Arago - Actualité manga
Dossier manga - Arago
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Publié le Jeudi, 10 April 2014


Le destin de deux frères

 
 
Arago part d’une thématique très simple, celle du destin de deux frères que la seule chose rapproche est la mort de leurs parents. Arago est un garçon téméraire et brutal tandis qu’Ewan est bien plus réfléchi et admiré par son entourage. Ce schéma n’a rien d’original, Blue Exorcist l’exploite d’ailleurs à travers les jumeaux Okumura. Mais dans Arago, Takahiro Arai détourne le sujet sans hésitation. Avec Darren Shan, le mangaka s’est forgé aux coups de théâtre amenant le tragique dans le récit, une prouesse dont il fait preuve dès les premières pages du manga. Ainsi, Arago n’est pas tant l’histoire de deux frères, mais la manière dont le héros va suivre les traces de son jumeau qui a donné sa vie pour le sauver. Ainsi, le pouvoir du héros est directement issu de son frère, Brionac ayant été implanté en lui à partir du bras droit de son jumeau. Arago porte ainsi un lourd fardeau car le pouvoir qui lui a permis de venir à bout du diabolique Patchman est la matérialisation du pêché du héros et de la vie de son frère.

Voici donc comment débute Arago, une introduction tragique qui annonce néanmoins la couleur du récit. Héros téméraire épris de justice, Arago n’en est pas moins un protagoniste touchant, une caractérisation du sauveteur de la veuve et de l’orphelin comme on aime en voir. Forcément, l’originalité n’est pas au rendez-vous concernant le personnage, ce qui ne l’empêche pas de se présenter comme un protagoniste attachant. Le premier chapitre, par sa dimension tragique, donne en effet au lecteur la volonté de suivre le périple de ce jeune héros qui s’apprête à découvrir la facette fantastique du monde dans lequel il vit, et plus précisément de l’Angleterre. Intégrant les brigades de Scotland Yard en tant que jeune détective, Arago va être amené à résoudre des affaires fascinantes et dangereuses où le surnaturel n’est jamais bien loin. S’il n’a pas le pouvoir de remonter le temps, Arago n’a rien à envier à un certain Doctor Who.

Arago prend ainsi la forme d’une succession d’affaires et d’histoires à l’emprunte fantastique. Les arcs scénaristiques s’avèrent plutôt courts et chacun d’entre eux est voué à présenter une créature mythologique, un nouvel ennemi, voire un allié, tout ceci par le biais d’une enquête surnaturelle. Dans la forme, il n’y a pas de grande prise de risque mais le cadre d’un Londres peuplé de créatures issues de la mythologie occidentale est une idée peu exploitée, que nous découvrons ici avec plaisir.
 
 
 
 
 
Comme toute œuvre, Arago introduit de manière progressive de nombreux personnages allant du mentor pour notre héros à l’ennemi devenant rival en passant par l’amie d’enfance ou encore le mercenaire charismatique. Progressivement, le cercle de notre héros s’agrandit, et les liens se forgent. Malgré la mort d’Ewan Hunt à la fin du premier chapitre du manga, le thème de la famille est omniprésent, comme dans de nombreux shônen me direz-vous, mais exploité avec une grande justesse. Notons d’abord les divergences de caractère qui n’empêchent pas les personnages de s’attacher les uns aux autres, et nous à eux. Pourtant, les ficelles utilisées par Takahiro Arai pour forger ses personnages sont on ne peut plus classiques, les quelques exemples évoqués précédemment en sont même une preuve. Pourtant, à travers les aventures palpitantes et grâce à l’effort que le mangaka fait pour ne laisser personne sur la touche, l’évolution de cette grande famille est permanente.

En mettant à contribution régulièrement les différents personnages, que ce soit pour jouer le rôle du simple support tactique pour notre héros ou bien la demoiselle en détresse, le destin d’Arago ne concerne plus que lui. La lutte contre les forces occultes qui frappent Londres devient d’intérêt général et les proches du héros, humains ou créatures surnaturelles, se joignent à lui dans la bataille, n’hésitant pas à risquer leurs vies. Encore une fois, la recette est classique dans sa forme mais très bien développée. La couverture du volume 8 illustre parfaitement cette thématique, au risque de représenter un spoil majeur pour ceux qui se lanceraient tout juste dans la série.

Chaque shônen nous apprend une bonne leçon de morale, celle d’Arago est de chérir les siens. Pourtant, le premier chapitre de la série, évènement tragique majeur pour notre héros, amorçait l’histoire de manière pessimiste. Mais la famille ne se définit pas par le sang, une thématique très classique dans ce genre d’œuvre mais très bien développée dans le shônen de Takahiro Anzai.
  
   

ARAGO © 2010 Takahiro ARAI / Shogakukan Inc.

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