Berserk - partie 1 - Actualité manga
Dossier manga - Berserk - partie 1

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Publié le Vendredi, 11 May 2018


Graphisme et éditions


Si Berserk a pu autant marquer les esprits et conserver une place de choix dans le cœur de tout amateur de dark fantasy qui se respecte, c’est en partie grâce à son univers graphique. Celui-ci se distingue sur deux points.

Dans un premier temps, il est difficile de ne pas souligner la qualité du trait de Kentaro Miura. Dès les premiers volumes de la série, on sent chez l’auteur une grande maitrise. Certes, il y a de temps à autres quelques imperfections qui sont visibles, mais cela reste mineur. Et surtout, cela n’entrave en rien au plaisir que l’on a de découvrir ce qui est mis en scène par le mangaka. Ce dernier ne lésine pas sur les détails dans chacune de ses planches. Au contraire, et comme il le dit lui-même, il aime prendre son temps pour perfectionner chacune d’entre elles. Cela se sent, tout simplement. Qu’il s’agisse des décors, du soin apporté à l’apparence des personnages, même secondaires, tout est fait pour nous immerger dans le monde qu’abrite l’esprit de l’auteur.

A côté de ça, sa mise en scène est elle aussi presque irréprochable. L’action est lisible et sans concession, comme nous le verrons par la suite. Le découpage est toujours réussi. Les planches ont beau être très souvent riches, elles ne paraissent que très rarement encombrées ou surchargées. Une belle prouesse, loin d’être évidente quand on officie dans un style tel que celui de Miura. Et si les qualités du mangaka ne sont pas en reste dès les prémices de la série, on notera avec plaisir que son trait et son style se bonifient avec le temps. Comme le bon vin en somme. Dès la fin de cette première partie traitée au sein du présent dossier, on sent déjà une nette différence. Fondamentalement, son trait n’a pas changé, mais il s’est affiné, affirmé, imposé de plus en plus à chaque chapitre dessiné.

Par ailleurs, on peut également noter avec le temps certaines spécificités de l’auteur. On peut assez vite remarquer que ce dernier apprécie beaucoup mettre en avant les visages et surtout les regards de ses personnages. C’est à travers eux que ressortent leurs émotions, quelles qu’elles soient. Il n’hésite pas non plus à user de pages entières ou de doubles pages pour mettre en scène ses combats, celles-ci devenant alors de grandes fresques à la fois sombres et magnifiques. Tous ces petits détails, en tout cas, viennent apporter à l’œuvre cette rage, cette ferveur glauque et pure qui anime Guts et les siens.

Dans un second temps, il est indispensable de parler de l’atmosphère qui régit l’œuvre tout entière. Les parties de ce dossier qui ont précédées nous l’ont démontré, Kentaro Miura n’est pas du genre à faire des concessions au niveau de son intrigue. Ce qui est vrai pour celle-ci l’est également pour ses dessins. Le mangaka ne s’embarrassera à aucun moment de censure ou de compromis. L’univers qu’il dépeint est d’une nature violente et bestiale. Les démons y règnent, et les hommes ne valent pas mieux qu’eux. Les mercenaires aux gueules patibulaires sont postés à chaque coin de rue, les créatures cauchemardesques sont légions, et Guts découpe sans doute plus de membres à la minute qu’il ne débite de mots. C’est tout dire. C’est ça qui, avec Berserk, est jouissif. L’œuvre n’a en rien usurpé sa classification au sein de la dark fantasy, bien au contraire.

Parfois, on pourrait presque y voir quelques excès. Mais d’un autre côté, sans eux, la série ne serait pas ce qu’elle serait. Elle n’hésite pas à choquer le lecteur pour son propre bien. Elle choque, mais elle ne dégoute pas. C’est essentiel. Car trouver cet équilibre est loin d’être évident et le rompre est presque toujours synonyme de déchéance. Le mangaka a beau avoir une imagination débridée, il parvient ici à la canaliser et à en tirer profit, sans jamais laisser le lecteur s’y perdre.

En somme, l’aspect animal et sanglant de Berserk, couplé avec la qualité du trait et la maitrise de la mise en scène de Kentaro Miura, aident grandement l’œuvre à acquérir ses lettres de noblesse. Car aussi bonne soit-elle, cette première partie de Berserk n’est en que constamment magnifiée par ce que l’auteur couche sur le papier.

Pour ce qui est de l’édition, nous nous concentrerons avant tout sur la troisième et présente, autrement dit celle de Glénat. Et, à vrai dire, elle s’avère plutôt bonne. En termes de qualité du contenant, nous avons droit à ce que l’éditeur nous a habitués depuis longtemps à présent, et cela demeure convaincant, sans être non plus ce que l’on trouve de mieux sur le marché. La traduction, pour sa part, est elle aussi de bonne facture. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il est aisé de puiser sans mal quelques jolies citations çà et là au sein de la série. Bref, c’est globalement un travail tout à fait correct qui nous est délivré.


De nombreux nouveaux compagnons attendent Guts dans la suite de ses aventures...


A la recherche d’une aube nouvelle


« Le nerf et le principe de la haine et de l’amitié, de la reconnaissance et de la vengeance est le même. » Louis de Rouvroy

On nous vend souvent le héros avec un sombre passé et qui est en recherche de vengeance. Aujourd’hui ce genre de héros, il y en a à la pelle puisque c’est fort à la mode. Chaque auteur, à sa façon, cherche à capter, à plonger le lecteur dans le passé obscur et terrible du personnage principal. On le veut charismatique, mystérieux, sombre, ... Tout est bon pour qu’il soit unique. Pourtant, dans toute cette galerie édulcorée par ces hommes plus badass les uns que les uns, on peut dire que Guts gagne le trophée de la vie la plus pourrie et la plus malheureuse.

Le guerrier noir légendaire poursuit son chemin ensanglanté et sanguinaire, cachant en son cœur ses regrets, son traumatisme, ses blessures. Mélancolique d’un âge d’or révolu, Guts poursuit sa route dans ce monde en perdition.

D’une violence pure, d’une beauté glaciale, d’une profondeur passionnante, Berserk a un sens unique pour entrer dans la complexité et dans l’horreur du cœur humain. D’un trait diabolique, Kentaro Miura nous conte dans toute sa magnificence la déchéance de deux hommes que tout oppose ainsi que l’incarnation d’une humanité faillible et lamentable mais parfois superbe. A leur manière, ces deux humains sont destinés à une vie effroyablement maudite.

Berserk, c’est l’histoire d’une fable fantastique subliminale qui se meut dans la réalité fade des humains. C’est l’histoire d’une épopée transcendantale qui pose une réflexion sur la condition humaine, sur la religion, sur la notion du diable ou encore sur la politique. C’est un monde où le monstrueux côtoie le merveilleux.

Berserk est tout simplement une œuvre monstrueusement merveilleuse et mature.
  
  
Fiche du manga
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Fiche de l'auteur
  
  
Mise en ligne le 11/05/2018.
  
  

Dossier réalisé par titali


BERSERK © 1989 by Kentaro Miura / HAKUSENSHA, Inc.

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