Dragon Ball Extra - Comment je me suis réincarné en Yamcha - Actualité manga
Dossier manga - Dragon Ball Extra - Comment je me suis réincarné en Yamcha
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Publié le Vendredi, 08 November 2019


Dragon Grow Lee, un Toriyama bis ?


Aujourd'hui, nous pouvons parler de successeurs d'Akira Toriyama. Le maître, s'il rédige les grandes lignes des nouveaux scénarios comme ceux de Dragon Ball Super et garde un droit de regard sur les nouvelles œuvres de fiction, n'est plus forcément la tête pensante de Dragon Ball, et ne prend le crayon que pour corriger quelques planches du manga de Toyotarô, ou alors pour réaliser des character-designs originaux. De ce fait, les nouveaux mangas sont dessinés par de nouveaux auteurs, et on remarquera que chacun d'entre-eux essaie de coller un maximum à la patte de Toriyama. Parce que le style du maître est inhérent à Dragon Ball, et que proposer de nouvelles œuvres visuellement éloignées serait un pari risqué, si bien qu'on comprend la volonté de l'éditeur Shûeisha de ne pas s'y risquer.
On peut alors prendre l'exemple de Toyotarô, l'artiste derrière le manga Dragon Ball Super, qui cherche très souvent à calquer Toriyama sans pour autant éviter certaines maladresses de dessins, et une difficulté à égaler la narration et le découpage du maître.

Avec Dragon Garow Lee, Shûeisha a voulu réitérer. Il y a fort à parier que l'artiste n'a pas été choisi pour ses talents de conteur ou ses idées explosives, mais surtout parce que son style de dessin est très similaire à celui d'Akira Toriyama, encore plus que celui de Toyotarô. C'est une des grandes qualités de ce one-shot dédié à Yamcha : on croirait bien souvent voir des planches de Toriyama en personne.

Ainsi, l'accueil de « Comment je me suis réincarné en Yamcha » a été globalement très positif, et beaucoup ont salué le style de l'artiste, très conforme à celui de Toriyama. Certains clamaient même que Dragon Garow Lee est l'héritier légitime du maître, plutôt que Toyotarô. Pourtant, n'est-ce pas aussi le modèle de production du one-shot qui permet un résultat visuel davantage à la hauteur du monument qu'est Dragon Ball ? Le récit étant composé de seulement trois chapitres, diffusés à intervalle moins régulier sur la plateforme Shônen Jump+ , la marge de manœuvre de Dragon Garow Lee était sans doute plus confortable par rapport à Toyotarô qui se doit de rendre un chapitre par mois, pour un magazine de prépublication largement diffusé, et dont le manga doit répondre à des impératifs marketing sur lesquels il n'a aucun pouvoir. Une des raisons qui, d'ailleurs, ont certainement provoqué un rush du côté de l'arc de la survie de l'univers de Dragon Ball Super dans sa version manga, Toyotarô ayant alors dû utiliser sa créativité pour simplement expédier un tel tournoi en limitant un maximum la casse.


Cet aparté fait, le résultat graphique de « Comment je me suis réincarné en Yamcha » demeure impeccable. On croirait revoir, parfois, des planches du manga Dragon Ball, tout portant à croire que Dragon Garow Lee a saisi l'ensemble des codes d'Akira Toriyama pour les faire siens. Il s'approprie véritablement l'esthétique du maître, tout en sachant qu'il est capable de proposer sa propre patte en parallèle. Ainsi, les séquences montrant le héros dans son véritable monde ont un style différent, marqué de mimiques très 90's, mais éloigné de la patte Toriyama. C'est seulement lorsque le protagoniste est plongé dans le corps de Yamcha, que l'artiste reprend le style initial du manga, créant une véritable rupture entre les deux univers, et marquant encore davantage le fait que le héros se retrouve plongé dans un univers qui n'est pas le sien. C'est astucieux, ça a du sens, et ça permet à Dragon Garow Lee de montrer qu'il a plus d'une corde à son arc.


Enfin, dans l'hommage, on remarque que l'artiste fait énormément de clins d'oeils graphiques au manga d'origine, tout comme le fait souvent Toyotarô dans le manga Dragon Ball Super. Certaines cases semblent directement reprises du manga d'Akira Toriyama, tandis que d'autres sont purement réadaptées. Un exemple flagrant, c'est la scène où le héros détourne l'attention de Vegeta en feintant la présence de Beerus, le dieu de la destruction, ce qui rappelle directement le coup de bluff de Kiwi sur la planète Namek. C'est volontaire, et assez amusant pour le lecteur, tout en étant suffisament rare pour que le one-shot ne se limite pas à une succession d'hommages du genre, ce qui serait davantage un témoignage du manga d'inspiration de l'auteur. Mais Dragon Garow Lee a quelques idées de mises en scènes dans la veine d'un Toriyama, aussi les quelques combats sont rendus parfaitement crédible en gardant généralement une petite originalité.

Il serait difficile de dire si l'auteur aurait un style si régulier sur le long terme. Reste qu'avec une telle copie, on aimerait bien le voir à l’œuvre sur un autre manga Dragon Ball, peut-être plus ambitieux. Pourquoi pas un spin-off ou préquel qui ne répondrait pas à des impératifs si exigeants que ceux du manga Dragon Ball Super ?


Autour de l'édition


Pour le one-shot Dragon Ball Extra : Comment je me suis réincarné en Yamcha, Glénat a fait le choix de l'intégrer à la section poche de la saga. Un point qui doit être soulevé puisque les œuvres de l'univers Toriyama sont aussi parfois proposées directement en format Perfect, comme ce fut le cas pour le one-shot Jaco et les guide-books Dragon Ball Landmark et Forever.

La particularité du format vient surtout de son maigre nombre de pages, à peine plus de 140 au total, ce qui en fait un volume très fin aux côtés des tomes de Dragon Ball et Dragon Ball Super. Mais la charte graphique étant assez respectée par Glénat, l'ensemble se marie plutôt bien sur des étagères, ce parce que le logo original « Dragon Ball » est bien repris.


La traduction du maigre volume est assurée par Fédoua Lamodière, habituée aux œuvres un peu vinatge comme peut l'être Dragon Ball, et qui est surtout une passionnée de l'univers d'Akira Toriyama. La traductrice est sans doute l'une des personnes les plus légitimes pour proposer Dragon Ball en français, ce qui se ressent encore une fois avec ce one-shot qui a un texte vivant et totalement conforme au style de l'oeuvre principale, dans ses dialogues notamment. Une très bonne copie en terme de traduction, quoiqu'en pensent les détracteurs du récent choix de « Réflexe trenscendental » pour parler du vulgaire « Ultra Instict », un débat sur lequel nous reviendrons peut-être en temps voulu lorsque nous aborderons Dragon Ball Super au cours d'un dossier.




DRAGON BALL GAIDEN TENSEI SHITARA YAMCHA DATTA KEN © 2017 by BIRD STUDIO, dragongarow LEE/SHUEISHA Inc.

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