Digimon - Actualité manga
Dossier manga - Digimon

Reader Rating 18 /20

Sommaire

Publié le Jeudi, 20 March 2014


Les Digimon font leur cinéma : Digimon, Le Film

 
 
Fort du succès de la série en France, un long-métrage cinématographique, Digimon: Le Film, sort sur les grands écrans français au mois de Février 2001. Fait amusant, ce film est en fait une compilation très condensée des trois premiers films de Digimon sortis au Japon : « Digimon Adventure », « Notre Jeu de Guerre », et « L’Arrivée de la Tornade / L’Evolution Suprême !! Les Digimentals Dorés ». Le montage de ce film de compilation fait donc en totalité 85 minutes contre près de 130 si on prend les trois films originaux. Il est donc évident que de nombreuses scènes sont passées à la trappe.
 
Digimon : Le Film débute sur un premier segment se déroulant plusieurs années avant la première saison de la série. Deux jeunes enfants, Tai et Kari, accueillent un digi-oeuf, sorti mystérieusement de leur écran d'ordinateur. Botamon fait alors son apparition et se digivolve très rapidement en Koromon. Les deux enfants ne le savent pas encore mais ils sont sur le point d’assister à un évènement qui marquera leur destinée : l’affrontement épique entre Greymon et Parrotmon au coeur de Tokyo.
Le second segment se déroule plusieurs années plus tard, peu de temps après la fin de la première saison. Alors que la grande aventure des digisauveurs originels semble terminée, une énième menace fait son apparition sur le net. Un Digimon virus, Diaboromon, apparait sur la toile et s’apprête à semer le chaos sur les réseaux de communication et l’internet du monde entier. Pour le contrer, nos héros doivent envoyer leurs compagnons Digimon infiltrer le réseau afin de vaincre ce dangereux adversaire mais, avec une ville en plein chaos informatique, réunir la bande s'avère bien plus difficile que de lutter contre le monstre, d'autant que les anciens digisauveurs ont tous repris le cours de leur vie normale.
La troisième partie du film se situe quant à elle durant la deuxième saison. Aux Etats-Unis, un jeune digisauveur nommé Willis possède deux Digimon jumeaux, Terriermon et Kokomon. Mais l’un d’entre eux subit les foudres de Diaboromon, vaincu quelques années plus tôt par nos héros, et contamine l’un des deux compagnons Digimon de Willis. Ce dernier part alors à sa recherche à travers l'Amérique afin de tenter de le sauver. De leur côté, la nouvelle génération de digisauveurs est amenée à se rendre aux Etats Unis où leur route croise celle de Willis.
 
 
 
  
 
Un peu comme Dragon Ball Z l’avait fait en son temps dans nos salles de cinéma, Digimon : Le Film condense plusieurs métrages de courte à moyenne durée en un seul film. Des scènes sont ainsi supprimées, et un lien scénaristique très superficiel tente maladroitement de connecter chaque segment. Le scénario s’en retrouve donc changé, notamment en ce qui concerne la dernière partie se déroulant dans l’ère de Digimon Adventure 02.
Mais avant toute chose, ce film de Digimon démarre de manière assez inattendue et pour le moins originale. Que ce soit dans sa forme cinéma ou dans son édition DVD, le long-métrage débute sur une courte introduction faisant intervenir le personnage... d’Angela Annaconda, sans rapport avec l'univers de Digimon mais dont les droits sont également détenus par Fox Kids. Un gros coup de promo totalement déplacé qui retarde l'entrée en scène des monstres digitaux. Peu apprécié des fans, ce prologue qui se veut rendre hommage à Digimon tourne plus son univers en dérision qu'autre chose, témoignant de la vision qu'en ont Saban et la Fox et qui se résume aux pires clichs avec des monstres géants type Godzilla qui dévastent la ville. On ne pouvait faire plus éloigné de l'esprit de cette franchise !
Le film en lui-même, dans sa version occidentale, a pour mérite de ne pas accuser de longueur et de s’avérer très dynamique. La part belle est donnée à l'action et, par le travail de remontage effectué par les ayants droits américains, nous avons droit à un divertissement éminemment bourrin qui ne ravira que les plus jeunes spectateurs de Digimon aspirant à profiter de quelques combats supplémentaires.
 
Seulement, ce film va au-delà de la transgression des attentes des fans concernant la qualité de l’œuvre, du point de vue de l’adaptation et de la localisation sur lesquelles nous reviendrons plus tard. Le scénario du film, comme dit précédemment, se retrouve grandement changé sur sa partie finale, pour ne pas dire dénaturé. Le troisième film tournait essentiellement autour de la disparition des premiers digisauveurs, axe narratif qui justifiait la quête de leurs successeurs, ici totalement absent de la version occidentale qui a préféré raccorder les événements de l'intrigue à l’histoire de Diaboromon, objet du deuxième segment du film. La cohérence de l'intrigue s'en retrouve gravement entachée, le fait que les producteurs américains aient brodé un fil conducteur de toute pièce se faisant cruellement ressentir tant la rupture est flagrante entre la deuxième et la troisième parties du film. Mais plus que le scénario, c’est l’esthétique même des trois métrages qui s'en retrouve chamboulée. Si dans sa version originale, le premier segment était accompagne par Boléro de Maurice Ravel, il est remplace ici par le générique occidental et par différents tubes de la musique pop américaine. L’élément le plus frappant est atteint lors de la scène de fusion, séquence phare du second film, troquant une ambiance gracieuse, majestueuse et poétique pour une tonalité purement bourrine et dynamique.

