Darren Shan - Actualité manga
Dossier manga - Darren Shan

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Publié le Vendredi, 04 May 2012


Au-delà de son thème vampirique, Darren Shan nous conte avant tout l’histoire d’un garçon empruntant une voie difficile, et qui le mènera au bout de lui-même. Un roman d’initiation parsemé d’embûches, de douleurs et d’épreuves, mais aussi de moments de joie et de précieuses rencontres. 
        
     
     

La vie n’est…

   
Darren Shan, garçon banal et vivant une petite existence tranquille et moderne, entre école, amis et sports, voit sa vie bouleversée à cause de sa propre imprudence et est obligé de plonger dans le monde des créatures de la nuit. D’abord réticent rien qu’à l’idée de boire du sang humain, il en viendra à accepter pleinement sa part vampirique, et à devenir une figure importante du monde des ténèbres. 
Un scénario digne d’un shônen manga, et pour cause. La série de romans s’adresse aux jeunes adultes en devenir, et adresse donc des thèmes importants pour cette tranche d’âge, bien qu’ils trouvent écho à chaque instant de la vie de tout un chacun.
   
Au début, Darren n’a pas de but défini, et n’a aucune idée de ce qu’il va devenir en tant que vampire. Ce n’est que peu à peu, en apprenant à se connaître lui-même et le monde dans lequel il évolue qu’il finit par trouver sa place et une raison d’exister. Quelque chose qui s’applique à tout un chacun de nous quand nous arrivons sur terre.
Après un certain point, le récit devient plus linéaire, tout en recelant son lot de surprises. Certains évènements apparaissent comme inévitables et obligatoires pour faire avancer l’intrigue, et on peut souvent facilement deviner ce qui est à venir. Néanmoins, cela n’enlève rien aux qualités du titre, et la fluidité de l’action ainsi que la façon dont l’histoire nous est contée nous emportent dans le récit, avec beaucoup de plaisir et sans qu’on se pose trop de questions sur le moment, conservant l’effet de surprise.
Bref, on retrouve la classique mise en place des éléments durant les premiers volumes, avant de partir sur une intrigue plus ambitieuse. Une recette simple et classique, mais qui a fait ses preuves et prouve son efficacité à nouveau avec cette série. 
    
Au fur et à mesure de l’aventure, Darren s’impose comme quelqu’un d’important, devient plus fort, traverse des étapes de « purge », en se débarrassant de plus en plus de son sang humain pour devenir un vampire à part entière. En effet, M. Crepsley, son mentor, l’a transformé au début en semi-vampire, c’est-à-dire que Darren possède certaines caractéristiques des vampires (force et sens plus développés, rapidité, récupération, besoin de boire du sang, etc.) sans avoir toute leur puissance. En contrepartie, il peut encore sortir normalement en plein jour. À chaque purge, le jeune vampire voit sa pilosité décuplée en une nuit, son corps subit des transformations et son énergie est décuplée. Une métaphore évidente de l’adolescence, transition entre l’enfance et l’âge adulte. Une étape aussi délicate dans l’affirmation de soi et dans les choix qui doivent être faits pour l’avenir.
    
Il faut ainsi noter que la série s’adresse clairement aux garçons. Les filles n’ont qu’un rôle somme toute minime dans l’histoire, sans être négligeable, mais le monde du vampire est limite machiste, ne comptant qu’une femme vampire visible dans les rangs de ses guerriers. Du côté des histoires d’amour, on compte une amourette au volume 3 entre un Darren encore fort jeune et une fille de son âge. Un passage attendrissant, et qui aura des répercussions dans les volumes qui suivront bien plus tard. Un amour traité avec beaucoup de tendresse, très simplement, et donc d’autant plus réaliste. 
Néanmoins, la faible présence féminine a peu d’importance, parce que la série se focalise sur la voie du jeune homme et que l’auteur souhaite surtout que son public premier se reconnaisse dans son histoire. Néanmoins, la série s’adresse à tous, les femmes présentes sont suffisamment mémorables pour parler à un large public, et les personnages masculins trouveront leurs fans féminins, même si le public masculin se reconnaîtra évidemment davantage dans les personnages. 
         
        
       

Ni blanche, ni noire, juste grise…

     
Une particularité de l’univers de Darren Shan, c’est ce refus total du manichéisme.
En effet, il n’y a pas de vrais et purs méchants, simplement des ennemis et des décisions qui amènent à des mauvaises situations. 
Les vampiriks, malgré leurs mœurs, sont des êtres méritant le respect, avec autant de courage et d’honneur que la plupart des vampires. La vraie scission entre les deux camps se situe sur une idéologie de vie, et qui plus est défendable du point de vue d’un vampire. 
En réalité, les protagonistes de l’histoire doivent aussi bien affronter l’ennemi qui est en face d’eux que celui qui se niche à l’intérieur. La série évite ainsi une simple dualité bien/mal, et les êtres les plus cruels ont toujours une faiblesse quelque part ou presque. Il existe bien sûr de véritables monstres, comme l’homme-loup (et un autre personnage qui se révèlera plus loin dans l’intrigue), mais même dans leur cas, ils sont tels que la nature les a faite, et pas autrement. Et même un autre monstre comme Desmond Tiny, incarnation machiavélique du destin, ne peut être réellement considéré comme diabolique, tant on ne saisit pas exactement quels sentiments peuvent bien habiter quelqu’un qui mesure le temps à l’échelle de la dérive des continents, selon ses propres termes. 
   
Autre exemple, lors d’un affrontement, Darren tue un vampirik. Après un moment d’extase dû à la victoire, la joie retombe pour laisser la place au remord, au doute et au désespoir d’avoir privé quelqu’un de son futur. Peut-être méritait-il de mourir, mais qui est-il pour décider, sinon un jeune vampire combattant dans une guerre qui le dépasse ?
La réalité est toujours infiniment plus complexe qu’elle apparaît, et rien n’est simple. Et ceux qui tentent de trouver une approche pacifique ou détournée pour le bien commun sont rapidement considérés comme des traîtres, même si leurs intentions étaient justes, louables et qu’il s’agissait de la meilleure méthode pour parvenir à une fin heureuse. Difficile de porter un jugement éclairé quand l’honneur, les principes, la loi et l’orgueil viennent enrayer le bon sens pour un avenir meilleur.
   
Bref, Darren Shan ne nous fait pas la leçon sur le bien ou le mal. Il se contente de nous présenter les points de vue des personnages, sans les juger, tout en insistant bien que quelque chose doit être fait et que certains affrontements sont inévitables, tout en ne cautionnant pas forcément les actions prises. L’humain dans toutes ses contradictions, tout simplement.
      
      
       

DARREN SHAN CIRQUE DU FREAK © 2006 DARREN SHAN © 2006 Takahiro ARAI / Shogakukan Inc.

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