City Hunter - Actualité manga
Dossier manga - City Hunter

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Sommaire

Publié le Jeudi, 01 August 2013


Adaptations et succès français



L’animé

 
L’animé de City Hunter, connu en France sous le nom de Nicky Larson, est une série pionnière du succès de la culture populaire japonaise dans notre pays. Aux côtés de Dragon Ball et de Saint Seiya, elle a fait les beaux jours des enfants des années 1990.

L’animé est découpé en plusieurs saisons : City Hunter 1 (51 épisodes), City Hunter 2 (63 épisodes), City Hunter 3 (13 épisodes) et City Hunter 91 (13 épisodes). C’est surtout la première saison que l’on connait bien, puisque la plus diffusée, d’abord dès 1990 dans le Club Dorothée, jusqu’à aujourd’hui encore sur les chaînes Manga et NT1. Au japon, la série a été diffusée sur la chaîne Animax.

L’adaptation a été confiée au célèbre studio Sunrise. Toutes les saisons ont été réalisées sous la coupe de Kenji Kodama (Cat’s Eye saison 2, Détective Conan, Kekkaishi).

Pour le gros de la série animée, les histoires sont issues du manga, mais réparties dans un ordre différent. Le staff a également opéré quelques modifications là où le manga est trop cru : le « mokkori » de Ryô, c’est-à-dire ses érections, sont évoquées mais pas montrées, là où Hojo dessine régulièrement  une énorme bosse dans le pantalon de Ryô  lorsqu’il voit une jolie fille. L’Angel Dust, la fameuse drogue, qui est finalement un des rares fils conducteurs de la série, est totalement absente du dessin animé. L’assassin qui abat Hideyuki Makimura au début de la série est un simple tueur à gage. Pour ce même épisode de la série, il y a eu censure par rapport à la violence : lorsque Ryô part venger Makimura, le manga montre une danseuse toxicomane nue qui se sacrifie pour le protéger alors qu’il est sur le point de se faire tirer dessus par les tueurs de Makimura ; dans l’animé, cette séquence n’existe pas.
 
 


S’il y a eu censure d’un support à l’autre du côté japonais, Nicky Larson est très connu pour sa censure du côté français, notamment le doublage complètement délirant et étrangement bien accepté par les fans là où le doublage de Ken le Survivant appelle au scandale. Les traducteurs ont opté pour une occidentalisation des noms comme il était coutume de le faire à l’époque (Ryô Saeba devient Nicky Larson, Kaori Makimura devient Laura Marconi, Umibozu devient Mammouth). Si pour ceux-là, il n’y a rien de spécial à remarquer, les hommes de main s’appellent en revanche tous Jean-Jacques, Jean-René et Jean-Robert et deviennent en Français encore plus débiles que dans la version originale grâce au ton que prennent les doubleurs. Le script est même devenu culte (« Attention, si tu ne fais pas ce que je te dis, je vais te tirer une boulette ! » ; « Il en perd sa moumoute le Mammouth ! » ; « Je vais venger Jean-Jacques, Jean-Edouard et Jean-René ! »). Outre le doublage, les Français ont écourté les épisodes de quelques minutes pour supprimer quelques scènes qu’ils trouvaient trop matures pour le public composé des jeunes enfants du club Dorothée.

Malgré cet éloignement par rapport au manga, City Hunter en version animée est une série qui a marqué toute une génération, de la qualité de sa réalisation, plutôt honorable pour l’époque, et en évitant quelques énervants poncifs, comme le rallongement interminable de l’intrigue. La plupart des arcs se déroulent d’ailleurs sur un ou deux épisodes. L’animation est, quant à elle, dans la bonne moyenne de l’époque, même si certaines séquences d’action utilisent une technique peu élaborée, à savoir montrer Ryô donner un coup de poing en plan fixe et le faire vibrer pour donner une impression de mouvement. Le trait est également de bonne qualité, tout comme les couleurs, qui savent retranscrire la bonne ambiance, tantôt humoristique, tantôt obscure. Concernant la musique, on peut dire qu’elle est d’époque : elle a vieilli. Les génériques, français ou japonais, ont leur charme et restent dans les mémoires.

