Arago - Actualité manga
Dossier manga - Arago
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Publié le Jeudi, 10 April 2014


Une quête haletante et un récit maitrisé

 
 
Arago fait donc preuve de beaucoup de bons sentiments tout en restant juste et évite de tomber dans la mièvrerie constante. Souvent, le titre se révèle touchant. Mais entre deux passages de bonne humeur et au-delà des développements relationnels que nous propose le titre, Arago possède bien d’autres qualités, la première étant son développement scénaristique. Nous n’évoquerons pas ici la dimension surnaturelle du titre et n’analyserons pas les influences du mangaka dans son œuvre, ceci étant le sujet du prochain paragraphe. Ce qui nous intéresse dans l’immédiat, c’est la structure du titre, sa manière d’évoluer et l’assombrissement du scénario.
 
Arago, sur ses premiers volumes, nous présente différentes affaires d’origine surnaturelle dans lesquelles notre héros découvrira différentes entités et viendra en aide à moult individus, le poussant aussi à s’allier à certains personnages, ce qui est à l’origine des développements évoqués dans la partie précédente. Seulement, sur 9 tomes, Takahiro Arai ne pouvait rester éternellement sur ce schéma systématique et malgré la sympathie que l’on éprouve à lire les premiers chapitres, la série se devait d’évoluer et d'exploiter tout son potentiel, car Arago n’en manque pas. Ne cachons pas qu’Arai, le mangaka, peine à trouver ses marques dans l’œuvre, si bien qu’il faudra attendre un certain nombre de volumes pour que l’auteur exploite correctement ses idées, tout en sachant qu’il aurait pu aller encore plus loin dans ses développements. Construire une intrigue sérieuse basée sur le folklore de la mythologie européenne est une idée rafraichissante, seulement faut-il trouver la petite pépite qui créera la richesse du scénario de l’œuvre. Cet élément clef, il constitue le tout premier chapitre de la série et en exploitant ces éléments de l’histoire, Takahiro Arai créé de la richesse dans son intrigue et développe ses concepts de base. Les éléments qui forgent les bases de la série, notamment l’énigmatique pouvoir d’Arago ainsi que Patchman, deviennent finalement les clefs pour le titre, afin qu’il se démarque et construise petit à petit une intrigue palpitante, octroie au héros un véritable objectif à atteindre et mette en scène une troupe d’ennemis à vaincre. La suite du récit se veut ainsi plus linéaire, introduisant les différents antagonistes au tour par tour, sans jamais perdre son intensité ou sa fraîcheur. Le folklore utilisé y est pour beaucoup et permet de renouveler les intrigues sans jamais lasser le lecteur, sans compter qu’outre les nouveaux ennemis à vaincre, ce sont des alliés inédits qui vont s’illustrer, exploitant ainsi pleinement le capital sympathie que l’on éprouvait déjà pour eux. Un peu à la manière de Darren Shan, œuvre antérieure du mangaka qui aura laissé ses marques dans ses schémas scénaristiques, un volume équivaut à une étape dans l’intrigue, et la couverture de chaque opus se présente comme une peinture des évènements phares de la série. Ainsi, il n’est que trop déconseillé de porter vraiment attention aux jaquettes avant d’achever sa lecture.
  
  
  
  
 
Il est difficile d’évoquer toutes les forces du scénario d’Arago sans évoquer les deux derniers tomes qui forment l’acte final de la série, une histoire qui n’est pas laissée au hasard et sur laquelle Arai exploite tout son talent. Sans dévoiler l’intrigue, la recette peut être exprimée de manière alléchante : combats à mort, drames et ambiance apocalyptique. Ce cadre, l’auteur l’exploite à merveille et nous propose deux derniers volumes riches en intensité et en émotion, afin de conclure la série sur une note positive.

Aussi, quel parti-pris pour Arago ? Les pouvoirs et le bestiaire mythologique occidental sont présents, mais comment sont-ils exploités ?
Arago, sur ses 9 volumes, nous proposes une série d’enquête où l’action n’est jamais bien loin. Une fois les véritables ennemis entrés en scène, le titre nous propose son lot de séquences de combat afin d’exploiter et justifier les différentes mécaniques de la série, mais aussi aller plus loin et élaborer toute une mythologie autour du manga. Si Arai ne se prive pas en partant dans la surenchère, c’est un art qu’il maitrise tant son style, bien que manquant parfois de lisibilité quand l’action se fait dense, nous propose des planches chargées et détaillées, tout en appuyant son trait qui forge son identité. C’est en partie pour cela que les deux derniers opus de la série sont si remarquables : l’action établie est classique, mais elle est maitrisée, et le coup de crayon du mangaka est un pur régal, si bien qu’on se surprend à rester figer, parfois, devant quelques planches.

Arago est donc un shônen d’action à tendance surnaturelle plutôt classique dans sa forme, mais qui possède un excellent fond. La série, si elle se développe doucement, sait évoluer et nous donner le meilleur d’elle-même dans son arc final, brillant d’intensité et d’émotion. Et si l’histoire d’Arago est si passionnante et le titre rafraichissant, c’est grâce à ses inspirations. Takahiro Arai semble être un amoureux de l’Angleterre et un admirateur des croyances et mythologies de notre continent européen, il n’en fait aucun doute.
    
  

ARAGO © 2010 Takahiro ARAI / Shogakukan Inc.

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