Ascension - Actualité manga
Dossier manga - Ascension

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Publié le Vendredi, 04 July 2014


Sport


Ascension est un manga de sport, dans la mesure où il parle d'escalade, puis d'alpinisme. Toutefois, certains points le différencient de la plupart des mangas sportifs.

Les tous premiers volumes d'Ascension semblent s'orienter vers un déroulement « classique » du genre, mettant en scène un héros se découvrant une passion pour une discipline, passion dans laquelle il progressera, pour finalement devenir particulièrement bon dans le domaine en question. Dès le début de la seconde partie du manga toutefois, l'histoire prend une direction tout autre. En effet, Buntarô a tôt fait de devenir excellent dans son domaine, et sa progression n'est d'ailleurs pas mise en scène à travers des entrainements acharnés qui finiront par aboutir grâce à une astuce fournie par un tiers. Non, Buntarô s'entraine certes, on le sait, on le voit par moment, mais l'important n'est pas là. Pas de progression pour devenir le meilleur dans sa catégorie, seulement un rêve, mais un rêve qui ne souffre d'aucune concurrence : gravir le K2 par sa face est, une première. Cette envie de pratiquer seul participe également de l'identité du manga. Ici, si compagnon de route il y a, c'est à des fins utiles, l'entraide n'est pas affaire de camaraderie, seulement de nécessité. Pas d'allié, pas de rival ni d'adversaire, pas de comparaison à effectuer, personne pour pousser Buntarô en avant, sa motivation et sa passion son ses seuls moteurs.

Un manga de sport oui, mais aussi et surtout, un manga de passion, une passion si forte qu'elle est pour Buntarô l'unique chose qui vaille la peine de vivre, jusqu'à ce que...
  
  
  
  
  

Ascension/chute : premier degré


Ascension – se rapprocher du ciel, pour se sentir vivant. Le titre et l'accroche du manga (présente sur la quatrième de couverture de chaque volume de la série) évoquent l'une des principales facettes de l'œuvre. Celle de cette envie irrépressible que les alpinistes ont d'atteindre le sommet de la montagne. Plus c'est haut, plus c'est difficile, mieux c'est. Avec la hauteur, l'air se raréfie, le froid s'accentue, la fatigue se décuple, le besoin en énergie augmente... et la sensation d'être en vie est de plus en plus grisante. Le bonheur qui résulte des ascensions est également étroitement lié à l'amour que les alpinistes ont pour la montagne. Un amour dû à la sensation de plénitude procurée par le sentiment d'être en communion avec la nature. Le manga fait régulièrement l'apologie de la montagne, de sa beauté, de sa majesté, de sa complexité, de sa cruauté, aussi...

La montagne donne, et la montagne reprend, impassible. Car s'il est question d'ascension, il est aussi question de chute. Aussi splendide soit cette entité naturelle, elle n'en demeure pas moins mortellement dangereuse. Le manga fait la part belle à cet aspect cruel, et de nombreux accidents, souvent synonymes de mort, sont mis en scène. Il suffit parfois d'un rien pour y laisser la vie, un coup de vent, un piolet qui dérape, et c'est la chute, des centaines de mètres plus bas. Impossible également de se protéger d'une avalanche, impossible de repérer une crevasse camouflée sous une légère couche de neige. Les alpinistes préparent leur parcourt, étudient la météo, s'équipent minutieusement, et se lancent. Malgré toutes ces précautions, certains ne reviennent jamais. Avoir parfaitement conscience des risques, voire avoir perdu un être cher en montagne freine rarement les ardeurs de ces « fous ». L'amour de la montagne prévaut.

Concrètement, on parle ici de mort. Que ressent un individu qui, suite à un accident en montagne, voit sa propre mort se profiler sans aucun espoir d'en sortir ? Sakamoto livre une réponse possible à cette question dans l'une des scènes les plus marquantes du manga, celle de la mort de Taku Nîmi. Nîmi vit ses derniers instants dans la peur de sa mort imminente, et ses pulsions de vie s'en trouvent démultipliées. Il exprime son besoin de réconfort, de sexe, pleure sur son sort, s'excuse, s'énerve, dit vouloir vivre encore, longtemps. Impossible de savoir si cet homme a véritablement pris conscience de la certitude de sa fin, ou si il continue malgré tout à n'en avoir qu'une connaissance théorique, persuadé jusqu'au bout que la mort, c'est pour les autres. Vaste question, sans réponse, et qui n'a pas à être développée ici.
  
  
  

KOKOH NO HITO ©2007 by Shin-ichi Sakamoto, Jiro Nitta / SHUEISHA Inc.

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