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Dossier manga - Chobits

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Publié le Vendredi, 17 April 2009


La « réponse » de Clamp

                                              
Comme toute réponse à un problème philosophique, les Clamp ne donnent jamais de condamnation claire. Tout au long du manga, à travers les expériences plus ou moins heureuses des personnages de l’entourage d’Hideki, on nous propose plusieurs pistes de réponses. Entre les regrets que la plupart éprouvent à voir la place des ordis dans la société croître, et l’amertume de ceux qui considéraient une machine comme un être cher, tout est dans la nuance. Par ailleurs, Tchii est volontairement le personnage le plus charismatique, celui qui dégage le plus d’émotions. Difficile, après ça, de voir d’un mauvais œil la relation amoureuse qui se tisse entre Hideki et Tchii. De même, le mariage de Ueda et de Yumi, son ordi, est émouvant et attendrissant. On en tire la jolie leçon de vie que le regard des autres n’a pas à intervenir dans la réalisation de son propre bonheur, que l’amour ne se trouve pas là où on l’attend le plus. Enfin, Yuzuki et Minoru sont eux aussi source de réflexion. Par toutes ces expériences, il ressort l’idée d’individualité de tout ordi, de tout humain. On n’apprécie pas une personne parce qu’elle est humaine, blonde ou élancée, mais parce qu’elle est elle-même, parce que c’est « la personne rien que pour soi ». Le destin, tragique mais émouvant, de Freya le montre également à sa manière, les ordis semblent doués de sentiments, sujets à l’amour et la tristesse.




Mais plus qu’une véritable réponse, Clamp veut nous montrer qu’il n’est pas si évident d’affirmer catégoriquement « aimer » un être artificiel et non un être humain. La réponse des mangakas est amenée par un scénario très lent, en fin de série. Les révélations y sont, elles aussi, répétitives, pour permettre au lecteur de réellement s’interroger sur la question de l’humanité, que le studio a voulu avancer. Après tout, Hideki apprend que Tchii n’éprouve pas de sentiments, et il ne recule pas. Lorsque Freya explique à notre héros que sa sœur ne pourra jamais l’aimer, puisqu’elle n’est qu’une ordi dénuée d’émotions, Hideki accepte la triste vérité: les ordis ont initialement été programmés pour aimer, pour trouver quelqu’un, le reconnaître. Mais Hideki accepte de vivre dans l’illusion d’un amour, d’une envie égoïste. La sœur de Tchii le dit d’ailleurs très bien: "C’est de vos envies qu’est né ce mensonge. Le mensonge d’un homme n’est que le reflet de son désir". Mais l’important, après tout, n'est-il pas d'être heureux? Faut il des normes, une réglementation pour trouver le bonheur, l’amour? Si une illusion convient, pourquoi ne pas la respecter? C’est la morale de ce manga, qui dit que l’amour se trouve partout, et qu’il n’est pas important de se soucier de ce que l’autre est capable ou pas de faire, tant que c’est la bonne « personne ». Pourtant, l’idée de machines totalement dépourvues de sentiments est dure à envisager après huit tomes de pure illusion. C’est pourquoi les Clamp finissent leur titre sur une note positive: les robots chargés de la défense du gouvernement semblent tomber amoureux l’un de l’autre. Or, dans ce cas, cela ne peut résulter d’un programme conçu pour satisfaire les envies humaines. Ce sont eux qui incarnent l’exception qui peut tout chambouler, notamment l’affirmation absolue que les ordis ne ressentent rien. Ils jouent le rôle d’espoir, d’ouverture à cette mine de réflexion qu’est ce manga.
               
                

Chobits © Clamp / Kodansha Ltd.

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