City Hunter - Actualité manga
Dossier manga - City Hunter

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Sommaire

Publié le Jeudi, 01 August 2013


Force des personnages

 
 

Ryô et Kaori, des héros facilement sympathiques

 
Quand on demande à un fan de la première heure de City Hunter de nous donner la première image qui lui vient à l’esprit pour qualifier le manga, il y a des chances qu’il réponde par Kaori donnant un coup de massue à Ryô. Ce gimmick est très représentatif de la série, et montre à quel point la dimension comique donnée aux personnages en est le principal atout, de qualité suffisante pour que l’on parle encore de cette série dont le trentième anniversaire approche bientôt.
 
Pourtant, des coups de massue, Ryô en reçoit tellement durant la série qu’on peut parler de répétitivité excessive. Mais au bout d’un moment, le lecteur voit l’angle différemment. Hojo a tellement su rendre Ryô et Kaori sympathique, en distillant par ailleurs des éléments sur leur relation, qu’on finit par associer une image positive à la vue de ce gag aperçu des centaines de fois pendant la trentaine de tomes qui compose la série. Kaori et Ryô sont des personnages proches du lecteur, avec des scènes de ménage, de la mauvaise foi, et des coups bas qui nous amusent. Finalement, comme des membres de notre famille, on finit par s’habituer à leur présence, et surtout, la lourdeur de leur humour, pour les aimer.
 
Les personnages secondaires ne sont pas en reste, bien évidemment. Umibozu, bien connu sous le nom francophone de Mammouth dans le dessin animé, est un personnage marquant. Sous son air sévère et sa mésentente avec Ryô, se cache un gros nounours qui n’hésite pas à se mettre en quatre pour ses amis à grand renfort d’explosifs en tous genres. De même, Saeko est également un protagoniste marquant, mémorable pour sa façon de faire tourner en bourrique Ryô. Ces deux personnages ont une caractéristique en commun : ils connaissant Ryô depuis fort longtemps, et c’est finalement eux qui apportent des informations sur son passé. Certains autres personnages féminins, parfois clientes de plusieurs arcs au cours de la série, finissent également par rester et faire partie de la bande. Miki tout d’abord, qui tient le café Cat’s Eye, mais aussi Reika, la sœur détective privé de Saeko.
 
L’atout de ce casting, c’est qu’il est composé en petit comité. Ainsi, ils sont pour la plupart tous très visibles et renforcent cette sensation de proximité avec lecteur, car ce dernier sera d’autant plus familier avec ces personnages s’ils les voient souvent. City Hunter est l’un des rares mangas à avoir su doser avec intelligence l’utilité des personnages en distinguant nettement les personnages principaux, qu’on est amené à revoir régulièrement, en petit nombre, et les personnages secondaires, c’est-à-dire les clients de Ryô et Kaori, qui ont souvent un caractère marqué mais qui, bien qu’apparus brièvement pour un arc, ne sont pas sous-exploités par rapport à leur visibilité.
 
 
  
 
 

Les clientes : des personnages qui imposent le rythme

 
Dédions un passage à cette catégorie particulière de personnages secondaires. Les clientes de City Hunter permettent à Hojo de jouer sur une palette de genres fictionnels : l’humour en premier, quand Ryô les drague et souhaite leur rendre une visite nocturne. Parfois, même les jolies clientes font preuve d’humour avec un caractère imprévisible et truculent, là où d’autres se montrent plus timides. Ensuite, le policier d’action. Comme évoqué plus haut, les clients de City Hunter sont menacés par des organisations, et Ryô doit sortir poings et muscles pour leur régler leur compte. Par moment, Hojo en profite même pour créer un début d’enquête : qui est le commanditaire ? La cliente est-elle vraiment de bonne foi ou cache-t-elle quelque chose ? Enfin, City Hunter arbore ponctuellement des aspects de comédie dramatique. Même si les décès réels sont rares, ils touchent profondément, comme celui de Hideyuki Makimura au tout début du manga. Ceci est dû au fait qu’Hojo arrive à insuffler en peu de temps un vrai charisme, une vraie chaleur au travers de ses personnages. Dans ces arcs, on peut aussi être surpris par la violence employée par hommes de main adverses, anormalement extrême et sérieuse, là où beaucoup d’arc se terminent dans la joie et la bonne humeur, y compris les mafieux qui s’en tirent avec deux ou trois pansements. Dans le même genre, il arrive que Ryô et Kaori deviennent d’un coup plus sérieux quant à leur relation, car le danger les rapproche, justement. Il ne faut donc pas croire qu’Hojo ne sait pas surprendre le lecteur parce que les missions de Ryô peuvent se ressembler et les gags, se répéter. Et tous ces moments, c’est aux personnages secondaires, aux clients de chaque arc, qu’on le doit, car ils permettent de les déclencher.


Les vilains : de l’humour des petites frappes à la terreur des vrais tueurs

 
En dehors des coups de massue et des scènes de ménage, l’humour de la série est porté dans les missions par les hommes de main de l’antagoniste de l’arc, voire par les antagonistes eux-mêmes, parfois du même niveau intellectuels. On pense souvent, à tort, que c’est le doublage français qui leur a conféré une prestance de clown, alors que le script initial du manga les montre déjà comme étant peu malins. La plupart des hommes de main du manga se ressemblent : lunettes de soleil, costume cravate, air de yakuza, faciès de cartoon quand ils se prennent des coups. Il y a d’ailleurs vraiment un esprit de cartoon à travers ces personnages, puisque les énormes explosions de dynamites, de pièges ou les effondrements d’immeubles ne les tuent pas. On éprouve rarement un profond mépris envers eux, puisqu’ils ne parviennent jamais à tuer personne et finissent par fuir la queue entre les jambes à chaque fois.
 
A contrario, plus rarement, des tueurs à gage et des antagonistes charismatiques apparaissent au détour de certains chapitres et provoquent une forme de tension. Cet effet fonctionne d’autant plus du fait de cette rareté. Il est même arrivé qu’un tueur remette en question l’invincibilité de Ryô et le force à utiliser toutes ses capacités. Mais le plus mémorable de tous restera le boss de l’Union Teope, dont l’arrivée va canaliser tous les ingrédients dramatiques de la série pour offrir un grand moment de tension. Encore une fois, c’est grâce au charisme de Ryô et l’attachement que le lecteur porte aux personnages la mayonnaise prend dans cette séquence, car les péripéties de cet arc sont assez invraisemblables. Mais l’expression de son visage, son histoire et sa manière d’être sont décrits de manière très convaincante. Pour le coup, c’est un vraiment un méchant hollywoodien, dans le bon sens du terme.
   
    

CITY HUNTER © 1985 by TSUKASA HOJO

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