City Hunter - Actualité manga
Dossier manga - City Hunter

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Publié le Jeudi, 01 August 2013


XYZ : bienvenue à Shinjuku

 

Get in wild in Tôkyô in the eighties

 
Si vous souhaitez commencer la lecture de City Hunter, vous vous apprêtez à entrer de plain-pied dans une ambiance toute particulière, celle de la vie urbaine de Shinjuku dans les années 1980 et 1990, le Grand Tôkyô, de jour, comme de nuit.
 
Dans City Hunter, on suit Ryô un peu partout dans ce quartier, des lieux les plus simples aux endroits de débauche les plus bizarres. Ryô se trouve ainsi régulièrement sur les grandes places de Shinjuku et dans les parcs, au grand air, pour draguer les passantes, avec une lourdeur légendaire. Il arrive également aux héros du manga de se trouver à l’hôpital, dans le cadre d’une mission ou pour eux-mêmes, lorsqu’ils se sont blessés de la manière la plus pitoyable qui soit. Le café Cat’s Eye, en même temps qu’un clin d’œil à la précédente série à succès de l’auteur, est également un lieu où Ryô et Umibozu se rencontrent pour se disputer, créant ainsi des scènes comiques à l’humour classique mais efficace. Dans le même registre comique, on peut suivre Ryô la nuit, qui passe son temps à boire dans les bars ou les boites de nuit, toujours à faire le joli cœur. Dans un autre genre, il arrive aux personnages principaux de se rendre dans des endroits très glauques dans le cadre de leurs missions : le port et les bâtiments désaffectés. Certains personnages secondaires sont typiques de cette époque : Hojo, ami de toujours de Tetsuo Hara, la créateur de Hokuto no Ken, met en scène des voyous, taillés comme des armoires à glace, au crâne rasé et habillés en cuir. C’est un hommage aux punks de Hokuto no Ken.
 
Si l’on énumère tous ces repères, c’est pour mettre en avant un chose : Tsukasa Hojo ne maitrise que cet univers dans City Hunter, c’est-à-dire, finalement, un petit univers, dont les intrigues qui s’y déroulent sont sujettes à répétition, mais il le maitrise parfaitement et offre une vision plutôt enjouée de la vie urbaine d’il y a trente ans, ce qui plait à bon nombre de lecteurs, amateurs de cette ambiance urbaine moderne.
 
 
  
  
  

Picture Show

 
Derrière le ton léger des scènes de ménage entre Ryô et Kaori, Hojo puise son inspiration dans le cinéma policier américain, ou hongkongais, pour les scènes d’action et les scènes dramatiques.
 
Ce constat se fait d’une part sur les éléments physiques de l’intrigue. Par exemple, la première chose qui frappe, c’est que Ryô possède une réserve d’arme inconcevable pour un civil au Japon. Et cela se ressent dans les séquences d’action, d’autant plus quand son ami Umibozu l’accompagne et use de son bazooka. Ensuite, on oublierait parfois qu’on est au Japon, tant on croise peu d’éléments typiques du pays du soleil levant. Pas de kimono, pas de tatamis, pas de portes coulissantes à la japonaise. Si, à la limite, il y a bien les love hotels dans lesquels Ryô essaie de traîner toutes les filles qu’il croise. Par contre, des gratte-ciels à la new-yorkaise et des manoirs à l’occidentale, l’auteur nous en fait visiter énormément.
 
D’autre part, Hojo est réputé comme étant un grand dessinateur. Les amateurs de son travail adorent les traits fins qu’il donne à ses personnages féminins. Mais c’est aussi un as de la mise en scène spectaculaire. Il dessine avec aisance et romantisme des scènes d’action à l’américaine, qui incluent des explosions, des sauvetages, des tensions de dernière minute, en utilisant pour cela des spécificités narratives bien nippones : les cases en biais et les traits de mouvement. Hojo a parfaitement fait la synthèse de ces inspirations pour offrir une mise en scène époustouflante dans les scènes de tension, et bien que pas encore au sommet de son art, il nous offre une série remarquablement dessinée dans son trait, mais surtout dans sa mise en scène. Sans aller jusqu’à parler de qualité cinématographique, on sent clairement l’influence du cinéma et des séries américaines policières dans City Hunter. Voire même des soap opera pour les quelques moments sur les relations amoureuses que nous offre la série.



The Professional

 
L’une des principales caractéristiques de la série, qui peut d’ailleurs être utilisée comme reproche, c’est le formatage des arcs, dont les thématiques se répètent, parfois. Dans 90 pourcents des cas, les clients dont sont chargés Ryô et Kaori sont de jolies jeunes femmes en détresse, relativement charismatiques, confrontées à de sordides affaires et dont elles sont les actrices, malgré elles ou non.

Une intrigue typique de City Hunter peut se dérouler ainsi : une cliente demande de l’aide au grand City Hunter en inscrivant XYZ sur le tableau de la gare de Shinjuku. Kaori et Ryô se disputent de manière comique, la première ne souhaitant pas de cliente femme car le second est un obsédé sexuel notoire. Au final, un élément de l’intrigue fait que la mission s’amorce. En général, c’est la présence d’hommes de main un peu crétins qui menacent ostensiblement la cliente, et que Ryô empêche de nuire.
 
Lors de ces missions, Hojo utilise d’autres thématiques propices aux histoires de nettoyeurs, notamment des histoires de politique étrangère, où un chef d’état décide de se réfugier au Japon car l’armée a réalisé un coup d’état dans on pays d’origine ; ou bien des querelles familiales dans une nation royaliste, en cas de succession. De même, Hojo évoque la drogue plusieurs fois dans la série, surtout au début et à la fin où Ryô est confronté à l’Union Teope et son armée de combattants drogués à l’Angel Dust, qui les rend invincibles.
 
Enfin, Hojo distille également tout le long du manga des détails sur la mystérieuse et tragique vie de Ryô, avec parfois des arcs dédiés à ce thème, et faisant intervenir d’anciennes connaissances de Ryô, comme Bloody Mary ou Mick Angel. Ou bien dans certaines discussions avec Umibozu.
Dans tous les cas, on ne peut constater qu’une chose à propos des thématiques de City Hunter : c’est qu’elles ne sont pas traitées avec la volonté d’en dégager une certaine profondeur. La drogue, l’Angel Dust, est une drogue totalement improbable, et même si les dégâts qu’elle provoque sont évoqués pour en montrer l’horreur, aucune chance d’avoir une véritable analyse sur les dégâts de ces produits. De même, les intrigues géopolitiques ne sont que des prétextes pour amorcer un arc avec un client de City Hunter.
 
Même si certains lecteurs peuvent reprocher ce lissage des thématiques à la série, Hojo a probablement fait exprès de pas les pousser loin dans leur complexité. Car City Hunter est avant tout un manga dédié à ses personnages principaux, Ryô et Kaori. Somme toute, dans ses scènes d’action, City Hunter est une série assez américanisée, avec beaucoup de coups de feu et de héros invincibles qui mettent une raclée monumentale à des mafieux débiles. Sachant cela, le manga ne se veut rien d’autre qu’une série qui en met plein la vue pour divertir le lecteur, ce qui est rendu possible par le trait de grande qualité de Hojo. Si cela ne suffit pas comme qualité, ce qui fait que le lecteur s’attache autant à la série, c’est l’importance accordée aux personnages.
   
   

CITY HUNTER © 1985 by TSUKASA HOJO

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