Dossier manga - Death Parade

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Publié le Vendredi, 08 May 2015


Les choix de Madhouse



Réalisation jazzy et atmosphère faussement sombre


L’un des a priori qui peut avoir lieu en prenant connaissance de Death Parade par le biais de simples visuels, c’est sa dimension sombre. Certains ont même pensé avoir affaire à l’anime gothique de la saison, ce qui aurait pu être le cas venant de Madhouse qui signa dans le temps la très réussie adaptation de Death Note. De nombreux éléments peuvent créer cette impression que ce soit l’environnement du bar plongé dans la pénombre ou l’apparence élégante du personnage de Decim dont le visage est dénué d’expression, renvoyant à la noirceur que peuvent fournir certaines productions. Mais cette première impression, en plus d’être totalement erronée, est « dangereuse », car pour l’amateur d’animation japonaise, s’y fier apporterait la pire des sanctions, celle de passer à côté d’une série riche et de bonne facture ! Et non, Death Parade n’a pas été le simple anime « trop dark » de l’hiver 2015…

Madhouse est un studio qui cherche la qualité dans le travail de ses œuvres. Si on revient vers Death Note, l’une des productions les plus connues de la maison d’anime, on se souvient d’une adaptation qui apportait une tout autre dimension par rapport à l’œuvre originale, et ce grâce à un travail esthétique et l’allégorie des thématiques. Pour Death Parade, c’est un peu le même cas de figure dans la technique : le travail visuel et les choix artistiques ont été faits de manière à apporter un peu d’ambiguïté dans l’œuvre et à avoir le postérieur entre deux chaises au cours du visionnage. L’impression de noirceur est effectivement présente durant le visionnage, mais elle est tranchée par de nombreux choix artistiques qui apportent des perceptions variées. Le compositeur Yûki Hyashi apporte sa pâte pour dépeindre un Quindecim à l’atmosphère très jazzy ce qui octroie à certaines séquences un léger côté Baccano pour son époque dépeinte quand le sujet ne vire pas dans la mélancolie en ce qui concerne le traitement tendre et dramatique de certains des personnages, une mélancolie aussi marquée par le générique de fin comme nous l’avons dit précédemment. Revenons aussi au générique d’ouverture qui apporte une vision encore différente et totalement décalée de l’au-delà présenté par Death Parade, où tous ses membres festoient comme si la Mort n’était qu’une immense kermesse. Il ne faut donc pas attribuer une atmosphère précise à Death Parade, mais bien visionner l’œuvre et l’apprécier pour toutes les ambiances qu’elle a à nous offrir. Les choix de Madhouse ne sont pas anodins, et c’est par ces choix que se construisent les émotions procurées par l’œuvre.





Les deux horizons du character-design


On s’intéresse particulière au character-design créé par Shinichi Kurita quand on apprécie Death Parade. L’opening présente assez bien les personnages phares de la série qui constituent ce qu’on nomme dans ce dossier la « société de l’au-delà » et composée de figures au design très propre, parfois glamour et même complètement farfelu par moment. On pense notamment aux trois messieurs que sont Decim, Ginti et Clavis, très fidèle à l’image des jeunes barmen transpirant l’élégance, ce qui leur donne une certaine prestance tout le long de l’œuvre. Vient ensuite les demoiselles, particulièrement l’assistante de Decim et Nona qui reprennent cet aspect soigné tout en apportant une pâte glamour typiquement féminine mais jamais vulgaire, collant ainsi à l’ambiance jazzy du bar Quindecim. Viennent enfin Quin et Oculus, en marge de la société par rapport à leurs statuts de fonctionnaires du monde des morts, ce qui justifie leur apparence décalée et surtout pour le vieil homme à la barbiche peu soignée, au caractère insouciant et arborant chemise et bermuda, une marque de frivolité au sein d’une entreprise. Les personnages phares ont ainsi des visuels très inspiré, ce qui marque leur importance quand on les compare aux âmes des morts qui viennent subir leurs jugements. Le contraste entre les deux catégories de personnage est visible par le style visuel apporté aux uns et aux autres : Decim et ses comparses ont une esthétique plus marquée tandis que les défunts, comme pour soutenir leur appartenance à la classe des personnages très secondaires de l’autre, sont dépeints de manière on ne peut plus classique et sans excentricité visuelle (ou alors très rarement). En plus de permettre aux spectateurs de situer la frontière des personnalités, on y voit aussi un choix de représentations des dieux par rapport aux mortels. Ces derniers sont fades comme leur vie éphémère qui vient de s’arrêter tandis que les entités divines se doivent de briller par rapport à la fragile espèce humaine. Tous les choix artistiques de Death Parade ne sont donc pas liés au hasard et avec un peu de recul, on y voit systématiquement un sens par rapport aux sujets de l’œuvre.



  
  
  

©Yuzuru Tachikawa ©MADHOUSE/NTV/VAP

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