Ascension - Actualité manga
Dossier manga - Ascension

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Publié le Vendredi, 04 July 2014


Il existe


Le Buntarô Katô d’Ascension n’est pas un personnage fictif, du moins pas complètement. Il est inspiré du personnage central du roman l’Homme Impassible de Jiro Nitta, lui-même inspiré du véritable Bunarô Katô. Ce dernier fait justement l’objet d’un focus à la fin du dernier volume d’Ascension.

On apprend donc que l’homme est né le 11 Mars 1905 dans le département de Hyôgo et effectue des études courtes avant d’obtenir un emploi dans une usine d’industrie lourde. En parallèle, il se met à la randonnée (1923), et trois ans plus tard, il débute une série d’exploits qui résonneront avec fracas dans le milieu de l’alpinisme, et encore aujourd’hui.

On observe ainsi les nombreuses similitudes entre le héros d’Ascension et l’homme dont il s’inspire (ce qui paraît logique, oui…). Buntarô Katô était en effet un alpiniste d’exception, effectuant de nombreuses ascensions seul et en plein hiver. Il se maria à une jeune femme du nom de Hanako et eu la même année une fille, Toshiko. On nous décrit un homme simple, d’une grande gentillesse, travailleur et sans compromis.

Si ces similitudes sont intéressantes, les divergences le sont d’autant plus, on comprend ainsi toute la différence entre un homme réel et un homme fictif, censés être la même personne : le second accomplit les espoirs du premier, de la façon la plus impressionnante possible. En effet, Buntarô Katô rêvait bel et bien d’atteindre le toit du monde, mais il comptait le faire en équipe, et n’y parvint de toute façon jamais (il n’eut même pas l’occasion d’essayer). Le Buntarô de Sakamoto se doit d’impressionner son lecteur, et il faut parfois prendre quelques libertés avec la réalité pour la rendre plus attrayante, d’où un Buntarô fictif bien plus torturé intérieurement (socialement) que son homologue, semble-t-il tout à fait apte à s’intégrer en société. Sakamoto annonce toutefois clairement son intention de raconter l’histoire à sa sauce, aucune tromperie donc.

On regrettera enfin le ton de cet hommage et de ce dernier supplément, qui tend à nous proposer un portrait trop mélioratif pour paraitre naturel, on aurait aimé un peu plus d’objectivité et de nuance.
  
  
  
  
  

De la place de la femme


Le manga présente deux grands modèles d’individus masculins, à savoir l’homme rangé, et l’homme passionné (et quelques nuances de l’entre-deux), le plus souvent réduit à leur rapport à la société et à la montagne, et tous sont des individus actifs. De nombreuses autres thématiques sont présentes, gravitant autour de Buntarô, mais c’est avant tout à travers des portraits féminins que Sakamoto dépeint sa société.

De la femme fragile et innocente à la femme vénale et calculatrice, en passant par la jeune obstinée et désabusée, l’auteur crée des personnages très différents, mais on observe malgré tout un point commun entre chacune d’elle : un certain machisme.
Hana, femme maladroite qui aurait perdu la vie sans l’intervention héroïque de Buntarô, aura tôt fait de récupérer sa place en tant que ménagère, à s’occuper de son enfant en s’inquiétant du retour (ou pas) de son mari.
Shirai, d’abord adolescente nulle en escalade, intégrant le groupe de son lycée par amour pour un des membres, puis femme vulgaire se reposant sur ses conquêtes pour survenir à ses besoins.
Kobori, Secrétaire soumise laissant son patron abuser d’elle.
Même dans l’ultime volume, l’une des visions de Buntarô (sans doute la plus déterminante dans sa volonté de survivre) n’est autre que celle de l’épanouissement de sa fille, ce qui consiste essentiellement… en un mariage.

Mon avis sur la question est le suivant : Sakamoto ne cherche pas à effectuer une critique de sa société en mettant en exergue certains faits, et ne fait pas non plus l'apologie d'un mode de vie misogyne. Je pense qu'il se contente  simplement de dépeindre ses personnages féminins tels qu'il les connaît, tels qu'il les voit dans son quotidien. Sakamoto est japonais, et il est donc naturel qu'il soit emprunt des mœurs de son pays, que l'on sait patriarcale et féodalisé, où la femme sacrifie le plus souvent sa carrière au profit de sa vie de famille. Une vision neutre donc, qui, si elle peut nous paraître arriérée, voire choquante, n'est rien de plus que le quotidien aux yeux de nombre de japonais.
  
  
  

KOKOH NO HITO ©2007 by Shin-ichi Sakamoto, Jiro Nitta / SHUEISHA Inc.

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