A propos de l’esthétique du film, la seule chose que les ayants droits occidentaux n’auront pas réussi à dénaturer est l’identité graphique, en marge de celle de la série télévisée. En effet, le réalisateur des deux premiers segments n’est autre que Mamoru Hosoda à qui nous devons notamment des films d'auteur tels que La Traversée du Temps, Summer Wars ou encore les Enfants Loups, Ame et Yuki. Le character design s’en retrouve affecté et proche de celui employé par Yoshiyuki Sadamoto, donnant l'air aux protagonistes d'être plus âgés et plus mûrs que dans la série animée, mais le dotant aussi d’une ambiance plus personnelle, plus authentique et finalement moins enfantine.
 
S'il n'accomplit pas grand-chose, Digimon : Le Film soulève toutefois une problématique importante concernant la distribution de la série Digimon en Occident: la question de sa localisation, prochain point de notre analyse.
   
   
 
 
 

La localisation occidentale

 
 
Véritable objet de controverse parmi les fans, la version française de Digimon a été adaptée depuis une version américaine issue d'un travail d'adaptation spécifique aux séries distribuée par Saban Entertainment. Saban est notamment connu pour produire la célèbre série Power Rangers, version américanisée des séries de super sentais de la Toei. Ce qui est généralement moins connu du grand public, c'est que la boîte n'hésite pas à remanier en profondeur les séries qu'elle distribue en vue de les adapter aux jeunes spectateurs américains et à un certain type de public ciblé. Ainsi, jugeant que les yeux bridés et les références otakus des séries de super sentais ne parleraient pas aux américains, Saban décida de recréer complètement la série en ne gardant que les scènes de bataille et de retourner tout le reste avec leurs propres scénarios et de jeunes acteurs américains, donnant ainsi la licence Power Rangers.
Cette méthode aujourd'hui très controversée fut également adaptée à plusieurs programmes de leur catalogue dont des animés japonais tels que Mushrambo (devenu Shinzo) et bien sûr Digimon. Voyant dans le genre combats de monstres un phénomène en vogue avec le succès colossal de la franchise Pokémon, Saban décida d'acquérir les droits de distribution occidentaux de la série animée Digimon en vue de capitaliser sur le succès de la concurrence. Si, au-delà du concept de base, les deux franchises se démarquent par des ambiances très différentes, le producteur américain décida de remanier la série originale en vue d'en proposer une adaptation plus légère et plus axée autour de l'humour avec des dialogues entièrement retravaillés  et souvent très éloignés des originaux, incluant de nombreux jeux de mots visant à faire sourire les jeunes têtes blondes. Pour parfaire ce travail de dénaturation de l'oeuvre, les montages furent retouchés en vue de les rendre plus rythmés ou de retirer le contenu jugé offensant (un Digimon qui fait pipi, quelques gags comportant des références sexuelles plus ou moins explicites...) et surtout toutes les musiques originales furent dégagées en vue de les remplacer essentiellement par des musiques recyclées d'autres séries de leur catalogue (Starcom, Masked Rider...) et par quelques compositions originales, notamment pour le générique.
  
  
 
 
        
S'il est commun aujourd'hui de critiquer Saban pour ce travail d'adaptation déplorable, dénaturant complètement l'identité de l'oeuvre afin de l'adapter à un certain type de public et en fonction d'un concurrent direct en vue de profiter du succès de ce dernier, force est d'admettre que cette stratégie marketing a fonctionné dans un premier temps, Digimon parvenant à s'installer comme le grand rival de Pokémon. Cette rivalité contribua à sa popularité et à un succès qui se révéla malheureusement bien éphémère. Avec l'émergence de nouvelles séries basées sur le genre combats de monstres tels que Yu-Gi-Oh! et peut-être aussi dû au fait que Digimon était distribué comme un simple Pokémon bis, la popularité de la franchise retomba vite, si bien que la troisième saison marqua à la fois le déclin de la licence et la fin de sa diffusion sur le territoire français.
 
 
  
         
  
Il est toutefois important de noter que la version française profite de prestations souvent réussies de la part des comédiens, parmi lesquels de nombreuses voix connues du doublage francophone, malgré leur nombre limité qui amène ainsi plusieurs personnages à se retrouver affublés des mêmes voix sensiblement déformées. Ironiquement, on se retrouve à l'opposé des intentions du réalisateur de la version japonaise qui employait un grand nombre de comédiens en vue de disposer d'une vraie variété de voix. Mais les comédiens français, faisant preuve de beaucoup plus de talent et de conviction de jeu que leurs homologues américains, redressent ainsi le niveau d'une adaptation francophone qui aurait pu être autrement plus désastreuse.
 
 
  

TM & ©2006-2008 Toei Animation. TM & ©1997-2008 Bandai.

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News