques, on fait connaissance avec des autres membres de la guilde, on découvre de nouveaux pouvoirs, etc. Les arcs sont courts, quatre ou cinq volumes pour les plus longs, avant de passer à autre chose. Du rarement vu dans le genre, qui a souvent tendance à proposer un projet ambitieux et fini par se casser la gueule ou trahir l’esprit de départ parce que le traitement se fait d’une manière justement trop simple par rapport au propos. « Cohérence », « Simplicité » et « J’assume », les mots-clés pour exprimer ce qui maintient la série sur de bons rails, et la rend agréable à suivre malgré l’aspect prévisible et un peu répétitif des différents arcs.
   
 

FAIRY TAIL © Hiro MASHIMA / Kodansha Ltd.

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