Death Parade - Actualité manga
Dossier manga - Death Parade

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Sommaire

Publié le Vendredi, 08 May 2015


Une série aux multiples facettes



12 épisodes pour différentes ambiances


Les jugements de Decim et de son assistante représentent le cœur des épisodes, bien que des thématiques parallèles se développent au fur et à mesure. Chaque jeu présenté et l’occasion d’introduire des personnages secondaires aux backgrounds très différents, allant du simple adolescent qui a croisé la route de la grande faucheuse à celui qui a été assassiné de sang-froid. A partir de différentes circonstances de décès et de caractères variés, l’intrigue produit des ambiances différentes d’un jugement à l’autre, partant parfois dans le dramatique et d’autres fois dans l’intimiste mignon, procurant des conclusions douces amères à ces épisodes. On ne sait donc jamais quelle ambiance nous côtoierons durant le jugement, ce qui est la petite surprise systématique qui permet de renouveler notre visionnage, et ce même si le concept du jugement des âmes peut paraître répétitif.

Outre ce fait, la recette permet de dresser un portrait intéressant de l’espèce humaine et de l’âme d’une manière générale, de l’Homme face à la mort. Chacun a vécu sa vie en développant un état d’esprit qui a eu des répercussions sur soi ou son entourage, et tout le monde n’a pas la même réaction face à la Faucheuse. Les personnages secondaires sont assez simplistes et généralement développés le temps d’un ou deux épisodes, ce qui ne laisse pas vraiment le temps de s’attacher à eux. Toutefois, on ne reste jamais indifférent face à leur psychologie : on ressent une pleine satisfaction quand le bon gaillard a droit la réincarnation ou quand un être abject sombre dans le néant. Il arrive toutefois que certains n’aient pas le sort qu’il mérite et subissent même un destin funeste par désir personnel, ce qui a tendance à susciter notre émotion. Vous l’aurez compris, le concept de jugements, par les thématiques qui en découlent et les ambiances qu’instaure la série, est suffisamment riche pour permettre à Death Parade de ne jamais tourner en rond. Et pour ceux qui aimeraient un peu plus d’ambition dans l’œuvre, qu’ils se rassurent : une trame de fond évolue bel et bien.





Une intrigue teintée de mystères


Outre les jeux orchestrés par Decim, quelques intrigues sautent rapidement aux yeux dans Death Parade. Qui est cette jeune femme aux cheveux noirs qui fait office d’assistante pour Decim ? Quelle évolution subira le barman aux côtés de cette personnalité intensément humaine ? Et surtout, qui sont ces individus qui règnent dans cette entreprise de traitement des âmes ?

On ne parle pas de scénario au sens vaste du terme dans le sens où le protagoniste n’a pas de quête à accomplir et se cantonne à son boulot de juge des âmes, mais ce sont différents éléments de l’arrière-plan de l’histoire qui nous intriguent et qui ne demandent qu’à être développés au fil des épisodes. Le cœur de la série nous présente ainsi les personnages qui régissent l’au-delà et que nous avons présentés plus tôt dans le dossier, leurs rôles et leurs personnalités tout en insistant sur les rapports entre les uns et les autres et en entretenant une optique entrepreneuriale, comme si ces figures du monde des morts n’étaient que de simples collègues de travail, ce qui est le cas en soi. Les personnages clefs donnent tout son sens à Death Parade puisque, de manière légitime, certains sont menés à évolués. Au contact des humains dotés de sentiments, un être qui en est dépourvu de base ne restera peut-être pas insensible et pour une divinité régissant l’au-delà, sa vision de l’humanité est peut-être vouée à se développer. L’impact que peut avoir autrui sur soi et le rapport des Dieux aux Hommes sont des thématiques marquées par l’évolution de quelques personnages qui apportent beaucoup de consistance au récit, tout en aboutissant à une finalité qui fait littéralement éclore ces différents sujets sans toutefois chercher à trop en faire, bien que le spectateur puisse en ressortir bouleversé.

Et ce serait peut-être l’un des défauts de la série qui ne va pas assez au bout des choses. Outre l’écriture intelligemment menée de Decim, des personnages manquent de mise en avant et la confrontation de certains idéaux divins, idée brillante de l’intrigue, ne trouve pas de véritable épilogue. Death Parade peut ainsi laisser un goût d’inachevé sur certains sujets, à moins que cette volonté des scénaristes traduise simplement une omniscience divine qui ne peut être remise en cause.





Un melting-pot des religions pour une mythologie nouvelle


Nombre de concepts religieux font écho aux mécaniques de Death Parade dans le système de jugement des morts et dans les décisions des juges qui en découlent. Que ce soit Le Christianisme, le Judaïme, le Boudhisme ou l’Islam, l’œuvre de Madhouse puise dans les différentes croyances qu’a su développer l’humanité pour élaborer toute une mythologie inédite et saugrenue.

Si on rappelle le concept du jugement de la série qui consiste à analyser la nature d’une âme à partir des notions de « bien » et de « mal » pour juger sa récompense ou sa sentence, on se rapproche clairement du Jugement des Âmes de l’Egypte Antique où le défunt fait face à un accusateur divin, ici Decim ou Ginti, pour examiner la pureté de son cœur et faire reconnaître ses droits à la vie éternelle que Death Parade symbolise par la réincarnation de l’âme dans un corps nouveau, un concept qui lui se traduit dans de nombreuses religions.

Death Parade ne cherche toutefois pas à faire l’apologie de telle ou telle croyance puisque les mécaniques utilisées sont communes à plusieurs fois et que la série ne met jamais en avant de quelconques signes religieux. Ce n’est effectivement pas l’ambiance esthétique générale très sombre et jazzy qui pourrait nous guider vers telle ou telle idée religieuse. L’idée de l’œuvre de Yuzuru Tachikawa est la suivante : créer un folklore unique, une série divertissante et complexe soulevant une multitude de thématiques à partir de mécaniques mythiques qui parlent à toutes et à tous. La recette est une réussite puisque chaque choix dans la recette du jugement des âmes nous renvoie à une culture à laquelle on a été côtoyés et si on peut s’amuser à décortiquer les origines de chaque parcelle de l’intrigue, on peut saluer l’aboutissement des développements auxquels mène la formule globale de Death Parade. Car peu importe les croyances utilisées, la Mort est l’idée générale et elle est suffisamment grave pour nous interpeller et mener à des traitements de sujets divers qui interpelleront nombre de spectateurs. Le concept du décès est utilisé brillamment et le jugement de l’âme n’est alors qu’un outil pour que le spectateur se questionne sur sa propre condition : la condition humaine et non son rapport à la religion.
  
  
  

©Yuzuru Tachikawa ©MADHOUSE/NTV/VAP

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