En plus de la série télévisée, l’animé comporte également plusieurs films et OAV : Amour, Destin et un Magnum 357 (film, 1989) ; Bay City Wars (OAV, 1990) ; Complot pour un million de dollars (OAV, 1990) ; Services Secrets (téléfilm, 1995) ; Goodbye my Sweetheart (téléfilm, 1997),  La Mort de City Hunter (téléfilm, 1999).




Adaptations live

 
Le manga a été adapté en film live hongkongais en 1993, réalisé par Wong Jing, avec Jackie Chan dans le rôle titre. Tous les personnages principaux de City Hunter se voient incarnés au cinéma, mais le réalisateur a opté pour un film plus parodique que fidèle, en ne conservant que les aspects comiques. Ainsi, Kaori devient la nièce de Ryô, Umibozu devient américain, et Ryô procède à une parodie de Street Fighter pendant une bagarre. Un second film hongkongais a été réalisé en 1996. Intitulé Mr. Mumble, son écriture est plus proche du manga que le film de Wong Jing.

Mais l’adaptation la plus ambitieuse reste la série télévisée sud-coréenne de 2011. Avec les acteurs Lee Min Ho et Park Min Young dans les rôles titres, l’intrigue débute sur une crise politique sérieuse et complètement revisitée pour se greffer sur le contexte géopolitique de la Corée. Elle totalise vingt épisodes de soixante minutes et été diffusée à l’origine sur la chaîne SBS du 25 mai au 28 juillet. En France, nous avons eu la chance d’avoir droit à une diffusion du drama sur Gong TV.

 
 
  
  

En France : une sorte d’institution

 
Tous les dérivés de City Hunter, que ce soient les films, téléfilms, OAV, films live ou séries live, sont sortis en France. La licence s’est rapidement imposée comme un énorme succès qui fonctionne encore de nos jours. Même si Hojo était déjà connu comme étant le créateur original de Cat’s Eye, qui est également un grand succès de cette époque, c’est l’animé de City Hunter qui va en faire un auteur emblématique, et qui va permettre aux premiers éditeurs de mangas de publier ses séries dans les années 1990.
Il faut dire que la série continue de passer sur des chaînes ou des émissions jeunesse. Le flambeau des parents, enfants ou adultes au début des années 1990, est transmis à travers l’animé, dont l’édulcoration permet de le rendre parfaitement accessibles aux jeunes. Il y a 23 ans au Club Dorothée, il y a 10 ans sur MCM ou aujourd’hui sur Manga, les jeunes, qu’ils soient mordus de manga ou non, peuvent facilement tomber sur la série, et nombreux sont ceux à accrocher grâce à l’humour simple mais efficace et les séquences d’action qui maintiennent le spectateur en haleine. Tsukasa Hojo a parfaitement su comprendre quelle était l’essence d’une série de divertissement.



Édition Française


J’ai Lu Manga publie le premier tome de la série en France le 6 avril 1996, accompagné du sous-titre Nicky Larson. A l’époque, les droits de la série n’appartenaient déjà plus à Shueisha. L’éditeur français a donc dû modifier le format des chapitres pour obtenir une numérotation différente de la version Jump du manga. Au lieu de 35 volumes, les francophones ont droit à l’intégralité du manga en 36 tomes, le dernier paraissant le 25 octobre 2000. Comme pour ses autres séries, J’ai Lu n’a pas réalisé un travail formidable sur City Hunter : les lecteurs ont regretté le papier jaunâtre et fin, comparable à du papier journal.
Suite à l’arrêt de la branche manga chez J’ai lu, Panini s’empresse de racheter les droits de City Hunter dès 2005 et le publie dans son format kanzenban. Même si Panini n’a pas non plus une réputation formidable auprès des consommateurs dans le milieu éditorial, l’édition deluxe du manga est tout à fait satisfaisante par rapport au prix. Pour 10€, le grand format permet d’apprécier la beauté des dessins de Hojo, et la traduction de Xavière Daumarie donne une bonne répartie aux dialogues des personnages. En revanche, le papier est correct mais certainement pas assez épais et blanc pour répondre aux critères d’une édition deluxe. Et l’autre regret reste la non traduction de la plupart des onomatopées, ce qui nuit parfois à la compréhension des gags.
 
  

CITY HUNTER © 1985 by TSUKASA HOJO

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