Centaures - Actualité manga
Dossier manga - Centaures
Sommaire

Publié le Vendredi, 03 April 2020


Acte II : les tomes 3 et 4


Contexte et histoire


La deuxième grande partie de Centaures ouvre une nouvelle étape dans l'histoire et la mythologie inventées par Ryo Sumiyoshi autour de ses êtres fabuleux et fascinants que sont les centaures.

Bien du temps est passé depuis que Matsukaze, face à la folie et à l'oppression des hommes, s'est sacrifié pour permettre aux siens de subsister dans leur habitat naturel. D'ailleurs, dans un style assez proche de l'art féodal nippon qui ancre très bien le récit dans un aspect "historique", les premières pages du volume 3 nous narrent très bien comment, face aux guerres civiles humaines et autres tares des hommes qui ont forcément bouleversé leur mode de vie, les centaures ont dû s'adapter tant bien que mal.

Mais à présent, le défilement des années aidant, les plus graves tensions et drames entre humains et centaures semblent révolus, et les deux peuples cherchent peu à peu à bâtir un mode de vie basé sur leur respect et leur coopération mutuels, même s'il reste forcément des tensions dans un camp comme dans l'autre, car on ne peut pas changer soudainement les mentalités en seulement quelques années.

Gonta, lui, semble rester parmi ceux qui ne peuvent pardonner aux humains, qui l'ont blessé dans son corps et ont abattu son père Matsukaze. Les années sont passées, le petite centaure a bien grandi et est devenu un adulte, mais la douleur et la haine envers les humains sont toujours restées là, en lui, tandis qu'il grandissait dans la montagne auprès de Mikuni et des autres.

Mais quand il croise la route de Tanikaze, un jeune centaure qui a toujours vécu au fin fond de la montagne et qui n'a jamais connu la guerre, ses pas l'amènent vers l'impensable, auprès des humains...





Centaures et humains : une relation nouvelle, des réactions diverses


Le deuxième cycle de Centaures aborde efficacement, dès le départ, la nouvelle situation des centaures face aux humains, à travers les cas de quatre visages bien différents.

Gonta, bien sûr, qui reste le plus virulent envers les humains qui ont brisé son enfance, et qui risque de ne jamais pouvoir leur pardonner.

Mais aussi Tanikaze, jeune centaure qui contrebalance totalement Gonta: n'ayant jamais connu la guerre, il est pur et naïf, et n'a aucune haine personnelle pour les hommes.

Entre les deux, Mikuni montre des choses intéressantes: celui qui, dans son adolescence, dévorait des humains par vengeance, semble avoir déjà en partie évolué, comme si sa revanche avait bien été accomplie. Il ne peut évidemment accorder aucune confiance aveugle aux humains, mais il montre des choses et des réflexions qui pourraient avoir un impact sur Gonta.

Enfin, il y a le cas de la dénommée Shagozen, une nouvelle venue tout à fait atypique, aux origines aussi bien de centaure que d'humain, et qui, dans son parcours déjà riche en société humaine, a pas mal de choses à véhiculer, que ce soit sur l'entente entre les deux peuples, sur la façon dont ils peuvent coopérer et apprendre à vivre ensemble, ou même sur l'amour entre humain et centaure.





Vivre ensemble


La notion de vivre-ensemble va alors être l'une des clés de ce deuxième cycle, et Ryo Sumiyoshi nous laisse rapidement comprendre qu'elle va y glisser des messages bénéfiques, y compris de tolérance. Et cela dès le tome 3, à travers des remarques idiotes sur le fait que les centaures "étrangers" viendraient "voler le travail" des humains, la métaphore de notre monde n'étant alors pas bien loin. Autant dire qu'au bout de ce volume de mise en place, les nouveaux éléments de ce fascinant univers sont prometteurs, et que l'on a hâte de lire la suite.

En ayant pour guide Shagozen, les trois centaures Gonta, Tanikaze et Mikuni font donc la découverte d'un village où humains et centaures cohabitent parfaitement, au point de peut-être leur faire changer leur vision des choses. Après tout, à présent, même s'il y a encore des tensions par-ci par-là dans le monde, la guerre entre les deux espèces fait de plus en plus partie du passé, et chacun tente d'oublier ces heures sombres. Mais Gonta, le fier centaure des montagnes ayant autrefois vu son père se sacrifier sous la main de l'homme, pourra-t-il lui aussi changer enfin, effacer la haine qui l'habite ?

"Les humains qui font des efforts pour qu'on vive ensemble... ça existe !"

On retrouve ici nos centaures dans une découverte de la civilisation humaine qui va forcément les faire évoluer et avancer, chose qui commence dès le tome 3 avec le cas si atypique de Shagozen, une centaure qui avait épousé un humain. Si Mikuni reste un cas un peu à part, Ryo Sumiyoshi tire le meilleur de ses deux autres figures-phares, Tanikaze et Gonta. Le premier, en découvrant des merveilles artisanales comme la vannerie et en s'éprenant de la mignonne Shirayuki, en est assez vite persuadé: sa place est en ce lieu. Mais face à ça, comment Gonta réagira-t-il ? Lui qui a connu la guerre quand il était enfant et qui a promis de veiller sur Tanikaze, parviendra-t-il à accepter sans véhémence la décision de son protégé ?

Assurément, Gonta, de par son passé, est forcément celui qui a le plus de peine à évoluer, mais plusieurs choses risquent bien de le pousser dans cette voie, à commencer par son rapprochement avec Konoha, une jeune et énergique centaure dont le statut est, lui aussi, à part: orpheline, elle a été élevée par un couple d'humains, qui a toujours pris soin d'elle.

C'est un fait, la situation entre ces deux espèces que tout opposait a bel et bien changé, humains et centaures apprennent réellement à cohabiter, et Sumiyoshi livre alors de très belles leçons de vivre-ensemble. Elle le fait d'autant mieux qu'en nous plaçant avant tout à travers le point de vue des centaures, elle offre également une vision assez intéressante de certaines facettes de l'être humain.

C'est ainsi que l'on suit avec beaucoup d'attachement ce deuxième cycle, la mangaka sachant aussi jouer sur bien d'autres choses, comme la part sentimentale, un peu d'humour, des petits moments de bravoure affirmant encore un peu plus chacun ainsi que l'entente centaures/humains... Au bout du compte, chacun semble trouver la voie qui lui est propre, sans trop idéaliser les choses, pour un final assez abouti.
  
  


JINBA © 2017 Ryo SUMIYOSHI / East Press Co.

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