Banana Fish - Actualité manga
Dossier manga - Banana Fish

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Sommaire

Publié le Jeudi, 25 August 2011


Graphismes et édition


En dix-neuf tomes, il faut comprendre que le trait de Akimi Yoshida a grandement pu évoluer, et elle nous le montre sans hésiter. La démonstration la plus flagrante se fait en comparant les deux tomes extrêmes, donc, et en regardant le visage d’Ash. Au fur et à mesure de sa transformation, on se rend seulement compte qu’il a changé mais c’est étonnant de regarder l’énorme différence, le gouffre graphique qui sépare les deux Ash nés pourtant d’un même trait de crayon. Il en va bien évidemment de même pour d’autres personnages de l’histoire, mais de façon beaucoup moins flagrante puisque cela se voit d’avantage sur le protagoniste qui est le plus travaillé, tant graphiquement qu’au sein de l’histoire. Si bien qu’en fin de série, certains des personnages sont tout particulièrement agréables à regarder, à la fois fins dans leurs traits et pourtant pas du tout efféminés, du moins pas plus que nécessaire pour respecter les codes graphiques du shojo qu’est Banana Fish. On apprécie ainsi beaucoup le design character de certains personnages principaux, auxquels on s’attache beaucoup par leur apparence avenante. Egalement, malgré le caractère très dynamique de l’ensemble, on note une certaine douceur dans le trait de l’auteur, un détail bienvenu qui arrondit les angles et apporte de la jovialité là où il n’y en a pas forcément. Encore une belle démonstration de l’univers qu’elle cherche à créer, à la fois cruel et accueillant malgré tout. 

Ce qui reste dommage, et ce pendant toute la série, c’est le petit manque de diversité de l’auteur dans ses personnages : beaucoup d’entre eux se ressemblent, ce qui n’a rien de facile pour identifier qui est qui et quel rôle correspond à quel visage, notamment dans un décor rempli de tant d’action. Au début également, on a un peu de mal avec les expressions et émotions des différents protagonistes. Ceux-ci ont en effet du mal à afficher des expressions diverses et habilement variées, ce qui ne nous aide pas non plus beaucoup pour mieux les comprendre. Toutefois, ces défauts s’arrangent avec le temps, même s’il demeure une certaine ressemblance dans les styles de personnages, essentiellement secondaires. Pourtant la mangaka n’a pas que des défauts, loin de là ! Les décors sont présents et utilisés avec intelligence, nous plongeant rapidement dans les endroits mal famés de la city ou dans les grandes maisons bourgeoises de la mafia corse. De plus, la mise en page est dynamique sans être anarchique, ce qui nous permet de suivre facilement toute l’action et de s’y plonger rapidement, et la construction de la mise en page est pertinente. En effet, les nombreux textes risquaient de gâcher l’esthétique des pages dessinées par Akimi Yoshida, toutefois cette dernière les place intelligemment pour nous permettre de suivre tous les dialogues sans manquer de dessins, pour alléger la lecture.



Parlons à présent de l’édition de Panini, qui a certains défauts. Le premier, celui de ne pas continuer à distribuer la série qui n’est ainsi plus disponible, et la qualité de celle-ci rend les tomes quasiment introuvables, ou à prix d’or. De plus, et c’est un détail que l’on remarque rapidement, il a été décidé de donner à Banana Fish des pages ... jaunes. Jaunes, pour un titre contenant le mot banane. On attend avec impatience un manga appelé « Pink quelque chose » ... Le seul avantage à cette idée un peu perturbante, c’est de ne pas laisser les tomes s’abimer et jaunir au fil du temps ... mais, en contrepartie, de toujours leur avoir donné cet aspect vieilli. Notons finalement à propos des pages que leur épaisseur est correcte, nous préservant de toute transparence malvenue. Toutefois, l’édition étant assez ancienne, on aura le plaisir d’avoir des onomatopées traduites et adaptées avec soin, comme quoi il n’est pas impossible de faire un peu attention à la qualité d’édition, une leçon des vieilles licences que les nouvelles devraient reprendre. Et, mises à part quelques fautes d’orthographes, la traduction est plutôt fluide, malgré la difficulté de lire les efforts des personnages pour parler une langue différente de la leur. A ce niveau, on pourra d’ailleurs critiquer rapidement la police d’écriture, peu agréable à la lecture et ne mettant pas en valeur les parfois longs moments de discours.


Adaptations :
Bien qu’en France la série ne soit connue que par les plus chanceux, et lue par certains privilégiés, au Japon elle a une renommée toute particulière et un public fidèle. Si bien que Banana Fish a eu droit à plusieurs produits dérivés : un art-book intitulé Angel Eyes, recueil d’illustrations pour la plupart en noir et blanc, une adaptation en drama radiophonique, un guidebook en 2001 qui nous en apprend plus sur les inspirations de l’auteur, entre autre, une adaptation en une série de quatre romans ayant pour titre « La lettre de Max Lobo », et on parle même de comédies musicales, au nombre de deux, mises en scènes successivement en 2005 et 2009.


  
 
 

Conclusion


Banana Fish a beau être une série quasiment introuvable en France, à moins d’une chance incroyable, elle n’en reste pas moins un chef d’œuvre qu’on se doit de lire si l’occasion se présente. Avec des personnages très charismatiques et profondément travaillés, l’auteur construit une intrigue complexe autour d’une drogue dévastatrice, et observe les conséquences que cela peut avoir sur son monde. Les oppositions, les guerres de gangs, les blessures et les victoires éphémères, tout ceci n’est qu’un vaste artifice autour d’un héros particulièrement intéressant. Entre deux mondes, voire plus, l’auteur de Banana Fish se promène et nous séduit en un rien de temps, accrochant notre intérêt, notre pitié, notre amour. La lecture est un véritable voyage au cœur de New-York, aussi froid que les immeubles et dur que la crosse d’un revolver. Mais on en sort si bouleversés, que tout ceci valait véritablement le coup ... Si on sait lui dire au revoir.

Source: Manga 10000 images le manga au féminin.


Mise en ligne le 26/08/2011. 
Mise à jour le 20/12/2012.
 
 
Fiche de la série: Banana Fish
Fiche de la série VO: Banana Fish vo
Fiche de l'auteur: Akimi Yoshida

Dossier réalisé par NiDNiM


BANANA FISH © 1987 Akimi YOSHIDA/Shogakukan Inc.

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