Ashita no Joe - Actualité manga
Dossier manga - Ashita no Joe

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Publié le Jeudi, 16 August 2012


Joe, du gamin des rues...

    
 
Pour qui se serait un peu intéressé à la culture manga en voyant plus loin que le bout de son Naruto, attaquer Ashita no Joe n'est pas une mince affaire. En effet, l'ouverture du premier tome nous donne l'impression d'attaquer un mythe, un monument de la littérature japonaise... et l'appréhension d'en sortir déçu en est d'autant plus grande. Pourtant, notre premier contact avec l'intrépide Joe ne se fera pas sans mal : loin de l'idole populaire encensée par les nippophiles avertis, Joe est tout simplement... un sale gosse détestable. Vantard, gouailleur, égoïste, impulsif, n'hésitant pas à frapper des enfants ou des vieillards,... Dans les premières heures du récit, il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver des qualités à cette crapule. Loin de tous ces héros d'aujourd'hui propres sur eux, gentillets, aux buts nobles, et même de ceux qui se la jouent sombres et pleins de fêlures pour mieux rejoindre ensuite l'axe des "gentils", Joe passe pour la pire pourriture jamais croisée dans un récit dessiné. Et dire qu'il s'agit du héros principal ! La série risque d'être longue...
  
 
 
 
   
Pourtant, au fil des pages, il faudra bien reconnaitre à Joe une qualité indéniable : son incroyable charisme. Joe Yabuki ne laisse personne indifférent, qu'il s'agisse de réaction de rejet ou bien de pure attraction, les gosses des Doyas étant ses premiers partisans. Où qu'il passe, Joe laisse une marque indélébile, laissant souvent des traces de sang lorsqu'il s'emporte face à ses futurs adversaires ou, plus généralement, tous ceux qui osent le contredire ou le traiter avec mépris. D'ailleurs, cette attitude de bagarreur-né ne manqua pas de lui causer des ennuis avec la justice, qui l'enverra très tôt en centre d'éducation spécialisé. Ce sera d'ailleurs pour lui son véritable salut, car nous aurons alors compris que le problème premier de Joe n'est pas sa mauvaise éducation... mais son manque d'éducation tout court. N'ayant pas connu ses parents, n'étant jamais allé à l'école, Joe s'est construit seul jusqu'à ses 15 ans, en vagabondant de ville en ville, épris d'insouciance et de liberté, faisant fi du monde qui l'entoure. Sa relation avec son entraineur Danpei Tange, bien que houleuse dans les premiers jours, aura pour effet de canaliser cette énergie autrefois éparpillée pour la faire converger vers le ring. Mais Joe ne s'est pas ouvert à la boxe pour une quelconque passion : le déclic vint de sa rencontre avec Tooru Rikiishi, boxeur professionnel, qui se mit sur son chemin pour lui ôter sa liberté. Pourtant, si au départ la boxe est pour Joe un moyen, elle deviendra, une fois ses objectifs atteints, une nécessité dans sa vie. Joe ne retrouve son sentiment de liberté qu'une fois sur le ring, lorsqu'il se retrouve seul au monde face à son adversaire, et que son corps peut s'exprimer, s'embraser en s'extirpant de toute contrainte. Le jeune homme n'aura que faire d'un avenir stable et tout tracé, alors même que ce dernier lui tend les bras, s'il ne peut plus s'exprimer de la plus belle manière qu'il soit, quitte à se réduire en cendres. Plus qu'une passion, plus qu'un but, le noble art devient pour lui une véritable raison de vivre, sa seule manière d'exister en ce monde.
  
Dans son évolution, Joe n'en reste pas moins un jeune homme borné, imprévisible, ne connaissant ni honte ni bon sens, et capable des pires humiliations personnelles pour atteindre ses objectifs. Cependant, la boxe le rendra peu à peu plus honorable, avec un regard plus posé sur ce que les autres lui apportent. La racaille des bas quartiers devient ainsi une icône nationale, dont les provocations et les scandales à répétition font les choux gras du public et de la presse. Personne n'aurait pu prédire qu'un jour, on exécuterait l'hymne national pour cette crapule sans avenir. Mais au final, Joe a-t-il vraiment changé, ou bien a-t-il changé le monde qui l'entoure avec ses propres poings, avec toute son énergie vitale ?  Alors oui, à la lecture des premiers chapitres, vous allez haïr, vous allez maudire Joe. Et pourtant, ce n'est pas lui qui avancera vers vous, mais vous qui changerez votre regard envers lui, sans vous en rendre compte, jusqu'à l'acclamer de toutes vos forces à chacune de ses montées sur le ring ! Vas-y, Joe le bagarreur !
  
 

ASHITA NO JOE © Asao Takamori • Tetsuya Chiba / Kodansha Ltd.

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